Marvel’s Wolverine PS5 : le test !
Marvel’s Wolverine PS5 : le test !

Marvel’s Wolverine PS5 : le test !

Alors que l’avenir de son homologue cinématographique est encore incertain, Wolverine se rappelle à notre bon souvenir dans un nouveau jeu éponyme, chapeauté par Insomniac Games. Alors, le mutant a-t-il toujours les griffes affutées ? « Chérie, ça va trancher ! »


Si il n’atteint pas le niveau d’un Batman, Superman ou Spider-Man en termes de célébrité dans l’esprit du grand public, le personnage de Wolverine (autrefois appelé Serval dans nos contrées) n’en est pas moins l’un des super-héros les plus connus de l’univers des comics, et en particulier depuis les vingt-cinq dernières années. Le mérite en revient évidemment à la première trilogie X-Men, dont le volet inaugural remonte désormais à l’an 2000 (vindiou, cela ne nous rajeunit pas), et en particulier à l’interprétation de Hugh Jackman, qui se sera approprié avec brio le rôle tout ce temps jusqu’au récent Deadpool & Wolverine en 2024 (sachant que nous ne sommes pas à l’abri d’une apparition de sa part dans les prochains films Marvel). Une vraie prouesse puisqu’à titre de comparaison, dans le même intervalle, nous aurons eu trois Batman et autant de Superman et de Spider-Man (sans compter les séries TV live). Côté jeu vidéo, si le personnage est relativement discret ces dernières années, il avait toutefois réussi à s’illustrer dans un certain X-Men Origins Wolverine, bien meilleur que le film dont il était tiré. Un jeu qui, sans être révolutionnaire, tirait profit du potentiel bestial du personnage pour un défouloir mâtiné de plates-formes qui aura su séduire le public en son temps.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


Lorsqu’un nouveau jeu Wolverine fut annoncé avec Insomniac Games à la barre, les pensées et les attentes se sont immédiatement tournées vers les récents jeux Spider-Man du même studio, véritables cartons critiques et publics qui laissaient augurer d’une approche « open-world » similaire pour le retour du X-Men. Pourtant, une fois manette en main, force est d’avouer que le gameplay final lorgne moins sur le tisseur que sur le jeu X-Men Origins cité plus haut. En effet, à l’heure où la plupart des productions AAA s’orientent presque systématiquement sur les mondes ouverts, Marvel’s Wolverine (nom officiel de ce jeu de 2026) renoue avec les bons vieux niveaux en couloirs. Un choix loin d’être anodin qui confirme que le studio a bien compris le potentiel du personnage sur un plan vidéoludique.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


On le rappelle aux néophytes : Wolverine ne vole pas, ne virevolte pas en l’air, et n’a pas de gadgets de milliardaire pour lui faciliter le quotidien. Tout ce qu’il a, ce sont ses griffes de métal et sa capacité de régénération. Le propulser au sein d’un monde ouvert à parcourir de fond en comble aurait eu de fortes chances de transformer l’expérience en chemin de croix côté déplacements. Rien que pour ce détail, opter pour une structure linéaire à l’ancienne était indéniablement un excellent choix, et avait le potentiel de nous renvoyer vers le doux souvenir des Uncharted, Gears of War et autres The Last of Us. Soit des jeux compensant leur linéarité par un gameplay simple, mais maitrisé, et surtout une expérience narrative de haute volée brouillant plus que jamais la frontière avec le cinéma. Et si ce nouveau Wolverine a malheureusement peu de chances d’atteindre le statut de culte ou de chef-d’œuvre des exemples précités, il ne manque toutefois pas d’atouts pour faire son petit trou dans le cœur des joueurs.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


