À Los Angeles, la vie de Michael et Karen bascule lorsqu’un cambrioleur s’introduit chez eux. Traumatisés, ils trouvent un soutien providentiel et amical auprès de l’agent Pete Davis. mais derrière cet uniforme rassurant se cache une personnalité trouble….
Sorti en 1992, Obsession fatale, réalisé par Jonathan Kaplan (Les accusés), s’inscrit dans la vague de thrillers psychologiques, domestiques qui a déferlé sur Hollywood au début des 90’s avec des titres comme Les nuits avec mon ennemi (1991), Fenêtre sur Pacifique (1990), Jeune fille partagerait appartement (1992), La main sur le berceau (1992), Sang chaud pour meurtre de sang-froid (1992) ou bien encore Malice (1993). Dans ces récits inquiétants le mal est dans le foyer, le couple ou l’entourage et prend le visage d’un époux, d’une coloc, d’un voisin ou d’une nounou. Ici le bad guy est un flic obsessionnel qui va pourrir l’existence d’un jeune couple, le représentant de la loi devient une menace incontrôlable.
A défaut d’un scrip original qui amalgame plein d’ingrédients du thriller psychologique (pulsion scopique, jalousie dans le couple…) avec des composants du thriller urbain (flics face la violence de la rue) le film tient en haleine par son climat angoissant et sa tension dramatique entretenue jusqu’à la conclusion certes prévisible mais d’une belle intensité. Si la mise en scène de Kaplan s’avère fonctionnelle, sans éclats, l’interprétation se révèle très inspirée.
Le trio d’acteurs est en effet l’atout majeur de cet Obsession fatale, avec un Ray Liotta bien inquiétant dans le rôle du policier psychopathe face à Kurt Russel, un monsieur tout le monde confronté à une situation dangereuse (voir le très bon Breakdown dans un rôle similaire d’époux dont la femme est menacée par un psychopathe routier) et Madeleine Stowe que l’on a plaisir à revoir après sa disparition des radars à la fin de cette décennie.
Obsession fatale est un un efficace thriller du samedi soir avec un casting au top.
Technique
Issue d’un nouveau master 4K la copie est propre, le piqué s’avère très correct, rien de transcendant mais on est loin de la qualité déplorable de l’antique DVD sorti il y a fort longtemps. La VO 5.1 est un cran au-dessus de son homologue française en terme de clarté, de restitution des ambiances urbaines comme domestiques sans oublier la gestion du score de James Horner.
Bonus
Cette édition blu-ray L’atelier d’images comporte deux courts suppléments. Le making of promo (4’) est constitué d’extraits du film, d’images du tournage et d’interview de l’équipe dont le réalisateur Jonathan Kaplan qui révèle que son thriller, comme Liaison fatale, une référence pour le marketing, s’inspire de faits réels. Puis l’autre bonus est une
intéressante présentation du film par Fred Téper de Les Chroniques de Cliffhanger (10′) qui replace le film dans le contexte du début des années 90 où le thriller hollywoodien connaît « une mutation profonde avec la peur, le danger qui change de visage, s’insinue dans le quotidien, l’intime et contamine ce que l’on croyait le plus sûr le foyer » citant de multiples films comme La main sur le berceau, Les nuits avec mon ennemi, Les nerfs à vif, Malice et Basic Instinct. L’intervenant loue la qualité de l’interprétation notamment de Ray Liotta, « un antagoniste au visage séduisant, charismatique mais instable » et évoque la musique efficace de James Horner.


