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Posted 19 avril 2009 by zast in Interview
 
 

Interview de David Morley pour le film Mutants


Pour la sortie en salle du film Mutants de David Morley, nous vous proposons notre interview du réalisateur.

Comment êtes vous rentré dans le cinéma ?

En fait j’ai fait une école privée de cinéma puis j’ai commencé à être assistant sur plusieurs courts métrages. Parallèlement j’ai produit mon premier court métrage « Domino cass crad » qui est une petite parodie en noir et blanc. J’avais dû demander de la pellicule à toutes les personnes que je connaissais, utiliser une vieille caméra,…
Grâce à ce cours j’ai rencontré un producteur qui a accepté de produire mon second court et ainsi de suite. C’est un parcours classique pour un réalisateur. Pour moi le court métrage est la meilleure façon d’apprendre son métier en faisant des petits boulots en parallèle. J’ai l’impression que c’est la phase d’écriture qui est la plus difficile à apprendre. Comprendre les petites ficelles de la dramaturgie, c’est un métier à long terme. C’est un peu comme le golf. Quand on commence et qu’on a les bases c’est facile,  après il faut des années, presque toute une vie pour maitriser son swing. J’ai l’impression que c’est un peu ça aussi l’écriture.

 

 

Qu’est ce qui vous attire dans les films d’horreur ?

En fait c’est un peu bizarre parce qu’on est venu me chercher après le prix que j’avais remporté ici à Gérardmer en 2005 et on m’a proposé de faire un film d’horreur. J’ai donc proposé cette histoire de mutants parce que je suis fan des zombies de Romero. Je suis entré dans une phase d’écriture.
Le film d’horreur pour un premier film c’est une bonne expérience parce que l’on apprend plein de choses. On est obligé de toucher à plusieurs facettes du  métier comme l’aspect visuel, l’image, l’ambiance sonore, les effets spéciaux,
J’adorerai faire une comédie mais je suis certain que c’est un exercice très difficile.


Vous adorez Romero ?

En fait ce que j’adore chez Romero ce sont ses critiques de la société. Je pense surtout à « Zombie  » car c’est mon préféré qui contient cette critique de la société de consommation.
Moi pour  » Mutants », je me suis intéressé au couple. Je ne voulais pas plein de personnages centraux. Je voulais faire évoluer un couple dans ce contexte, le voir s’éloigner, se déchirer. Je  me suis inspiré plus du court métrage  » Les femmes organiques  » de Kronenberg que des films de zombies.

 

Comment avez-vous choisi les deux acteurs principaux ? Vous les connaissiez avant ?

Pas du tout, quand j’écris, je ne pense jamais à un comédien. Donc je n’avais pas du tout pensé à Helene et à Francis. C’était suite à des discussions avec la directrice de casting que  j’ai rencontré Helene. Elle avait vu mon travail et elle était très enthousiaste. Elle adore les films de genre.
Je voulais un couple original sans savoir avant si entre elle et Francis tout irait à l’écran.

 

Il valait mieux que le couple fonctionne…

Oui, ce sont eux qui donnent la tonalité et l’âme du film. C’est vraiment eux deux qui l’ont porté, dans leurs échanges et ce qu’ils ont pu partager. C’était génial de bosser avec eux. Pourtant je ne les connaissais pas avant mais ils m’ont fait confiance et tant mieux pour moi.

 

 

C’est une manière de vendre le film à l’étranger, cette espèce de thème universel…

Il y a des côtés qui peuvent toucher, à la fois chez les adultes et chez les gens un peu plus jeunes. Le film s’appelle  » Mutants  » et le public s’attend à plein de bestioles mais en fait il y a autre chose dans le film.
 

 

Par rapport à l’écriture et ce que l’on voit à l’écran, il y a eu beaucoup de changements ?

Il y a eu beaucoup de phases d’adaptation en fonction du budget et des lieux de tournage.  De toute façon un scénario c’est un objet très mouvant et rien n’est figé. Il y a eu quelques changements en cours de tournage, on a réadapté des lieux, des dialogues ont été modifiés, réécrits, des scènes supprimées ou d’autres améliorées. Dans un film il y a des scènes qu’on adore mais qu’on est obligé d’enlever avec un pincement au cœur car c’est le long métrage qui dicte le rythme.




 

Je reviens sur l’aspect technique, c’est plus ou moins un huit clos. Pourriez-vous nous parler du lieu ?
 
On a tourné dans un sanatorium, un endroit magnifique et par chance très bien conservé. C’était un endroit magnifique.

 

 

Quand on a battis une petite équipe autour de soi, j’imagine que lorsqu’on se lance dans son premier long métrage vous aviez plus confiance ?

Pour moi ce sont des piliers important parce que l’on adore travailler ensemble. J’apprécie des personnes comme Olivier ou comme Nicolas Massard le chef operateur ou même tous les chefs de poste qui travaillaient pour le film et ça c’est magique. C’est bien de savoir qu’on peut se reposer sur ce genre de talent. Quand ces personnes jugent que quelque chose n’est pas bon pour le film, ils respectent le fait que le réalisateur décide à la fin. C’est très sain cette façon de travailler. On a vraiment des personnes de talent en France, des gens qui savent travailler, qui savent s’investir.

 

On a un peu l’impression que les gens dénigrent les films français…

Cette question revient très souvent. Il y a quelque chose qui me rend un peu triste quand on va sur des forums. La plupart du temps les spectateurs partent battus d’avance parce que c’est français alors qu’à l’étranger, eux trouvent que ça bouge beaucoup dans notre pays. D’ailleurs  le film Frontiere(s) a fait un carton en Italie.  Est ce un problème franco-français ? D’où vient-il ? Pourquoi ?  Je ne sais pas si c’est une question de budget.

Cela fait trois fois que vous venez à Gérardmer : deux fois pour des courts métrages, puis maintenant pour un long métrage, êtes-vous heureux de venir ?

Ça me fait plaisir, ça fait la troisième fois que je participe au festival de Gérardmer. La première fois c’était en 2005 avec un court métrage. J’ai envie de dire que c’est mon festival préféré. L’année dernière j’étais venu avec  » Morsure » et c’est assez particulier parce qu’à l’époque j’avais terminé le tournage de  » Mutants « .
Je tournais Morsure pendant la préparation de Mutants afin de faire le bouclage financier du film.
C’était un peu comme une bande démo afin d’essayer des choses pour mutants, tester des choses sur les maquillages, les effets spéciaux et commencer à former le noyau dur de l’équipe.
Il s’est avéré que ce court métrage a eu sa propre vie et a beaucoup tourné en Festival (dans une trentaine) surtout à l’étranger.

 

Vous pouvez retrouver notre interview de l’actrice principale HELENE DE FOUGEROLLES du film Mutants en cliquant ici

Remerciements à Tristan Tramoni  de CTV

Cet entretien a été réalisé lors de la 16ème édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer par Stéphane Humbert et Alex Vasiljkic.

Photos de Rachel Humbert.

Retranscription de l’interview par Cloud.


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