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Rage : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Acteur: ,
 
Genre:
 
Pays:
 
Titre Original: Rabid
 
Durée: 91 minutes
 
Date de sortie: 1978 4 avril 2019 en Médiabook Blu-ray/DVD
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 11 juin 2019 by

 
Full Article
 
 

David Cronenberg est un cinéaste à part dans le paysage cinématographique, démarrant dans le cinéma d’horreur, chef de la mouvance body horror puis le maître du fantastique s’est depuis quelques années reconverti dans la critique de l’industrie cinématographique (Maps To The Stars), la reconstitution historique (A Dangerous Method) ou encore bien dans le film de mafia (Les Promesses de L’Ombre). Néanmoins les adorateurs de la première heure avec La Mouche, Videodrome ou encore Scanners n’ont pas oublié la radicalité du propos du cinéaste canadien, son cinéma sans concessions. C’est ainsi, pour mieux nous rappeler la force du travail de Cronenberg, que The Ecstasy Of Films nous propose une édition médiabook restauré de Rage. Un film oublié des nouvelles générations, porté par le charisme de Marilyn Chambers, qui méritait d’être ressorti des placards afin d’asseoir son statut de film culte.

Cet article se divisera en deux temps :

I) La critique de Rage

II) Les caractéristiques techniques de l’édition mediabook Blu-ray/DVD

L’avis de Quentin :

I) La critique de Rage

Rage est un film annonciateur du cinéma de David Cronenberg, on y retrouve toutes les thématiques ayant pu lui tenir à cœur de Chromosome 3 (1979) jusqu’à Le Festin Nu (1991). L’institution hospitalière ainsi que les expériences sur des cobayes humains au nom de la science, des héros mutants produits d’une société malade mais également les jeux sur la matière, cette ambition organique que l’on peut trouver dans la filmographie du cinéaste canadien s’installe dès ses deux premiers films, Frissons et Rage, à la manière d’essais afin de rôder sa maestria à venir.

Rage installe dans son rôle principal Marilyn Chambers qui parvient à sublimer le film à la fois par sa beauté mais également par son jeu bipolaire laissant à la fois parler la femme mais également la bête. L’actrice bien trop souvent aperçue dans le cinéma pornographique se révèle être une comédienne talentueuse qui a entièrement sa place au sein du septième art. Cependant, profitez bien de son interprétation dans l’oeuvre de Cronenberg car il s’agira certainement de sa seule prestation en dehors du cinéma X qui vous saura offerte.

Le long-métrage se situe à mi-chemin entre le film d’épouvante, le film de zombies mais également le cinéma bis. On y retrouve de nombreuses thématiques importantes en plein cœur des années 70 telle que l’autodestruction de l’espèce humaine. On se trouve face à un film de contamination qui dépasse largement ce que le cinéma d’époque pouvait nous proposer avec Zombie de Lucio Fulci ou encore Dawn Of The Dead de George A. Romero. Cronenberg délivre une vision sexualisée de la transmission du virus, et va bien plus loin en parlant d’un porteur contaminant le reste de la population. L’allusion à la propagation des maladies sexuellement transmissibles est forte et bien pensée. La lucidité du réalisateur vis à vis de l’apparition du Sida ou bien de l’hépatite est pertinente et a su s’imposer à une époque où l’on en parlait encore peu.

Il revient, comme il le fera de manière récurrente durant une grande partie de sa carrière sur les méthodes aveugles des chirurgiens pour faire avancer la médecine. Le cinéaste dresse le portrait de scientifiques fous qui ne mesurent jamais les risques que leurs recherches peuvent engendrer. L’appel de la découverte et de la reconnaissance se trouve alors au dessus de tout, transcendental.

Le réalisateur pose également les bases et l’architecture de ce qui fera briller les années 80 : le Body Horror. Tout y est dans ce second film du réalisateur canadien, de la transplantation de tissus jusqu’à la métamorphose des êtres humains au plus profond de leur chair. La transformation présente dans Rage propose d’ailleurs la création d’une créature hybride entre le vampire et le zombie. On suit une héroïne ayant besoin de boire du sang via une excroissance apparue sous son bras. Les victimes de ses agressions se transforment en zombies durant quelques heures, décédant par la suite.

L’excroissance phallique du personnage principal montre une inversion des positions dans la « domination » masculine, nous offrant une femme soumettant les hommes tout d’abord à ses charmes puis à sa force. Aucun homme ne peut alors déjouer cette femme qui de par son corps parvient à soumettre. On pense alors au plus récent et réussi Teeth de Mitchell Lichtenstein, et son vagin mangeur d’hommes.

La force du film réside dans sa rythmique. Ce dernier ne laisse pas un instant au spectateur pour se reposer. Le metteur en scène parvient à la perfection à mêler son intrigue à de multiples scènes dites « gores ». L’un ne prenant jamais le dessus sur l’autre, faisant certainement la force et la radicalité du travail de son créateur.

Rage n’est pas le plus grand film de Cronenberg mais est certainement l’un de ses plus importants, ne comportant que très peu de fioritures pour un résultat brut, un film direct et sans concessions qui saura charmer les cinéphiles de tous bords. Un film important dans la construction du cinéma moderne, une référence pour le cinéma de genre, un chef d’oeuvre du cinéma bis, à vous de choisir votre camp mais quoiqu’il en soit, The Ecstasy Of Films nous donne une véritable chance de découvrir cet incontournable de la carrière de David Cronenberg.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray/DVD

Image : 

The Ecstasy Of Films nous propose un master honnête qui saura ravir tous les amateurs du maître Cronenberg. Le piqué y est convenablement travaillé délivrant un niveau de détails appréciable. Le colorimétrie est assez terne mais reste un des partis pris du film, l’éditeur français n’a ainsi pas dénaturé le matériel d’origine. Cependant, le grain est assez présent sur certaines scènes avec de légères griffures, durant la scène d’ouverture notamment. Néanmoins, ne vous laissez pas perturber par ces derniers car la copie ne cesse de s’améliorer au cours du visionnage permettant de se dévoiler de manière radieuse. Un chouette travail de la part de The Ecstasy Of Films qui ne cesse d’améliorer ses produits et que l’on ne peut que encourager sur cette voie.