Tranchons d’emblée dans le vif : comme on pouvait s’y attendre, Wolverine lorgne énormément sur le jeu d’action ou le beat’em all, mettant régulièrement sur notre chemin quantité d’adversaires aptes à être transformés en chair à pâtée selon votre bon vouloir et l’usage que vous déciderez de faire de vos griffes en adamantium. Griffer, poignarder, démembrer, décapiter… Absolument tout ce que vos penchants sombres rêveraient de faire dans la peau de Wolverine est possible, sans compter les finish-moves mettant à profit vos acolytes sur le terrain. Et nous ne parlons ici que de l’usage des griffes, sachant qu’Insomniac a également mis à profit son (très gros) budget pour tirer pleinement parti de chaque parcelle de décor. Inutile de dire que si vous êtes sensibles à vos instincts primaires, la possibilité d’empaler vos adversaires sur un Fenwick, ou de les projeter dans du métal en fusion façon T1000, devrait assurément éveiller votre côté sadique. Et si vous préférez la jouer en finesse, de nombreuses phases vous laisseront l’occasion de vous cacher sur un point élevé ou derrière des éléments de décor pour mieux harponner vos ennemis en toute discrétion. Quant aux parents et autres hématophobes qui nous lisent et s’inquièteraient de la violence du jeu, pas d’inquiétude : Insomniac a bien inclus de nombreuses options permettant de contrôler les aspects les plus violents du jeu (présence du sang, activation des démembrements…). Pas de quoi transformer le titre en promenade de bisounours, mais l’initiative reste à saluer.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


Trancher des ennemis, c’est bien, mais peut vite devenir répétitif. Et oui, Marvel’s Wolverine n’échappera pas à ce défaut, même si il faut bien avouer que le côté « défouloir de haute volée » réussit à emporter l’adhésion sur la durée. Pour atténuer ledit défaut, Insomniac a su tirer profit des capacités athlétiques du personnage, notamment en matière de saut, afin d’ajouter une dimension plates-formes à son titre. Certes, celle-ci ne révolutionnera pas le genre, se contentant généralement de nous dire de multiplier les sauts pour aller de A à B entre deux combats, mais elle a le mérite d’exister (et de nous permettre de découvrir des éléments pour débloquer les incontournables costumes cachés). On regrettera juste cette impression de manque de peaufinage sur cette partie, autant dans le gameplay que le level-design. Vraiment dommage tant le potentiel était là pour nous offrir un superbe mélange entre action et plates-formes, dans la veine d’un Uncharted version super-héroique.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


Le parallèle avec Uncharted vient d’ailleurs de lui-même pour plusieurs aspects. Outre le mélange action/plates-formes évoqué plus tôt, sans compter le copinage bien connu entre Insomniac et Naughty Dog (remontant à l’époque Crash Bandicoot / Spyro), Marvel’s Wolverine s’illustre également sur le plan de la narration et de la mise en scène. Mettant à profit la structure linéaire du jeu, Insomniac a mis les petits plats dans les grands pour nous offrir un des titres les plus cinématographiques de ces dernières années. Et nous ne parlons pas seulement des inévitables cinématiques qui, déjà, témoignent d’une mise en scène inspirée sachant mettre en valeur autant les moments d’action que d’émotion. Comme sur les jeux Spider-Man, le studio a bien fait ses devoirs, respectant non seulement les caractères des personnages (Dents-de-Sabre toujours aussi incontrôlable et bourrin), mais a su également tordre le matériau d’origine pour enrichir certains aspects (la vie personnelle de Mystique). Loin de se limiter aux cinématiques, cette aspect cinématographique se retrouvera également dans les phases de jeu. On citera par exemple le soin apporté à la conception des décors tant naturels (mention à la forêt canadienne, sublime de jour comme de nuit) que urbains (impressionnante reconstitution de Tokyo). Si l’on échappera pas à de nombreuses phases en QTE façon « cinématiques interactives », sans compter des phases à l’issue prédéfinie dissimulant leurs rails derrière un gameplay discutable (coucou la moto), l’ensemble réussit à toutefois à emporter l’adhésion grâce à son scénario et surtout son casting.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


