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Posted 11 janvier 2009 by zast in Interview
 
 

Interview de Kôji Yakusho


Kôji Yakusho est un acteur Japonais que vous avez pu voir dans le film Babel de Alejandro González Iñárritu, Mémoire d’une geisha de Rob Marshall, Cure de Kiyoshi Kurosawa, …

 

Pour Walking my life du réalisateur Satoshi Isaka, aviez vous rencontré des personnes atteintes d’un cancer ?

Kôji Yakusho : Oui bien entendu, je me suis renseigné sur le cancer du poumon. J’ai étudié via internet, ce qui serait le plus propice pour le film. Le problème du cancer du poumon ne touche qu’un organe. Et j’ai construit le personnage comme cela.

Les différents symptômes étaient ils présents dans le scénario ou est ce vous qui les avez fait choisi ?

Kôji Yakusho  : Je les ai choisis et ce n’était pas indiqué dans le scénario.

Le personnage choisit de ne pas se soigner. Est-ce à votre avis une sorte de courage ou une sorte de lâcheté ?

Kôji Yakusho  : C’est une question de conscience humaine. Ce n’est ni du courage ni de la lâcheté. Je me suis posé la question pendant que je jouais le personnage. C’est un refus du combat. Si il avait voulu un traitement, ce sont ces amis qui auraient été le voir. Lui, il a préféré dire adieu en allant les voir. Il a fait comme les éléphants. Lorsqu’ils sentent qu’ils vont mourir, ils quittent le troupeau. C’est ce qu’il a fait en allant voir tout le monde pour ensuite retourner vers sa famille. Je me suis demandé ce que j aurai fait moi-même. Je trouve que c’est digne ce qu’il a fait.

 

 

Pensez vous que le film représente la famille typique ?

 




Kôji Yakusho  : C’est une famille idéalisée. Il a une maitresse, il n’en fait qu’à sa tête en étant égoïste et tout le monde le respecte. Dans la réalité ce n’est pas exactement comme cela.

Donc dans la réalité, il n’y a pas de maitresse au Japon ?

Kôji Yakusho  : (rire). Si si il y en a. D’ailleurs au Japon, les femmes n’étaient pas d’accord avec le personnage qui aime sa famille et qui a une maitresse.

Vous avez tourné des films d’auteur et des films commerciaux. Abordez-vous les rôles de la même manière ?

Kôji Yakusho  : C’est la même chose. Je les prépare avec la même passion. C’est plutôt au niveau du scénario que je dois travailler plus. J’aime passer d’un film commercial à un film d’auteur car dans ce dernier, l’auteur veut faire partager son univers à un public restreint et dans l’autre cas, c’est pour un public plus large. Je participe au maximum dans les deux cas. C’est vraiment intéressant d’alterner.

 

Vous avez beaucoup tourné avec Kiyoshi Kurosawa. Pourquoi ?

Kôji Yakusho  : J’aime ses films et les personnages qu’il décrit. Lorsque je lis ses scénarios, il y a quelque chose en moi qui me donne envie. Il a du talent pour faire déplacer mes frontières. Les plateaux de tournage sont aussi très biens, ils sont calmes et agréables.

Quels sont vos prochains projets ?

Kôji Yakusho  : Les deux derniers films dans lesquels j’ai joué en tant qu’acteur ce sont Tokyo sonata de Kiyoshi Kurosawa et dans le film Paco and the Magical Book de Tetsuya Nakashima (réalisateur de Kamikaze girls). Mon prochain projet sera un film qui a pour titre Gama no abura dans lequel je serai acteur et réalisateur.

 

 

Entretien réalisé par Stéphane Humbert et Jean Christophe Guériau pendant le festival du cinéma asiatique de Deauville 2008.
Nous remercions le public system cinéma.

 


zast