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Steve Jobs

 
 
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Durée: 122 min
 
Date de sortie: 03/02/2016
 
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Posted 8 février 2016 by

 
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Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Avis de Manu

Aaron Sorkin (The Social Network) au scénario, Danny Boyle (Trainspotting) derrière la caméra, duo gagnant pour un faux biopic aux allures drama. Erase le précédent Jobs avec Ashton Kucher, livide et opaque en mode binaire. Place à une plus grande prise de risques avec une proposition d’opéra en 3 actes, 3 phases majeures non pas d’Apple mais dans la vie de Steve Jobs puisque c’est bien de lui dont il s’agit. Initialement dans les mains de David Fincher, écrit comme tel Steve Jobs s’avère finalement presque dans l’écrin idéal aux mains de Danny Boyle. Comme à son habitude, jouant des formes et du rythme, tout ici semble refléter la vie du pape de la pomme croquée. Hauts, bas, folie, doutes, réussite, génie. Epopée sur deux décennies, les plus importantes pour Jobs, le film se délivre aux spectateurs en Super 16mm, 35mm pour finir en numérique. Loin d’un effet de style prétentieux, cela apporte et marque le tempo et une certaine temporalité. Nous sommes pourtant souvent proche du théâtre filmé, pas loin de 3 huis clos mais le film respire pleinement par la dynamique de dialogues brillants (Sorkin en est un des maîtres) et le jeu impérial d’un Michael Fassbender habité par son personnage du premier au dernier plan (sans DiCaprio aux Oscar cette année, on aurait parié un IMac sur lui).

Tout va vite, très vite mais jamais trop, une multitude d’informations sont délivrées au spectateur s’en pour autant s’adresser au puriste de la marque. On suit le parcours d’un homme, de ses doutes intérieurs et de son immense génie, malin penseur, plus que créateur, et reste dubitatif non pas devant une leçon de cinéma mais dans la démonstration de packager très bien un produit à vendre. Danny Boyle s’en sort donc haut la main et filme son sujet comme ce dernier vend des ordinateurs, avec malice et propos de servir son fond par une jolie forme (montage au cordeau, flashbacks aux airs de twists de série).




Il faut pour cela passer outre l’attente d’un biopic classique et découvrir un film certes très bavard mais surprenant autant dans la prise de risque que la démonstration que cela impose. Steve Jobs n’en ressort pas totalement propre, bien au contraire et c’est cette demi franchise qui procure également au film une certain candeur, on sort enfin des sentiers battus pour le genre. Le choix des parenthèses historiques et résumées par les « news » télévisées s’avèrent parfait pour ne pas charger un récit aux dialogues aiguisées et sans pause.

stevejobsphoto1

Sous les traits de Michael Fassbender, personne ne semble pouvoir mieux interpréter le portrait d’un homme ambigu, cruel, presque autocrate, en tout cas un personnage captivant autant pour ce qu’il a créé que par sa personnalité. Tout l’enjeu était là, et le pari réussi. Kate Winslet n’est pas en reste dans un casting de grande classe dans son ensemble.

D’abord déroutant par son aspect bavard, Steve Jobs s’avère comme son sujet, fascinant. Et finalement sous le col roulé et le jean bleuté se cache une sorte de gourou aux allures, allez on ose, presque shakespeariennes. De la touche Enter sans passer par Escape.


Fabien Brajon

 


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