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China Girl : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

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Durée: 91 minutes
 
Date de sortie: 1987 Date de sortie médiabook : 03/09/2019
 
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Posted 29 août 2019 by

 
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Après L’Ange De La Vengeance et New York, 2h00 du matin, Esc revient dans sa ligne éditoriale avec un dernier film, China Girl de Abel Ferrara, pour conclure « Les Années Sauvages » du cinéaste. Il pose une nouvelle fois sa caméra en plein New-York, plus particulièrement dans les quartiers emblématiques de Little Italy et Chinatown. Un film fort dans la filmographie du cinéaste américain qu’il a durant de nombreuses années cité comme étant sa plus grande réussite.

Pour célébrer cette sortie, Esc nous propose une édition médiabook renfermant un livret ainsi que le film en Blu-ray et DVD.

Nous reviendrons au cours de cet article sur le contenu de l’édition Blu-ray.

Il se divisera en deux temps :

I) La critique de China Girl

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

L’avis de Quentin :

I) La critique de China Girl

Après nous avoir fait vivre l’ultra-violent Driller Killer, le perturbant L’ange De La Vengeance ou encore le crépusculaire New York, 2h00 Du Matin, Ferrara fait son come-back au cinéma, après une interlude télévisuelle dont le pilote de Miami Vice, pour le tragique et romanesque China Girl. Il revient dans les rues crasseuses de New-York pour nous raconter sa version néo-réaliste de Roméo Et Juliette. Il abandonne l’affrontement historique entre Montaigu et Capulet et les remplace par les communautés italiennes de Little Italy ainsi que chinoises de Chniatown.

Dès le démarrage du film, le réalisateur parvient à nous faire prendre conscience des enjeux géographiques des deux quartiers mitoyens ainsi que du fragile équilibre pour maintenir la paix entre les deux ethnies.  On prend plaisir à découvrir le regard touchant que porte le réalisateur sur ses deux quartiers et tout particulièrement Little Italy, qu’il a fréquenté durant sa jeunesse. Le quartier prend vie, on reconnait un dynamisme propre au cinéaste sachant rendre hommage aux villes, aux rues, aux murs défrichés tout comme aux caniveaux les incorporant à l’oeuvre comme des personnages à part entière, des intervenants dans les comportements des personnages.

Il transpose de la sorte avec brio la tragédie Shakespearienne au cœur des années 80, ne gardant que la structure initiale du récit pour la bercer dans un contexte culturel n’ayant rien à envier à l’époque de l’écrivain britannique. Ferrara n’a pas peur d’utiliser cette matière première, de la travailler, la couper, la fendre pour en faire apparaître un travail bien plus personnel qu’il n’y parait. Le réalisateur nous parle du cinéma qui l’a bercé, des oeuvres qui l’ont porté. Il conçoit de la sorte un mélange entre le western, le cinéma social mais également musical. L’ambiance de cette décennie est particulièrement bien retranscrite par les choix effectués concernant la bande originale prenant appui sur des morceaux d’heavy metal mais aussi d’autres incontournables comme le Walk This Way de Run DMC. Les scènes d’actions sont d’ailleurs tenues tambour battant par une double pédale rappelant fortement l’incontournable Overkill de Motörhead.

Ferrara, au milieu de cette décennie stylisée, développe l’opposition ethnique divisant les deux quartiers. On s’aperçoit très rapidement qu’en dehors leur couleur de peau, ou bien leur culture culinaire, que tout rassemble ses deux communautés agissant de manière similaire d’une point de vue hiérarchique et méthodique. Les manières de maintenir le quartier par la mafia locale qu’elle soit italienne ou chinoise repose sur les mêmes préceptes et modalités. Le long-métrage laisse d’ailleurs voir une dualité prenant naissance entre la génération à la tête de la pègre et la jeunesse voulant opérer sans l’accord de leurs aînés. On y découvre deux quartiers en plein conflit à la fois interne et externe, ethnique et générationnel avec une volonté de la petite frappe d’affirmer sa position sur leur propre quartier, le contrôler  afin de mieux conquérir les territoires rivaux, quitte à enfreindre les ententes tacites de leurs aïeux.




