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Hacker : le test bluray

 
 
Overview
 

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Pays:
 
Titre Original: Blackhat
 
Durée: 133 min
 
Date de sortie: 18/03/2015 (salle) - 28/07/15 (vidéo)
 
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Posted 25 août 2015 by

 
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À Hong Kong, la centrale nucléaire de Chai Wan a été hackée. Un logiciel malveillant, sous la forme d’un outil d’administration à distance ou RAT (Remote Access Tool), a ouvert la porte à un autre malware plus puissant qui a détruit le système de refroidissement de la centrale, provoquant la fissure d’un caisson de confinement et la fusion de son coeur. Aucune tentative d’extorsion de fonds ou de revendication politique n’a été faite. Ce qui a motivé cet acte criminel reste un mystère. 
Un groupe de hauts gradés de l’APL (Armée populaire de libération chinoise) charge le capitaine Dawai Chen, spécialiste de la défense contre les cyberattaques, de retrouver et de neutraliser l’auteur de ce crime. 
À Chicago, le Mercantile Trade Exchange (CME) est hacké, provoquant l’inflation soudaine des prix du soja. 
Carol Barrett, une agente chevronnée du FBI, encourage ses supérieurs à associer leurs efforts à ceux de la Chine. Mais le capitaine Chen est loin de l’idée qu’elle s’en était faite. Formé au MIT, avec une parfaite maîtrise de l’anglais, l’officier chinois insiste pour que ses homologues américains libèrent sur le champ un célèbre hacker détenu en prison : Nicholas Hathaway.

Avis de Manu

Michael Mann, réalisateur majeur, phare (vous aurez compris, ici, on apprécie) de ces 20 dernières années. A son actif  Heat, Révélations, Le Dernier des Mohicans, Ali.

Véritable auteur, virtuose de la mise en scène et pionnier, il fût l’un des premiers à se tourner vers la HD pour donner « vie » à la beauté des scènes de nuit, Collateral. Pourtant, il y a déjà 6 ans, son Public Enemies faisait office de mouton noir dans une filmographie à toutes épreuves. La faute principale à un casting hors-jeu, Johnny Depp trop lisse, presque caricatural et Marion Cotillard qui faisait…du Marion Cotillard. En somme, supportable mais le résultat s’avérait désordonné. Après un passage par la sublime mais fulgurante série Luck, Mann revient donc au polar.

Sous couverture d’une histoire de piratage informatique, le réalisateur s’essaie au thriller-informatique. Ce hacking s’avère réussi malgré quelques bugs.

Détail qui a son importance, il faudra s’armer de concentration pour le commun des mortels. Non pas que le film soit compliqué, il est même précis sous ses voûtes informatiques mais le spectateur n’est pas pris par la main. Tout est expliqué mais cela va vite, les novices du hacking ne seront pas perdus mais pour cela il ne faudra lâcher aucun dialogue, au risque de trouver certaines séquences confuses.

Passé ce détail qui n’en n’est pas un, dès les premières minutes, Michael Mann confirme qu’il est et reste un fin observateur de notre monde et de ses composants. Il met en scène avec talent les possibilités infinies du hacking, les représentent physiquement (plan séquence du début) tout en les inscrivant dans un contexte actuel (post 11 septembre et société néo- capitaliste sont des points sous-jacents).

Mais là où les premiers bugs arrivent c’est quand il s’aventure dans les « dossiers » sentimentaux. Présents dans chacun de ses films, souvent intéressants et maîtrisés, ici, les dé-clics émotionnels ne semblent être qu’un faire-valoir à l’avancée de pans de son histoire. Pire, on est presque gêné par le côté vintage, presque forcé et trop facilement amené de la relation sentimentale. Ombre qui obture une certaine limpidité à Hacker.

L’autre erreur de programme serait sans doute sa fin, expédiée, pleine de tension et de virtuosité dans la mise en place de l’action mais presque improbable (désolé on ne peut pas spoiler), sinon crétine quand on ne comprend pas le parallèle poussé (flux humain et flux numérique) que le réalisateur tente de mettre en scène; osé. On peut alors passer outre, comme nous l’avons fait, mais pour d’autres cela met totalement fin à la crédibilité du long-métrage.

Passé ces éléments qu’on avait peu l’habitude de voir chez Mann, toujours proche d’un réalisme et d’un profond lyrisme, Hacker s’avère tout de même une belle réussite (désolé on a laissé notre objectivité dans la salle). Le réalisateur confirme qu’il n’a aucun équivalent pour filmer les scènes d’action (fusillades qui rappellent celles de Heat ou comment rendre dynamique le hacking, en gros, des traques…sur écran d’ordinateurs). Et quand le film s’inscrit lors d’autres séquences au plus proche de l’esthétique soyeuse du réalisateur (lumière, montage, son exceptionnel), de l’élégance (mouvements de caméra, cadres et focales travaillés avec précision) et d’une dextérité, d’une technique inégalées dans le genre, on retrouve les ingrédients qui font que le cinéma de Mann est unique.

