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Turbo Kid : Critique Outbuster #2

 
 
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Durée: 92 minutes
 
Date de sortie: Canada : 2015 France : 2017
 
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Posted 5 décembre 2017 by

 
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Dans un monde ravagé par l’apocalypse, un jeune garçon passionné par les bandes dessinées survit à l’hiver nucléaire en échangeant contre un peu d’eau les objets qu’il trouve dans les ruines des Terres Désolées. Mais l’enlèvement de son amie Apple par un sbire du maléfique Zeus le forcera à affronter ses peurs et à devenir un héros malgré lui.




L’avis de Quentin :

38 ans après Mad Max de George Miller ainsi que Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill, 36 ans après New York 1997 de John Carpenter, 32 ans après Les Goonies de Richard Donner, une trentaine d’années après la création des sonorités dites Synthwave de John Carpenter, les années 80 semblent entrer dans le sacre saint de la culture moderne. Aujourd’hui tout semble graviter autour de cette décennie qu’il en retourne de l’industrie musicale avec l’avènement de Carpenter Brut, Perturbator ou bien qu’il s’agisse de l’industrie cinématographique avec des films tels que Mad Max : Fury Road de George Miller, Atomic Blonde de David Leitch, Kung Fury de David Sandberg et la phénoménale série Strangers Things.

La renaissance d’une industrie 80’s paraît s’imposer dans une décennie n’ayant plus réellement de repères, de marqueurs temporels.

Néanmoins , cette avalanche de productions estampillées années 80, apporte à la fois son lot de surprises (Blade Runner 2049, Stranger Things, Ca) mais aussi ses déceptions (The Thing, Thor : Ragnarok, Star Wars VII).

C’est en ces eaux qu’un film doté d’une sortie discrète en France en cette année 2017 montre le bout de son nez. Il s’agit de : Turbo Kid.

Turbo Kid est un film canadien réalisé par  François Simard et Anouk Whissel.

Le film est sorti outre atlantique en 2015 et est disponible en France depuis le début de l’année en VOD. Outbuster, plateforme de vidéo à la demande, propose depuis peu le long métrage dans son abonnement et quelle surprise ! Le film étant assez difficile à trouver dans nos contrées de manière légale.

Mais qu’en est-il de cet énième OVNI prenant directement sa source dans une filmographie datant d’une trentaine d’années ?
Le film serait-il à ranger du côté des navets de l’industrie voulant surfer sur la vague d’un succès éphémère ou serait-il plutôt du côté des rares pépites du genre sachant raviver notre nostalgie ?

Turbo Kid mise tout d’abord sur une mise en scène minutieuse et millimétrée pour nous renvoyer directement à la période escomptée. C’est ainsi que l’action se déroule dans un no man’s land post apocalyptique prenant place en l’an de grâce 1997. Dès les premières séquences nous retrouvons tous les objets qui ont fait le charme de cette époque : le rubicube, le pisto-bulles, les BMX, les protections, les jouets dinosaures, les flamants roses. Nous aurons même le droit à des duels de bras de fer !

L’oeuvre nous renvoie également à certaines interrogations, tout en réadaptant le propos à notre actualité. La survie de l’espèce humaine passant par le combat pour l’accès à l’eau. C’est autour de cette valeur que le monde tourne, ici il n’est plus question d’argent comme dans notre monde, de pétrole comme dans celui du premier Mad Max mais bien plutôt des dernières ressources en eau que pourrait fournir la terre-mère. L’enjeu est ainsi calqué sur un certain Mad Max : Fury Road. C’est en cela que le film prend le contre-pied et s’installe dans un premier temps comme une chimère parodique de ce dernier.

On peut alors se demander si Turbo Kid parviendra à dépasser ses références et se forger sa propre identité ?

