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Posted 7 juin 2016 by Fabien Brajon in Festival
 
 

Conférence de presse de The Neon Demon au 69e festival de Cannes

Vendredi 20 mai, le réalisateur Nicolas Winding Refn, accompagné notamment de sa jeune actrice Elle Fanning et de son compositeur Cliff Martinez, était face à  la presse pour évoquer son nouveau film en compétition The Neon Demon.

Avec ce nouveau long métrage situé dans le milieu de la mode à L.A, « un monde palpitant, très intéressant mais qui fait peur », NWR trouve qu' »il y a quelque chose de merveilleusement pervers quand on sexualise tout ce qui nous entoure; avec Neon Demon qui est assez ironique, nous avons atteint une sorte d’homo-érotisme, un sommet dans la sexualité masculine ».

Au sujet de son interprète principale, Elle Fanning, 16 ans à l’époque du tournage et dans le milieu du cinéma depuis l’âge de 2 ans : « J’avais l’impression qu’elle était parfaite ».

La jeune actrice vue dans Somewhere et Super 8 a trouvé « intéressant d’explorer le côté sombre de Jesse (son personnage) » qui « ressemble un peu à Dorothée en quelque sorte; elle est très innocente, elle est comme parachutée dans ce monde de mannequins, elle écarquille les yeux et ose à peine croire ce qu’elle voit ». Pour Elle Fanning, L.A  est « une ville fascinante qui vous aspire en quelque sorte, vous accapare ».

Puis Nicolas Winding Refn évoque l’idée du film : « l’obsession de la beauté, une préoccupation universelle ». Il ajoute: « la beauté n’est pas tout mais c’est tout ce qui compte ». Et précise ses intentions : « nous avons fait un film de réalité augmentée, on a montré tout ce qui est vulgaire, beau, extrême, il y a cette terreur et cette beauté, le sexe et la violence, c’est très primaire. L’instinct joue un rôle très important dans le film ». Il résume ainsi The Neon Demon : « nous avons en fait raconté un film de conte de fées, un film d’horreur pour les adolescents, il fallait que le film parle le langage de la contre-culture ».




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Son fidèle collaborateur, le compositeur Cliff Martinez prend ensuite la parole pour parler d’utilisation de  la musique qui, selon l’enseignement de Steven Soderbergh avec qui il a souvent travaillé (Traffic, Solaris, Contagion), doit être rarement utiliser pour reproduire quelque chose que l’on voit à l’écran :  » j’ai voulu créer une sorte de contre-équilibre avec la musique; les images sont dans le dialogue et la musique doit être une sorte de contre-poids ». Il conclut : « avec la musique j’ai essayé chaque fois de faire des choses un peu inattendues ».

Nicolas Winding Refn ajoute que « la musique de Cliff fait partie de l’existence même du film ». Le réalisateur danois révèle qu’ils se sont inspirés de la musique de Giorgio Moroder, une musique des 80’s post-disco, une sorte de musique punk alternatif , « avec un rythme qui nous intéressait ».

Au sujet des femmes qui tiennent, chose nouvelle dans son cinéma, le premier rôle, NWR assure que « les femmes priment dans le film, tout le reste est secondaires; les hommes montrent la peur, la maîtrise de la peur, ils sont prédateurs mais en fait ils sont tous dominés par les personnages féminins car ce sont les femmes qui leur permettent d’être prédateurs, de maîtriser, de contrôler, d’être le copain avec un grand coeur ».

Puis le réalisateur de Drive évoque la fameuse scène de la morgue, tournée dans une vraie morgue à L.A : « la scène de nécropholie est devenue une sorte de symbole du film ».

Dans The Neon Demon, la beauté et la mort sont étroitement liées pour lui : « ce qui est intéressant dans la révolution numérique actuelle est que la mort et la beauté se rejoignent car c’est artificiel, car dans le monde virtuel on peut modifier l’apparence de quelqu’un et ce que l’on voit n’est pas la réalité, ça veut dire que c’est mort; c’est vraiment l’essence du film le fait que  la mort et la beauté s’unissent aujourd’hui par la révolution numérique ».

Cinéaste rockn’roll provocateur dont la radicalité et l’outrance de son dernier film va forcément diviser, Nicolas Winding Refn conclut : « la créativité suscite des réactions, les réactions c’est l’essence même d’une expérience ».


Fabien Brajon