Et si on s’autorise à penser que Chris Hemsworth sans être excellent, reste convaincant dans le rôle principal, alors oui, Hacker est plutôt recommandable.

Il difficile de croire que le film séduira le plus grand nombre, de part son postulat de vente, conjugué aux désirs premiers des spectateurs venus voir un divertissement léger, clair et efficace. Pour les autres, habitués du réalisateur et ce malgré quelques artefacts (faiblesse de certains pans du scénario notamment) le plaisir est de nouveau au rendez-vous, pas forcément total mais le plaisir de retrouver les principaux ingrédients de la percussion « mannienne » sont bels et bien présents, un retour en forme du maître, qui, s’il n’est pas parfait, s’avère plus que savoureux.

A l’ère du numérique on peut composer notre objectivité de 0, et du plaisir de retrouver le metteur en scène un peu perdu lors de son précédent film, d’un 1, majeur et grand vainqueur.

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Avis de Fabien




Six ans après Public Enemies, Michael Mann est de retour avec un thriller informatique de belle facture.

Mélange inspiré de virtuel et réel, le film illustre tout d’abord, via les images de synthèse et un montage parallèle nerveux (action/réaction), la vitesse vertigineuse à laquelle un virus numérique se propage, le flux impressionnant de données informatiques à travers la toile.  Le récit est un affrontement à coups de clics, de codes à distance sur différents terrains de jeu  (la plus belle scène est l’incursion dans le système informatique d’une banque au moyen d’une clé USB) avant des combats rapprochés, lourdement armés puis un mano à mano final lors d’une cérémonie balinaise à Jakarta, pugilat violent où le héros, délesté d’une technologie moderne, retourne à une sauvagerie primitive, aidé d’armes blanches, pour terrasser son ennemi.

Sont manifestes vitesse et précision (découpage au cordeau) dans ces scènes d’action d’une violence hyperréaliste filmées avec le talent légendaire de l’esthète Michael Mann (bel usage du numérique après Collateral et Miami Vice), toujours soucieux du réalisme des faits criminels et procédures policières dépeints dans ses récits policiers.

Nicholas Hathaway (le colosse Chris Hemsworth plutôt bon en hacker de génie) est un héros typiquement mannien, un super-professionnel jusqu’au boutiste et intrépide, maîtrisant l’art de la dissimulation et de l’attaque rapide. Ce hors-la-loi plutôt sympathique est opposé à un méchant retors, également un cador dans son domaine, un dangereux hacker au physique lambda qui pourrait être votre voisin, un touriste : la menace est anonyme, peut venir de n’importe où; le choix de ne pas montrer avant le dernier acte le visage du malfaiteur qui avance sournoisement, tapi dans l’ombre, les pièces de son échiquier, renforce la tension dramatique. Dans cet univers masculin dangereux et violent, l’adjonction d’une histoire d’amour avec une jeune femme asiatique (écho de Miami Vice) apporte quelques respirations sensuelles grâce à la mise en scène élégante de Mann, toujours efficace pour transcender une image ou une idée sur-utilisée grâce au découpage, un effet de ralenti ou un son, une musique.

Certainement moins intense que les excellents polars urbains Heat, Collateral qui ont fait la légende Mann, Hacker se révèle prenant grâce à l’exigence coutumière de son réalisateur dans l’exécution des scènes d’action et l’accumulation de rebondissements bien ficelés dans cette course intrépide qui conduit, pour notre plus grand plaisir, les personnages de Hong Kong à Manille en passant par Chigago pour contrer une menace numérique à l’échelle planétaire.

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Test blu-ray

Technique

Une image irréprochable y compris dans les plans nocturnes où Michael Mann utilise une nouvelle fois toutes les possibilités du numérique haute définition.

Une belle spatialisation en vf comme vo et un environnement sonore très travaillé notamment en basses fréquences.

Bonus

Trois mini-documentaires composent l’interactivité de cette édition blu-ray Universal :

« La cyber-menace » (13′) : ce sujet préoccupant est détaillé dans les multiples interventions de spécialistes, mathématiciens, consultants pour le FBI ou ancien hacker

« Sur les lieux du tournage » (9′) : est soulignée l’importance du choix de décors naturels comme la Malaisie, l’Indonésie ou Hong-Kong

« Créer la réalité » (17′) : recherches immersives, personnages très détaillés sur le papier, nombreuses prises disent l’exigence et le perfectionnisme de Michael Mann


Fabien Brajon

 


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