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Ready Player One

 
 
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Durée: 140 min
 
Date de sortie: 28/03/2018
 
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Posted 6 avril 2018 by

 
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2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

L’avis de Manu

Quelle surprise d’un des cinéastes les plus marquants de ces 30 dernières années. Irrégulier depuis longtemps.

Logé sur son statut de maître du blockbuster, Steven Spielberg, en revenant aux sources, nous embarque dans un festival de sensations qui nous ramènent aux plus belles heures de notre adolescence (du moins pour ceux nés dans les années 70 et 80). Surprise car à première vue la bande annonce promettait certes un vrai spectacle, mais plus proche d’un gamer que d’un ado qui a connu la culture Amblin (société de production de Steven Spielberg, Les Goonies, Retour vers le futur, etc…).

La recette est simple (et surtout approuvée) mais fallait il encore l’appliquer, la remettre en salle, au goût du jour, sans oublier les poncifs de l’époque. Ready Player One réunit tout cela à la fois, c’est assez dingue dans les idées déployées et convoque 1000 sensations nostalgiques à la minute. On regarde ça le regard amusé, les yeux grands ouverts à prendre ce spectacle en pleine figure, jouant avec les héros, en même temps qu’eux (une team adolescente, pas de secret, la recette est appliquée ici), comme à la bonne époque, on avance avec eux à travers certaines épreuves et participe à leur quête. Mieux on cherche les nombreux clins d’œil à profusion tout le long du film (visuels, Easter Egg, sonores…) parfois lancés ça et là, parfois narratifs, on a personnellement apprécié les références à John Hughes qui ciblent clairement une certaine génération, merci pour eux, enfin un film qui les convoque en même temps qu’un spectacle version 2.0. Pas sûr non plus que les plus jeunes comprennent la référence à l’exercice de Kegel, rires princiers au moment de la répartie. Tout le monde est là, caché la plupart du temps, mais présent à la fête, Jack Slater, Freddy, Chucky, Robocop, même la box de Gizmo sert de réceptacle. La liste est de toute manière trop longue pour être énumérée. C’est fou et sans temps mort. On reste évidemment dans un cadre manichéen mais c’était le cas des meilleurs productions de l’époque, et qui dit parfois manichéisme ne dit pas subtilité, ici c’est (af)futé comme jamais, malin comme les meilleurs films d’aventure. Evidemment les réfractaires à l’animation digitale pourront être effrayés par le pourcentage du film consacré au monde virtuel, mais le génie de Spielberg arrive à effacer votre inquiétude. Film à étapes (cahier des charges respecté), tout file à la vitesse de montagnes russes, sensations incluses.

C’est le blockbuster le plus jouissif de ces dernières années, intelligent, adolescent, qui a su reprendre les règles de bases oubliées depuis près de 30 ans, c’est dire. Et ce retour aux sources ne semble avoir pu voir le jour que par celui qui a créer le genre en lui même (Les dents de la mer inventa à lui seul le terme aux USA). Encore plus malin, le metteur en scène retrouve son génie, oublié ces dernières années, prend par les mains nos souvenirs, nos attentes, nos envies, nos secrets intimes qui nous ont ému, touché, marqué pour les délivrer dans un maëlstrom de talent et une mise en scène hallucinante d’idées (mention spéciale aux séquences qui convoquent LE film d’horreur d’un autre génie, no spoiler). Et puis tout ça n’a pu prendre forme qu’avec l’intelligence d’un homme, Spielberg, qui se voit toujours comme un adolescent, tout comme un maître qui doit transmettre son savoir et ses passions ; et évidemment, les deux personnages centraux du film font écho au réalisateur qui se voit autant comme un concepteur que comme un rêveur, une sorte de testament ultime.

Et une fois de plus, comme tous les chefs d’œuvre du réalisateur, tout se finira autour d’une montagne (E.T., Rencontre du 3ème type) comme si tout avait été prédestiné (Spiel-Berg, en allemand dans la traduction). Quel plaisir de retrouver cette magie, cette modestie qui a composé la filmographie du maître, les premières années ( ! ), tout en étant critique par rapport aux nouvelles technologies. On peut juste regretter un discours un peu plus ambivalent, trop vite balayé les 5 dernières minutes, mais peu importe, c’est assez profond pour plaire et ce film somme de la culture pop des années 80 finit par être la plus belle madeleine de Proust délivrée depuis des années. Génial, tout simplement.


Fabien Brajon

 


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