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Shadow of the Colossus PS4 : le test !

 

 
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Posted 8 février 2018 by

 
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Décriée depuis déjà quelques années, la mode des portages, Remastered et autres remakes aura fait couler beaucoup d’encre. Parfois à juste titre, parfois non. Etrangement, si il y a bien un titre qui aura échappé à la joute ces derniers temps, c’est bien ce remake de Shadow of the Colossus. Il faut dire que dès son annonce, le titre a su faire taire même les plus mauvaises langues en dévoilant l’ampleur du soin accordé à ce projet fou. Car oui, qu’on se le dise : reproduire de A à Z, avec les moyens d’aujourd’hui, l’intégralité de Shadow of the Colossus est vraiment un projet de titan. Mais quiconque a déjà joué au chef d’œuvre du créateur Fumito Ueda (Ico, The Last Guardian) vous le dira : si il y a bien un jeu qui méritait un tel remake, c’est bien celui-là.

Il faut dire qu’à l’époque de son développement, cette exclu Sony met la barre très haut. Tellement haut que bon nombre de features sont abandonnées (le gigantesque monde ouvert, prévu pour être vivant et peuplé, devient totalement vide, lui conférant son aura si particulière) et qu’à sa sortie en 2005, le titre est si techniquement imposant qu’il met la PS2 à genoux. Cela n’empêche pas le titre de séduire tant la critique que le public, lui conférant illico un statut de véritable chef d’œuvre et/ou de jeu culte. Un statut qui vaudra au titre une réédition sur PS3 dans une version plus stable (adieu les soucis de framerate), avant d’amener Sony a lancer la création de ce remake qui débarque aujourd’hui sur PS4.

Et dès les premières minutes de sa cinématique d’intro (réalisée avec le moteur du jeu), autant le dire : Shadow of the Colossus en impose. Visuellement somptueux, le jeu démontre déjà en quelques images combien le studio Bluepoint Games (déjà à la barre du portage de la trilogie Uncharted) a su se montrer à la fois respectueux et digne de la tâche qui lui était confiée. Il suffit d’ailleurs de se balader un peu dans le monde désertique et rencontrer notre premier Colosse pour en avoir définitivement confirmation.

Certes, on attendait une refonte graphique à la hauteur des standards PS4 actuels, mais même dans nos attentes les plus grandes, il était difficile d’espérer un tel degré de qualité. Textures, modélisation, lumières, animations … Du plus immense rocher au plus petit brin d’herbe ou poil de Colosse, sans compter un rendu de l’eau à tomber par terre… A part quelques détails qui seront sujets à discussion (le visage de Wander, les collisions de certains décors…), absolument rien n’est laissé au hasard, atteignant de telles cimes de beauté graphique que l’on peut sans trop se tromper dire que ce remake de Shadow of the Colossus est l’un des plus beaux jeux consoles actuels. Pour preuve, on veut bien vous mettre au défi de ne pas vous interrompre au milieu d’une plaine ensoleillée ou en pleine action sur la tête d’un Colosse pour immortaliser la scène avec le mode Photo (toutefois moins intuitif que dans Uncharted 4 ou Horizon Zero Dawn).  Et que dire de la musique qui n’a jamais semblé aussi sublime (on vous met au défi de ne pas frissonner aux premières notes de The Opened Way). Seul élément inchangé, le gameplay qui vous demandera de vous familiariser avec des commandes pas toujours très intuitives, certes un peu repensées pour l’occasion, et auxquelles on finit heureusement par s’habituer.

Vous l’aurez compris : sur le plan technique, ce remake de Shadow of the Colossus risque de faire date. Mais des performances visuelles ne seraient rien sans un gameplay et une ambiance à la hauteur. Si vous connaissez déjà le chef d’œuvre de Fumito Ueda, vous pouvez arrêter ici votre lecture et foncer vous procurer ce remake somptueux si vous hésitiez encore. En revanche, si vous êtes néophyte de ce jeu, une rapide présentation s’impose.