Le film parvient à prendre en compte la vie de manière intégrale au sein du quartier. Nous n’y voyons pas seulement la pègre et ce jeune couple tentant de subsister malgré leur appartenance à des communautés rivales. On nous y présente les citadins, les commerçants, les fêtes, les habitants des quartiers devant se frayer un chemin dans ce quotidien violent et sans pitié. Cette perspective permet de pleinement saisir les enjeux de chacun des protagonistes tout comme les pressions que tout un chacun exerce les uns sur les autres.

Le cinéaste pour l’une des rares fois de sa carrière donne à voir des personnages principaux loin de toute névrose ou folie meurtrière et où la démence ne fait qu’émaner d’une ville-personnage et de protagonistes victimes de ses rues, de cette crasse ou plus simplement de l’abandon étatique.

China Girl est en cela bien plus qu’une réappropriation du Roméo Et Juliette de Shakespear. En empruntant un chemin moderne à la croisée des genres, le film d’Abel Ferrara se magnifie et se transfigure désormais comme un incontournable du cinéma des années 80.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

Image :

Le master haute définition proposé par ESC n’est peut être pas le meilleur de la collection Ferrara mais s’en sort tout de même relativement bien. On pourra y noter un grain de pellicule présent laissant au film un charme suranné. Cependant, des poussières et points noires sont présents tout particulièrement lors de la scène introductive. Néanmoins, le contraste tout comme la colorimétrie ont été correctement paramétrées pour donner une nouvelle jeunesse à la copie tout comme un travail du piqué agréable offrant de reliefs réussis ainsi qu’une profondeur appréciable.

Note image : 4/5

Son :

Esc nous propose deux versions pour cette édition haute définition de China Girl :

  • Une piste anglaise 2.0 : La piste originale bien qu’avec un léger bruit sur certaines scènes ne recèle que très peu de défauts, laissant les voix prendre leur envol sans pour autant prendre le dessus sur l’environnement sonore. De véritables réussites sont également à noter tout comme lors de la scène de danse introductive ou bien lorsque Tony Monte s’allonge chez lui pour écouter de la musique. Les pistes ne saturent pas et offre une balance juste entre les aigus et les graves. Contrairement à la version française, les passages en chinois ne sont pas traduits permettant de laisser planer le doute sur les discussions de la triade, de manière fidèle à la sortie originale.
  • Une piste française 2.0 : La piste française bien que relativement bien équilibrée souffre d’un doublage faisant rapidement tourner le film à la farce tant les voix sont représentatives de l’ethnie des interprètes. De plus les passages parlés en chinois ont été traduits en français, retirant de manière totale les scènes où le doute parvenait à s’installer dans l’oeuvre. Une piste techniquement réussite mais ne rendant pourtant pas service au film.

Note son : 3,5/5

Suppléments :

Enfin Esc pour conclure notre voyage dans le cinéma de Ferrara et plus particulièrement celui initié par China Girl, nous propose deux suppléments :

  • Scènes commentées par Brad Stevens : Le spécialiste d’Abel Ferrara revient sur des scènes clés du film et déconstruit la manière de travailler du cinéaste américain tout en apportant de nombreuses clés. Il revient sur les films et genres ayant influencé le réalisateur dans la constructions des séquences et plus globalement de l’esprit du film. On retiendra tout particulièrement l’analyse de la séquence d’ouverture en plein Little Italy. Un supplément pertinent qui saura éveiller la curiosité et creuser ce China Girl qui est en réalité bien plus complexe qu’il n’y parait.
  •  Entretien avec Olivier Père: Le directeur du cinéma chez Arte revient sur la place particulière de China Girl dans la carrière du réalisateur et met en avant le tremplin que ce dernier a opéré dans sa carrière. Il prendra une quinzaine de minutes pour révéler de nombreuses anecdotes mais également analyses de l’oeuvre pour profiter des dix dernières minutes et se consacrer de manière plus globale à la filmographie de Ferrara.

Note Suppléments : 3,5/5

ESC avec cette trilogie « Les Années Sauvages » rend un bien bel hommage au cinéma d’Abel Ferrara. On prend plaisir à redécouvrir ces œuvres parfois méconnues et qui méritent pourtant une place de choix dans le septième art. En somme, l’éditeur français parvient de manière réussie à faire entrer trois œuvres phares du cinéaste dans l’ère de la haute définition.


Quentin Tarantino

 


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