Après avoir repensé sa formule l’an dernier, la Paris Games Week était de retour ce week-end. L’occasion pour notre compère NicolaS de s’y rendre, et de nous partager aujourd’hui ses impressions (et ses photos).

Si l’édition 2025 témoignait déjà d’une baisse du nombre d’exposants pleinement orientés Jeux Vidéo, le salon 2026 continue malheureusement sur cette lancée. La PGW semble avoir encore plus de difficultés à cacher les grands espaces vacants, ceci malgré les grands espaces repos/repas, et malgré la concentration dans le seul hall 1, contrairement aux années précédentes où la partie merchandising/association/écoles/… occupait souvent le hall 2.
Pour tenter de combler le vide (et sans doute les difficultés financières), beaucoup de stands totalement étrangers à la pop-culture débarquent, comme Azzaro, Flixbus, CIC (et ses carte bancaires personnalisables…), sans compter une
énorme boutique de merchandising estampillé Paris Games Week, à des prix qui ne laissent visiblement pas indifférent (mais pas forcément dans le bon sens).
Plus étonnant, on remarquera plusieurs stands dont le thème fera à nouveau grincer quelques dents, à l’image de celui de l’Armée de l’Air (proposant plusieurs simulateurs ainsi qu’un véritable avion Alphajet amené pour l’occasion) ou du Ministère de l’Intérieur, avec escape game et compétition de Counter-Strike. Vu le contexte politique du moment, une telle présence risque assurément de faire parler de la PGW, mais là aussi, pas forcément dans le bon sens…

Après la désertion de Sony et Microsoft, on peut heureusement encore compter sur Nintendo et son énorme stand Switch 2 pour offrir quelques lettres de noblesse au salon. D’autant que son emplacement à l’entrée suffit à donner un sentiment de foule (bien aidé par les compétitions Mario Kart World). Très clairement, Nintendo semble porter le salon sur ses épaules, avec son stand principal et plusieurs autres répartis dans d’autres allées, toujours fournis en bornes, équipes et public.
En dehors de Nintendo, si l’édition de l’an dernier pouvait paraitre un peu chiche, elle nous permettait néanmoins de poser la main sur bon nombre de titres à paraitre, qu’ils aient ou non un stand dédié. Cette année, il faut reconnaitre qu’il y a bien moins à se mettre sous la dent, si l’on excepte la nouveauté Call of Duty Modern Warfare 4 et un Wolverine déjà sorti le moins dernier. Même les adeptes d’Ubisoft doivent se contenter de stands Rayman Legends Retold et Heroes of Might and Magic 3 Remake, et d’un plateau offrant des démonstrations de Rainbow 6 Siege et Just Dance 2026. Nul doute que la sortie imminente de GTA 6, ainsi que les autres studios ayant décalé leurs sorties en conséquence, ont également leur part de responsabilité là-dedans.

Parmi les autres éditeurs habitués de l’événement, on notera quelques stands (et beaucoup d’attente à chaque fois) avec notamment :
- Capcom : Mega Man Dual Override, extension Monster Hunter Wilds Ascendance, Pragmata,
Street Fighters 6, le dernier Onimusha - Sega : Persona 4 revival, Alien Isolation 2, Stranger Than Heaven
- Bandai Namco : XenoVerse 3, Ace Combat 8, Gundam Rogue Orbit
- Square Enix : FF7 Revelation
Toujours fidèle au poste, la Fnac tient un espace de hall au milieu du salon, avec plusieurs points pour tester des jeux, mais sans aucune nouveauté. Ici et là, certains attroupements se forment autour des stands recevant des influenceurs ou faisant des giveaways, mais sans vraiment de présentations de jeux liées. On relève aussi du monde du côté des rencontres influenceurs et sur la scène compétitive (essentiellement Valorant). En revanche, on notera avec amertume que peu de visiteurs semblent s’intéresser aux dédicaces d’artistes internationaux (dessinateurs japonais essentiellement).

Continuant de s’imposer au fil du temps, les Trading Card Game semble désormais occuper un quart du salon, entre présentation de nouvelles licences (League of Legens, K-Pop Demon Hunters, …) et boutique d’achat/vente de cartes. Ceci se fait au détriment de la partie cosplay, l’association Lovecraft Asso devant cette année se contenter d’un simple couloir pour exposer son travail. Heureusement, beaucoup de passionné/es jouent le jeu et déploient de superbes
cosplays un peu partout dans le salon, de quoi animer les allées et satisfaire le public. Idem, les oldies répondent toujours fidèle au poste avec quelques stands d’arcade et de retrogaming.
Quelques accessoiristes sont toujours de la partie, avec surtout un énorme stand Asus faisant l’étalage de tous ses produits. Idem, on retrouve les stands des écoles privées, mais aucune mise en avant des formations publiques dont bon nombre ont pourtant montré depuis longtemps la qualité de leur enseignement.

Pour les acteurs français, il faut surtout aller du côté du (de plus en plus petit) pavillon Game France. Parmi les jeux présents, on notera par exemple Furyball, Windblown, Astral Ascend, Ascenders Beyond the peak. Côté éditeurs français, on retrouve Arte (avec des propositions fortes comme Looking for Fael, The Merlies et Matelotes), Focus (en service minimal avec Clutch et Resonance : A Plague Tale Legacy) ou encore Microids (avec plusieurs jeux dont Hela, qui paraît sympathique).
Etrangement, le coin boutique est beaucoup plus petit qu’auparavant, présentant quelques artistes et artisans (parmi lesquels on citera Pomelyne et Sanny PM) qui tentent de proposer un merchandising un peu plus authentique. En revanche, pas ou peu de revendeurs de jeux rétro ou d’occasion.

Au final, malgré quelques irréductibles et fidèles au poste, la Paris Games Week nous apparait de plus en plus être à l’image du jeu vidéo français actuel : en perte de vitesse. Et le SELL (l’organisateur) semble de plus en plus peiner à masquer cet état, ainsi que la ressemblance croissante du salon avec un centre commercial géant où la passion du jeu vidéo se voit reléguée en arrière-plan.

