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Sale temps à l’hôtel El Royale

 
 
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Titre Original: Bad Times at the El Royale
 
Durée: 142 min
 
Date de sortie: 07/11/2018
 
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Posted 24 novembre 2018 by

 
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Janvier 1969. Alors que Richard Nixon entame son mandat comme 37e président des États-Unis, une nouvelle décennie se profile. À l’hôtel l’El Royale, un établissement autrefois luxueux désormais aussi fatigué que ses clients, sept âmes aussi perdues les unes que les autres débarquent.
Situé sur la frontière entre la Californie et le Nevada, l’El Royale promet la chaleur et la lumière du soleil à l’ouest, et l’espoir et les opportunités à l’est. Il incarne parfaitement le choc entre passé et présent. Autrefois, célébrités et personnalités politiques influentes s’y côtoyaient, au casino, au bar, à la piscine ou dans les suites somptueuses. Mais l’âge d’or du Royale est bel et bien révolu.
Dans cet hôtel oublié des riches et des puissants depuis longtemps, un prêtre, une chanteuse de soul, un voyageur de commerce, une hippie et sa sœur, un homme énigmatique, et le gérant de l’hôtel vont se retrouver par hasard… ou pas. Au cours d’une nuit comme seul le destin sait les orchestrer, tous auront une dernière chance de se racheter, avant que l’enfer ne se déchaîne…

L’avis de Manu

On devinait après La cabane dans les bois le côté petit malin de Drew Goddard en tant que scénariste. A savoir se réapproprier un genre et le twister de manière plus ou moins grossière mais toujours en sortant des sentiers (archi) battus. Il semble réitérer ici l’essai en prenant les faiblesses d’un postulat, d’un genre, pour le refaire à sa sauce, sans pour autant en casser les codes, et en faire une belle petite surprise. Evidemment le montage va selon les commentateurs faire penser à du Tarantino (qui au passage n’a pas le monopole du montage alternatif et des délicieux bavardages) mais le reste semble bien avoir la patte Goddard (Seul sur Mars, Cloverfield en tant que scénariste) tant la mécanique semble bien huilée, avec plus de sérieux pour le film concerné. Si l’ensemble ne brille pourtant pas totalement par son histoire, le passif et la psychologie dessinés de ses personnages, comme des interprètes, focalisent toute l’attention du spectateur et l’emmène même vers des zones d’ombre qui garderont (et c’est bien vu) une certaine part de mystère même après la fin. En se projetant ainsi sur ses personnages, et donc ici la métaphore d’une Amérique post Trump, Drew Goddard installe une tension joueuse et intéressante, qui de légères surprises en twists un peu balancés sur la fin, aura pour effet d’apporter une noirceur en filigrane au film.

Sale temps à l’hôtel El Royale a en outre le mérite de ne pas être une franchise, suite, reboot, remake et propose un divertissement bis mais plutôt bien mené et original, ce qui change. Avec une formule différente de son précédent film (n’y aller pas chercher le jeu et l’originalité de La cabane dans les bois) il insuffle à travers sa mise en scène et son univers peint période 70’s, un hommage plutôt brillant aux polars et films noirs qui mêlaient humour décalé et violence réaliste. On y retrouve également des personnages savoureux et crédibles, à travers Drew Goddard déploie alors un vrai plaisir de cinéma autant pour cinéphiles que pour un public qui cherche le simple divertissement (léger dans ce dernier cas).

Côté casting, l’ensemble est plus que soigné avec notamment Cynthia Erivo (excellente découverte et prochainement dans Les veuves de Steve McQueen dans lequel elle devrait enfin exploser), Jeff Bridges (au top comme souvent) et Chris Hemsworth (qui jouant à la limite du cabotinage livre au final une prestation assez bluffante).

Musique soul et groovy en toile de fond, en corps comme en sonore, Sale temps à l’hôtel El Royale finit par être un joli petit plaisir assumé qui malgré sa longueur parfois évoquée reste un film à voir et même revoir.


Fabien Brajon

 


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