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Just Cause 4 : le test !

 

 
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Posted 18 décembre 2018 by

 
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Entamée en 2006, la saga Just Cause poursuit son bonhomme de chemin en nous offrant ce Just Cause 4. Comme à l’accoutumée, c’est donc tout auréolé des acquis des précédents volets que nous revient le héros Rico Rodriguez, sans oublier d’apporter avec lui un joli lot de nouveautés. Mais cela est-il suffisant pour renouveler la licence ? Verdict dans la suite.

Pour les néophytes au fond de la classe, une petite présentation s’impose. En effet, au milieu de la montagne de jeux misant sur un open world toujours plus grand en oubliant d’offrir des choses à y faire, quelques titres ont su se faire une petite place au soleil, malgré l’ombre gigantesque des GTA. Parmi ces veinards, Just Cause a su se distinguer en misant principalement sur deux choses : un open-world toujours plus grand, et une ambiance misant à fond sur l’esprit des films d’action tendance nanars des années 80-90. Pour imager, on pourrait dire que Just Cause est un peu l’équivalent vidéoludique des Expendables au cinéma, à savoir un véritable défouloir imprégné de second degré et d’hommages à tout un pan du cinéma d’action. Pour l’aider dans sa tâche, Just Cause peut compter sur son gameplay faisant la part belle aux armes et à la destruction, sans oublier sa touche personnelle : un grappin greffé au bras de Rico et qui, combiné à son parachute et sa wingsuit, lui permet non seulement de se déplacer où bon lui semble par la voie des airs, mais également de donner vie à toutes sortes de cascades et réactions en chaine en accrochant divers éléments entre eux. Bref, vous l’aurez compris : au royaume des défouloirs, la licence Just Cause pourrait prétendre au trône, et ce n’est pas ce quatrième volet qui risque de changer la donne.

Après l’ambiance méditerranéenne de Medici dans le précédent opus, c’est dans l’atmosphère sud-américaine de Solis que nous emmène Just Cause 4. Un pays aux mille facettes où règne d’une main de fer le dictateur Espinosa et la Main Noire, une armée de mercenaires déjà croisée dans les précédents opus. Encore marqué par la mort de son père lors du troisième volet, Rico Rodriguez apprend ici que les travaux de son paternel ont en fait permis à Espinosa de créer une arme météorologique lui offrant le contrôle des orages, tornades et autres joyeusetés dont il n’hésite pas à faire usage sur son propre pays. C’est donc pour stopper cela et dans l’espoir de faire la lumière sur son histoire familiale que Rico accepte d’aider les habitants de Solis qui, dans un élan de rébellion, vont se regrouper en une Armée du Chaos prête à seconder ce cher Rodriguez dans sa quête.

Vous l’aurez compris : comme ses prédécesseurs, Just Cause 4 ne brille pas par son scénario qui ne servira qu’à nous offrir une galerie de personnages gentiment azimutés et surtout des missions incluant toujours plus de soldats à abattre, de cascades à effectuer et de bâtiments à détruire. Dit comme ça, on pourrait croire que Just Cause 4 est aussi répétitif que ses prédécesseurs, et oui, il faut l’admettre, c’est le cas, l’ensemble de la trame pouvant se résumer à libérer une région en effectuant des missions secondaires, puis lancer une mission principale qui demandera de se rendre à un point A et d’activer/désactiver/sauver/dézinguer les éléments A, B, C, D…  et ainsi de suite. Sauf que dans Just Cause, ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin et la façon dont vous l’arpenterez. Et à ce niveau, ce quatrième opus nous gâte puisque, outre un éventail toujours aussi large d’armes et de véhicules, ce sont les possibilités du grappin qui ont été revues à la hausse. Ainsi, outre la possibilité d’accrocher plusieurs éléments entre eux, le grappin est désormais assorti de divers accessoires activables comme bon vous semble (automatiquement ou via une pression sur la touche adéquate). Qu’il s’agisse du ballon d’hélium, du propulseur ou du treuil, chacune de ces joyeusetés peut être greffée à vos câbles de grappin et utilisée seule, mélangée à une ou aux deux autres, voir sa puissance réglée selon vos souhaits… Vous souhaitez envoyer un soldat sur orbite ? Attachez-lui un mélange de ballon et de propulseur. Des réservoirs d’essence à détruire simultanément ? Des combos treuil/propulseur bien placés font des merveilles. Sachant qu’en prime, il est possible de switcher à la volée entre plusieurs personnalisations du grappin, on vous laisse imaginer les réactions en chaine qu’il est possible d’effectuer au cœur même d’une bataille en laissant faire vos gadgets et la physique toujours aussi spectaculaire de la licence. Envoyer un blindé ennemi dans les airs au milieu du combat et le voir se crasher un moment plus tard sur ses collègues dans un torrent de flammes alors que vous partez à l’abordage d’un hélicoptère en plein vol, ça fait toujours son petit effet !