Note Image : 3,5/5




Son : 

L’éditeur français nous propose l’oeuvre de Cronenberg au travers deux pistes audio sur son Blu-ray :

  •  Une version originale Dts-HD Dual Mono :

La version originale proposée est solide et permet une vraie immersion. Les aigus ne sont jamais trop stridents, contrairement à d’autres restaurations de films des années 70. Les dialogues et la bande sonore travaillent ensemble de manière harmonieuse permettant à l’oeuvre de pleinement délivrer la gravité et l’horreur de son propos.

  • Une version française Dts-HD Mono :

La version française, quant à elle, permettra de profiter pleinement du film si l’on cherche à la placer dans un cadre bis. Les voix sont bien trop mises en avant par rapport à l’ambiance sonore. Les doublages sont fidèles à ce que l’on pouvait trouver durant les années 70. Chez Cinéalliance.fr, nous trouvons en tout cas que cette proposition permet de profiter de l’oeuvre sur un autre ton. Néanmoins, dirigez vous d’abord vers la version originale pour profiter pleinement de la vision du cinéaste.

Note Son : 3,5/5

Suppléments : 

La section suppléments se divise en deux parties distinctes :

  • Le Médiabook :

The Ecstasy Of Films a choisi pour la sortie de Rage de proposer un médiabook qui se trouve être merveilleux. L’éditeur a laissé aux fans le choix entre deux jaquettes, ce qui est un événement quasiment unique en France pour ce type d’éditions. Le précieux sésame renferme trois suppléments de choix.

Tout d’abord, une introduction écrite par Audrey Jeamart, permettant de saisir pleinement l’oeuvre de Cronenberg allant de Frissons jusqu’à Faux-Semblants. Un document assez court qui parvient à parfaitement cerner le travail du cinéaste canadien.

Ensuite, certainement la plus longue interview connue à ce jour de la regrettée Marilyn Chambers menée par Calum Wadell datant de 2005. L’actrice revient sur son parcours difficile au cinéma et sa difficulté à sortir de la sphère très fermée du cinéma pornographique. Cette dernière dévoile également le plaisir qu’elle a eu de travailler avec Cronenberg mais également l’évolution de statut qu’a connu le film à travers les dernières décennies.

Enfin, The Ecstasy Of Films nous a concocté de nombreuses pages avec des photos de tournage mais également des photos du film permettant de se rendre compte de l’incroyable travail de restauration qui a été dispensé à travers cette édition.

  • Les Bonus :

L’éditeur français ne se repose pas sur ses lauriers avec son médiabook et va bien plus loin concoctant une salve de bonus tous plus intéressants les uns que les autres. Il permet d’apporter sur le territoire français de nombreux suppléments que l’on pouvait seulement trouver sur l’édition UK du film. Un vrai plaisir de découvrir ces documents, avec sous-titrage français.

On trouve dans un premier temps un très réussi commentaire audio de David Cronenberg, observant sous un oeil nouveau l’un de ses premiers films. Un supplément plein d’anecdotes mais surtout d’émotion pour un cinéaste qui a depuis Rage fait un chemin exceptionnel. Un document essentiel pour comprendre le chemin qu’a traversé cette oeuvre pour aujourd’hui comprendre le statut culte du film.

De plus, le commentaire audio n’est pas la seule possibilité de voir le maestro Cronenberg parler de son oeuvre, car une interview de 21 minutes nous attend pour nous combler et faire de nous des enfants pourris gâtés.

Ensuite, un documentaire sur la Cinépix est proposé, commenté par Joe Blasco et Kier-La Janisse. Cette échappée de 15 minutes sur le studio de cinéma indépendant canadien qu’est Cinépix, reprend le parcours de ce studio, de ses premières heures, érotiques jusqu’à ses productions d’action en passant bien évidemment par la période horreur s’arrêtant sur le cas Cronenberg mais également d’autres films canadiens tels que Happy Birthday To Me  ou encore Mortelle Saint Valentin. Un supplément très intéressant permettant de comprendre les conditions de la naissance de Rage mais également la manière dont fonctionnait l’industrie cinématographique canadienne à cette époque. Et puis, l’on parle de Ilsa, la louve SS, pour ce simple argument, il n’y a plus de raisons de se retenir ! Foncez !

Enfin, Joe Blasco dans un document de 25 minutes revient sur les années Cronenberg et la manière dont il s’est retrouvé à travailler avec le cinéaste, en partant de la présence de Barbara Steele dans Frissons jusqu’à Rage. Le spécialiste des effets spéciaux rend un témoignage pertinent couvrant une époque et ses œuvres. Il va même plus loin que le cinéma du réalisateur canadien et parle de ses premiers amours en cinéma l’ayant poussé à faire ce métier.

Note suppléments : 5/5

The Ecstasy Of Films présente avec cette édition de Rage, un objet culturel de référence qui mérite amplement sa place chez tous les cinéphiles. Une occasion de découvrir ou revoir une oeuvre matricielle qui résonne encore aujourd’hui dans l’industrie cinématographique. L’une des sorties majeures de ce premier semestre 2019 confirmant le statut d’incontournable pour l’éditeur dans l’édition vidéo hexagonale.

 

PS : Couac Couac Couac … à suivre


Quentin Tarantino

 


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