Shadow of the Colossus conte le périple du jeune Wander qui, sommé par la voix d’une divinité, doit tuer seize immenses Colosses. Espérant que la divinité pourra ramener à la vie une jeune fille chère à son cœur, Wander s’exécute et, avec son fidèle cheval Agro, se lance en quête desdits Colosses qu’il devra terrasser l’un après l’autre. Alors oui, dit comme ça, le scénario de Shadow of the Colossus n’a rien d’original. Mais il suffit de grimper sur votre destrier et entamer une chevauchée dans ce monde désertique pour comprendre que la force du titre est ailleurs. En effet, à l’image des jeux de ThatGameCompany (Flower, Journey) ou d’un film de Terrence Malick, l’ambiance de Shadow of the Colossus est extrêmement contemplative, les longues chevauchées de Wander venant renforcer sa solitude au sein d’un monde désertique dont les ruines disséminées ici et là laissent entrevoir un passé incroyablement riche, tombé depuis dans l’oubli. Mais outre permettre de créer peu à peu un véritable lien avec Agro, ces moments de solitude permettent de renforcer l’incroyable frisson d’adrénaline qui se cache dans la rencontre avec chacun des seize Colosses.

Véritables géants de pierre et de chair, conçus comme des niveaux de jeu à part entière (mêlant plates-formes mouvantes, combat et énigmes), les Colosses s’apparentent à des adversaires gros comme des montagnes (à l’exception de quelques-uns plus petits) dont il vous faudra découvrir le point faible grâce à votre tête ou les indications de votre épée antique (dont la lumière vous montrera autant le repaire que les failles des Colosses) avant de leur gravir le corps pour espérer les terrasser en enfonçant votre lame dans leur talon d’Achille. Evidemment, les bougres ne se laisseront pas faire et ne manqueront pas d’essayer de vous dégager de leur territoire d’un coup de massue ou d’un simple coup de pied contre lequel votre épée ou votre arc, vos seules armes, ne pourront rien. Enfin ça, c’est lorsque vous êtes encore au sol car si par bonheur, vous parvenez à leur grimper sur le poil comme la puce que vous êtes à leurs yeux, les Colosses gesticuleront dans tous les sens dans l’espoir d’épuiser votre jauge d’endurance, vous faire lâcher prise et envoyer voler comme une simple poupée de chiffon. Bref, vous l’aurez compris, la force de ces Goliath ne sera à sous-estimer à aucun moment, le moindre faux pas pouvant facilement engendrer une mort certaine à notre David. En revanche, si vous parvenez à vous agripper, on veut bien vous mettre au défi de ne pas ressentir la moindre émotion dès ce ralenti distinctif qui viendra confirmer la fin du combat. Et votre cœur dès lors de balancer entre la joie de la victoire, le regret que le combat fut si bref, et la tristesse de voir une si belle créature vaciller avant de s’immobiliser, inerte, retirant un peu plus de vie à ce monde…

On pourrait s’exprimer longtemps sur les émotions que procure Shadow of the Colossus, mais cela reviendrait à en gâcher une partie du plaisir. Car oui, à l’image de bon nombre de titres ayant su marquer le cœur des joueurs au fil du temps, l’œuvre de Fumito Ueda ne se raconte pas : elle se vit. Et en l’état, on ne saura remercier suffisamment Sony et Bluepoint Games d’avoir su offrir à ce véritable joyau l’écrin en or massif qu’il méritait, ceci sans retirer la moindre goutte de son essence. Que ce soit pour le découvrir une première fois ou le redécouvrir dans des conditions que Ueda lui-même n’aurait sans doute jamais osé espérer, ce remake PS4 de Shadow of the Colossus mérite assurément le détour. Sans doute l’un des meilleurs remakes réalisés  jusqu’ici, et assurément (et déjà) l’un des meilleurs jeux de cette année.


NicoH

 


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