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La La Land

 

 
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Titre Original: La la land
 
Durée: 128 minutes
 
Date de sortie: 25 janvier 2017
 
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Posted 25 janvier 2017 by

 
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Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.

Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood?

Avis de Manu

Deux ans après son second film, Whiplash, réussi au plus haut niveau, film majeur et révélation de 2014, Damien Chazelle revient avec une comédie musicale. Projet de longue date, précédé d’une critique internationale ultra positive (voire trop, danger d’un buzz parfois nuisible en vue des attentes suscitées), La La Land déverse en plus de deux heures un plaisir constant, crescendo, qui balaye (malgré lui, et au-delà du genre dans lequel il s’inscrit) tout un pan du cinéma sur plusieurs années, là où les « étoiles » tutoient l’artistique et le créatif.

Tout l’amour du jazz que porte Damien Chazelle semblait exposé dans ses deux premiers films, il gardait pourtant une dose immense de talent qu’il semble lâcher avec La La Land dans un feu d’artifice, visuel, sonore et émotionnel. Si sa proposition est avant tout un hommage à un genre, la comédie musicale, comme au 7ème art, Jacques Demy, Chantons sous la pluie, Un américain à Paris, pour les grandes références c’est également une volonté de proposer ce que peut et doit être le cinéma dans le futur, où le pendant commercial tient hélas de plus en plus la barre haute dans les studios.

Tout dans son film est pensé, cadré, cadencé, comme décalqué sur ce que le jazz inspire dans la nature même de sa création. A ce titre, le monologue de Ryan Gosling sur le genre musical est parfait. Si le traitement « free(jazz) » de l’ensemble n’a que peu de place ici, et pour cause, tout est parfaitement préparé (par nécessité) pour faire entrer le spectateur dans cette danse virevoltante d’images et de sonorités musicales, mais l’intention d’une liberté et une improvisation visuelle restent intactes.

Pour projeter son ambition, Damien Chazelle s’emploie à diriger parfaitement Emma Stone et Ryan Gosling (3ème film ensemble)  qui forment un couple évident et immédiatement attachant (Miles Teller et Emma Watson devaient incarner le duo à la base), nés pour cette union sur pellicule, tourné en 35 mm aux couleurs éclatantes et à la photo d’une élégance folle.

Chaque séquence impose une note différente sur les partitions sans cesse renouvelées d’une mise en scène incroyable, jouant de l’espace comme jamais ; non pour briller mais pour jouer de chorégraphies, de scénographies magnifiques et modernes. Culotté « La La Land » l’est assurément, comment produire une comédie musicale classique dans une industrie qui se parodie presque de jour en jour ? La question ne se pose pas à travers la passion et le respect du cinéma communiqué par Damien Chazelle aux recoins de chaque plan, sur chaque mot, chaque phrase, lors de séquences où foisonnent toujours une nouvelle idée. Difficile de ne pas être conquis quand ce cinéma qu’on voit trop rarement éclate devant nos yeux avec une sorte de facilité et de respect du 7ème art et ce dans l’unique but de partager les émotions que le réalisateur tend à nous transmettre.

Entre rétro et modernité, romance, rêve et réalité, La La Land est de ces films qui procurent une totale joie d’après séance, malgré une certaine candeur, comme l’arbre qui cache la forêt, donne bêtement envie d’aimer, de créer et creuser au cœur de nos passions dévorantes.

Loin d’être le reboot d’un genre, alors qu’Hollywood commence à épuiser tous les autres, La La Land s’affiche comme la quintessence d’un cinéma bien vivant, touchant et poétique, où l’émotion naît de la grâce (visuelle et sonore), d’une poursuite enivrante de chorégraphies magnifiques, comme la nécessité de passions à assouvir, autant que le plaisir simple de se laisser porter par ses rêves. Peu de films réussissent un tel pari et c’est souvent sans calcul du résultat que de simples long-métrages comme celui-ci, par la sincérité et le talent de son auteur, passent en toute simplicité de projet passionné, à immense chef d’œuvre (possiblement universel).