En effet, là aussi dans la veine d’un Uncharted (ou du récent 007 First Light), si le scénario de Wolverine s’oriente vers des thèmes déjà traités par le passé, notamment dans les films X-Men, tout en les traitant avec un réel respect et surtout à travers le prisme de son héros, c’est pour mieux faire la part belle au dépaysement (on passe du Canada à Tokyo en passant par Madripoor, bien connu des fans de Marvel) et aux personnages. Loin de cantonner son Wolverine à un rôle de « trancheuse électrique sur pattes », le scénario prend le temps de développer ses failles (jusqu’à son penchant pour la bouteille), peut-être encore plus que ne le faisaient les films. Le reste des personnages n’est pas en reste, chacun bénéficiant de moments leur permettant d’éveiller l’attachement du joueur, même si certains devront se contenter d’un traitement un brin archétypal. Côté casting, si l’annonce du choix de Liam McIntyre (la série Spartacus) pour Wolverine a pu provoquer quelques haussements de sourcils son temps, force est d’avouer que l’acteur s’en sort haut-la-main. Qu’il s’agisse des moments de bestialité ou d’émotion, McIntyre est clairement un Wolverine de très haute volée, au point qu’on ne serait pas contre le voir prendre l’inévitable relève de Hugh Jackman dans les futurs films. Une très belle surprise. De même, si le reste du casting n’est pas en reste, on accordera une petite mention à Troy Baker, parfait en Nathaniel Essex. A noter qu’en plus de donner leur voix à ces personnages, McIntyre et Baker prêtent également leurs traits à Wolverine et Essex. Ce qui, dans le cas de Wolverine, pourra donner lieu à une sensation étrange si vous jouez en VF. En effet, pour notre doublage national, l’impeccable Jérémie Covillault reprend ici le rôle de Wolverine, lui qui double déjà le mutant incarné par Hugh Jackman depuis le film Logan. Or, si ce choix ravira certains fans, d’autres ressentiront peut-être un sentiment étrange, comme une dissonance, face à la voix VF du Wolverine de Hugh Jackman sur un Wolverine différent de Hugh Jackman. Pour ceux rentrant dans cette deuxième catégorie (comme votre serviteur), inutile de dire que la possibilité de mettre le jeu en VO deviendra hautement appréciable, et permettra de savourer d’autant plus la performance de McIntyre.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


Pour conclure, abordons les aspects techniques. Graphiquement déjà, le jeu n’a pas à rougir des standards actuels, notamment en termes d’expressions faciales (la retranscription de la performance de McIntyre est assez impressionnante) et d’animations (le dynamisme des combats forcent le respect). Idem pour la modélisation des décors, la maitrise des jeux de lumière et des effets de particules qui nous rappellent que la PS5 est capable du meilleur lorsqu’elle est pleinement maitrisée (et surtout quand un studio bénéficie du budget d’un film Avengers pour un jeu solo linéaire d’une grosse douzaine d’heures !). Bien sûr, certains éléments ici ou là pourront dénoter un peu visuellement, mais rien de réellement fâcheux. A noter que le jeu propose le choix entre les modes Performance et Fidélité, ce dernier ayant le bon goût d’être en 30fps (donc bien plus proche d’une expérience cinéma pour les allergiques à l’effet HFR du 60fps). Côté sonore, les bruitages et surtout le mixage forcent le respect, les scènes étant constamment limpides à l’oreille malgré la constante effervescence, en particulier dans les scènes d’action. Enfin, sans être transcendante, la musique vient seconder sympathiquement l’ensemble.

Marvel's Wolverine PS5 : le test !


Au final, Marvel’s Wolverine risque de scinder le public. D’un côté, le jeu offre un excellent défouloir d’action avec une touche de plates-formes, le tout emballé dans une aventure linéaire et dépaysante nous évoquant par certains aspects une version super-héroïque et super-bourrine d’Uncharted, y compris pour la maestria technique. De l’autre, le jeu d’Insomniac a le malheur de passer après certains ténors du genre super-héroique (Batman Arkham ou les Spidey d’Insomniac), dont il n’atteint malheureusement pas le niveau. Car il faut bien le reconnaitre, malgré ses nombreuses qualités, Marvel’s Wolverine n’est pas un chef d’œuvre ou un fleuron du genre. « Juste » un jeu fort sympathique, mais dont les imperfections l’empêcheront d’atteindre le statut d’incontournable. Pour la note, notre cœur balançait, mais on arrondit au point supérieur pour le traitement du personnage, et surtout la performance de Liam McIntyre.

Marvel’s Wolverine PS5 : le test !
Marvel’s Wolverine PS5 : le test !
8