Le film a un rythme relativement progressif laissant la première partie du film à un amas de références toutes très orientées autour des mêmes films : Mad Max et Les Goonies. Ce qui peut poser une interrogation pour le spectateur quant à la légitimité et l’originalité du film. C’est justement dans sa seconde partie que le film remplit parfaitement son contrat avec les fans.

Les réalisateurs, François Simard et Anouk Whissell, parviennent à saisir et manipuler leur projet en alliant et harmonisant toutes leurs références afin de produire une œuvre singulière. A la manière d’un Tarantino, pratiquant l’art occulte de la cinéphilie, notre duo en présence excelle.

Nous nous retrouvons avec toutes les références qui ont fait les années 80 au cinéma. Quel bonheur de retrouver des clins d’œil à Terminator, mariés à Mad Max ou encore Les guerrier de la nuit.

Mais le film ne s’arrête pas seulement aux années 80 et offre une vraie claque cinéphile, en mariant ces ingrédients aux 90’s mais également aux années 2000 (quid du combat hybride et déjà culte Mad Max 2 / Kill Bill Volume 1).

Le film est également emprunt d’un humour certain et justifié. On ne retrouvera ici aucun véhicule motorisé pour la simple et bonne raison que le pétrole a totalement disparu de la surface de la terre. L’ensemble des déplacements se fait donc uniquement à vélo.
Nous assistons alors à des courses poursuites effrénées en BMX .

Les réalisateurs nous offrent un film complètement déjanté où le bon sens n’a nullement sa place. Préparez-vous donc à des armes et combats tous plus loufoques les uns que les autres entre une batte de baseball nain de jardin et un vélo licorne. Tout fait parti du champ des possibles dans cet incroyable Turbo Kid.

Le film interroge également sur les modes de consommations alimentaires actuels et nous renvoie directement au chef d’oeuvre de Richard Fleischer : Soleil Vert. Ici, les corps ne sont pas compactés en aliments pour la population mais plus simplement transformés en eau. L’eau présente dans notre organisme étant extraite pour pouvoir être consommée.
Le film pause de nouveau la question de notre consommation et de la provenance des produits ingérés.

De plus le film ne brille pas seulement de par son contenu mais également de par ses plans. La réalisation nous offre une oeuvre finement mise en image, échappant au piège du format grindhouse. Elle dispose d’une identité qui lui est propre avec des plans intéressants permettant de faire disparaître le faible budget du film et hissant ce dernier au rang d’un film largement exploitable en salle.

Le climat du long-métrage est assez industriel avec de nombreux entrepôts, ruines. Les personnages évoluent dans un environnement particulièrement grisonnant qui sera contrasté par leurs tenues extravagantes. Mention particulière à la tenue tout droit sortie d’un comicbook du personnage principal mais également au sublime masque de l’adjoint du chef de la pègre locale alias Zeus.

En ce qui concerne la bande-son, c’est un véritable régal. La bande originale ayant été composée par Le Matos, un des chefs de file de la génération revival synthwave 80 aux côtés de Carpenter Brut, Kavinsky, Perturbator ou encore Electric Youth.
La mise en son vacille entre ambiance axée sur le synthétiseur, comme a su l’imposer le gourou John Carpenter, mais également avec le Rock/ Glam Fm 80 tirant parfois même sur le heavy metal, nous faisant penser au culte Metal Hurlant.

Turbo Kid, en figure d’hommage et parfois même de caricature d’une génération comicbook, parvient à apposer sa marque dans le mouvement ultra productif du revival 80’s.
Il en ressort une œuvre de grande qualité, qui ne demande qu’à prendre de l’âge pour s’imposer comme une référence culte du genre. Turbo Kid dispose de tous les ingrédients pour être savouré à sa juste valeur. Si vous avez toujours rêvé de savoir comment Max Rockatansky aurait géré sa vie post-apocalyptique à l’adolescence alors foncez ! Après une telle projection vous ne pourrez plus sortir qu’avec une casquette vissée sur la tête et un lecteur cassette à votre ceinture !


Quentin Tarantino

 


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