Avis de Quentin

La la land est le troisième film de Damien Chazelle. Le jeune réalisateur américain revient après son très réussi et acclamé Whiplash. Le film nous contait le parcours d’un jeune batteur de Jazz voulant atteindre les sommets. La réalisation nous proposait un habile mélange entre la quête des rêves, leur poursuite et leur possession mais également une relation conflictuelle entre un professeur et un élève. Une relation lorgnant parfois même dans  l’intime avec un professeur s’immisçant dans la vie de son élève.

On découvrait alors des thématiques qui étaient chères au réalisateur avec la relation bilatérale et gravitationnelle entre deux individus, la quête du rêve, ou encore le monde de la musique jazz.

Ce combo qui avait su porter Whiplash au sommet des marches du 7° art en 2015, va-t-il être remis en jeu dans le nouveau film de Chazelle ?

Damien Chazelle repart avec exactement le même cocktail pour un film nous racontant l’histoire d’une relation intime entre un passionné de jazz et une actrice en devenir. Le premier rêve d’ouvrir son club de jazz là où la seconde rêve de devenir actrice. La quasi intégralité du film se déroule dans le milieu du jazz.

Néanmoins, le fait d’avoir les mêmes ingrédients nous dispensent-ils le même film ?

Non, Damien Chazelle s’éloigne de manière catégorique de son drame Whiplash en nous servant ici une comédie musicale. Il garde donc ses thématiques phares et va alors essayer de les réinventer en mettant en avant de nouveaux codes.

On peut alors se demander comment le réalisateur parviendra-t-il alors à tenir éveillé et captivé une salle de cinéma entière durant 2h10.

Pour cela dans un premier temps, il va s’entourer d’un casting pour le moins inattendu pour ce type de productions mais pour le moins pertinent avec Emma Stone (The Amazing Spider Man) et Ryan Gosling (Drive, Only God Forgives).

Les deux sex-symbols de Hollywood réunis dans une comédie musicale, il y a de quoi parvenir à rassembler la nouvelle génération, suivant les productions de ces deux acteurs et les générations plus âgées cherchant un véritable renouveau au concept de comédie musicale en retrouvant la grandeur de films comme West Side Story, The Rocky Horror Picture Show, Dancer In the Dark ou encore Grease par exemple.

Damien Chazelle va alors prendre le pari fou de ne pas monter une comédie musicale orientée vers les musiques actuelles comme l’avaient fait les films précédemment cités. Il veut monter une comédie musicale jazz.




Le jazz, musique ayant connu une très grande popularité au cours des années 50, a perdu au cours des décennies la quasi totalité de son public, devenue musique élitiste pour une petite communauté d’aficionados ou bien musique évolutive se tourant aujourd’hui vers des artistes comme John Legend. On se retrouve même avec des festivals de jazz où on peut désormais trouver des artistes comme Texas, Massive Attack, Deep Purple ou encore même Slayer en tête d’affiche. Les artistes de jazz commençant à se raréfier ou tout simplement à s’éteindre.

Chazelle parie donc sur une musique ne disposant plus d’un véritable public ni auditoire. C’est donc un pari risqué mais pour le moins fascinant qu’il va nous proposer.

Le réalisateur va alors prendre une approche relativement moderne de la comédie musicale où les scènes de cinéma classique et les scènes de cinéma dansées ou musicales sont parfaitement équilibré. Nous ne sommes pas écrasés par la pré-domination des chansons ce qui peut arriver dans une grande partie des comédies musicales actuelles.

En ce qui concerne, la bande son qui est un argument de taille dans le cadre de ce genre de productions, nous sommes face à une très grande bande originale. Tous les morceaux sont de très grande facture, on assiste à une véritable farandole de morceaux cultes à en devenir. Chacun des titres parvient à procurer toutes sortes de sentiments allant de la joie, de l’euphorie , à la tristesse ou encore la mélancolie.

Les morceaux sont composés par Justin Hurwitz, nouveau compositeur d’Hollywood qui avait déjà su se faire repérer dans Whiplash.