Toujours au rayon des nouveautés, les conditions météorologiques ont de quoi impressionner. Qu’il s’agisse des immenses tornades, des coups de foudre quasi-mortels ou des orages mêlant pluies torrentielles et vents à faire s’envoler les vaches, difficile de nier que leur présence n’apporte pas son lot de difficultés et demandera de revoir votre approche dans les combats, ou du moins dans les rares missions scénarisées où ils daigneront apparaitre. Car oui, malgré une mise en avant des conditions météorologiques par le studio dans les trailers, force est d’avouer que leur présence s’avère finalement un peu chiche, même si il sera possible de les déclencher à la demande après certaines missions-clés. En revanche, on saluera leur influence sur le maniement du parachute et de la wingsuit qui demanderont de redoubler de réflexes pour espérer se déplacer au cœur de la tempête sans finir dans un mur.

On touche d’ailleurs là à l’un des aspects les plus frustrants des Just Cause, auquel ce quatrième volet ne fera pas exception : les déplacements. Si les possibilités offertes par le combo grappin/parachute/wingsuit sont incroyablement grisantes, c’est du côté des véhicules que le bât blesse, leur nombre et leur variété n’ayant d’égal que la difficulté à les contrôler convenablement tant les réglages de conduite et d’adhérence semblent avoir été faits à la serpe. Combiné à la physique du titre, inutile de dire que votre véhicule finira souvent dans le décor ou sur le toit (pensez au grappin pour vous remettre sur vos roues pendant les missions), encore plus si vous avez la mauvaise idée de faire du hors-piste. On appréciera tout de même certains véhicules offrant des sensations de conduite tout à fait convenables, même si il faudra également composer avec des choix de contrôles toujours aussi étonnants.

En effet, si Rico est très facile à diriger dans les phases à pied et les fonctionnalités du grappin très intuitives, certains véhicules opèrent encore des choix pour le moins étonnant dans leurs contrôles. Par exemple, les avions vous demanderont d’appuyer sur les touches Carré/Rond (ou X/B) pour pivoter à gauche/droite, tandis que les hélicoptères privilégieront le joystick droit pour la même action. De quoi facilement s’emmêler les pinceaux, d’autant que les véhicules ne réagissent pas toujours au doigt et à l’œil.

Sur un plan plus technique, on reste dans les acquis de Just Cause 3 avec un moteur Apex qui fait des merveilles dans son domaine. Outre la distance d’affichage proprement bluffante, difficile de ne pas saluer la variété et la densité des environnements, l’immensité du monde de Just Cause 4 lui permettant d’offrir un large panel de biomes, allant des montagnes enneigées aux plages paradisiaques en passant par les luxuriantes forêts tropicales ou les déserts rocailleux, le tout secondé par un niveau de détails étonnant et des effets d’explosions et de particules très soignés. De quoi en prendre plein les mirettes à chaque instant de votre périple. On regrettera juste certaines textures indignes d’un jeu récent (mention aux étendues d’eau qui nous renverraient presque deux générations en arrière), sans compter des modélisations et animations de personnages qui prêteront souvent à sourire. Mais bon, disons que c’est le prix pour obtenir un monde aussi immense et bien plus fluide que son prédécesseur. En prime, les temps de chargement ont été largement revu à la baisse, les traumatisés de Just Cause 3 apprécieront ! Côté sonore, si les bruitages oscilleront entre le bon et le très bon, la musique s’en sort avec les honneurs en nous offrant une partition de haute volée qui accompagnera avec brio votre aventure et vos vols en wingsuit. On saluera également un excellent doublage VF, même si les puristes de la saga risquent de pester face au remplacement d’Emmanuel Gradi par Boris « Colin Farrell » Rehlinger pour la voix de Rico Rodriguez.

Au final, ce quatrième volet poursuit fidèlement le travail de ses prédécesseurs. Un monde plus grand, un Rico qui gagne en profondeur, un grappin et un gameplay propices à encore plus d’expérimentations, une ambiance toujours aussi barrée… Si certains défauts répondent encore présents, notamment une conduite très perfectible, les corrections et nouveautés de cet épisode permettent à Just Cause 4 de s’illustrer comme le meilleur volet de la saga.


NicoH

 


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