Après la performance délivrée dans La la land soyez certain qu’on entendra reparler de lui dans les années à venir.

De plus le film aborde les parcours de vie dits « alternatifs ». Les deux personnages principaux, ne voulant pas vivre de métiers ordinaires, ils sont à la recherche de métiers artistiques. Ils sont à la poursuite de leur rêve, à la recherche d’un idéal de vie.

On nous présente leur parcours, leur vision du monde, leurs doutes, leurs ambitions ou bien même leurs déceptions.

Les personnages vont suivre leur rêve, quoiqu’il arrive, le film étant en cela plus l’histoire de deux personnes suivant leur idéal qu’une romance orientée sur le couple. C’est une romance de la vocation, du destin.

On nous y présente également la solitude de certains artistes avec le rôle de Gosling. Ces personnes s’accrochant corps et âmes à leurs passions et ne trouvant personne partageant leurs idées, leur sensibilité. Son personnage est en quelque sorte la transfiguration du réalisateur. Cet homme donnant tout pour la reconnaissance de la musique jazz, sa renaissance. L’acteur dit d’ailleurs lors d’une des scènes introductives «  Je renaîtrai de mes cendres tel le Phoenix. » On comprend alors très vite que l’acteur est la personnification même de la musique Jazz et lorsque ce dernier sera au firmament alors le jazz pourra enfin renaître.

Le personnage de Gosling est alors très bien détaillé, mis en place et remis en contexte. Nous pouvons parfaitement nous approprier le personnage, comprendre ses choix , ses décision et ses intentions. Chazelle parvient alors à structurer un personnage complet autour duquel tout un chacun pourra s’identifier, s’émouvoir.

Quant au rôle de Emma Stone, il est surement ce en quoi le film pêche. On ne sait que peu de choses sur ce personnage. On ne comprend pas forcément toutes ses décisions. Le personnage se trouve parfois même superflu. On ne connaît pas son parcours, sa véritable passion. Est elle passionnée du métier d’actrice ou est elle passionnée par la gloire ? Quelle est la force la poussant à avoir cette obstination ?

Le personnage est néanmoins joué à merveille par Emma Stone. Cependant son schéma scénaristique n’est pas assez développé, donnant un personnage énigmatique par moment.

Elle rappelle par moment le rôle de Jesse jouée par Elle Fanning dans The Neon Demon de Nicolas Windng Refn. Néanmoins, le film de Refn avait été réalisé dans le but d’être mystérieux, énigmatique et mystique contrairement à La la land étant destiné à être un film honnête et explicite envers son public.

On pourra d’ailleurs remarquer des coloris et des prises de vues rappelant le cinéma de Winding Refn que cela soit dans le choix des couleurs criardes tirant vers le rouge, le violet, ou encore le bleu. Cet éclairage parfois tout en néon, donne une véritable touche stylistique.

On se sent aspiré, happé par la mise en scène, la mise en musique et le jeu des acteurs. Le film est réellement hypnotisant.

Chazelle utilise des couleurs très vives et claires pour les habits des personnages, en particulier pour l’actrice principale nous rappelant l’âge d’or de la comédie musicale hollywoodienne et la surpassant en de nombreux points. Un véritable coup de maître esthétique. Mention spéciale à la séquence de clôture nous rappelant à la fois l’esthétique de Refn mais aussi l’ingéniosité d’un certain Michel Gondry. La promenade au bord des quais parisiens est surprenante de virtuosité.

Les plans séquences quant à eux permettant de rentrer dans l’intimité du couple et des personnages, sont eux aussi stupéfiants.

Le film est alors une véritable bouffée de plaisir, une dose de bonheur. Chaque plan, chaque séquence prend l’aspect d’une petite friandise acidulée et surprenante.

La La Land sans révolutionner le genre entre de manière unilatérale et sans aucun détour au panthéon des grandes comédies musicales.

Sans aucun doute, le film fait parti des grandes productions, des grands succès critiques de cette nouvelle année 2017. Merci encore Mr Chazelle pour cette perle emplie d’euphorie.


Taz

 


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