Batman Arkham Origins : le test

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7

Alors que Batman Arkham Knight s’est dévoilé il y a peu, c’était l’occasion pour nous de se plonger plus en profondeur sur Arkham Origins, son prédécesseur. Sorti en fin d’année dernière, le jeu avait la lourde tâche de succéder à Arkham City, véritable chef d’œuvre du genre. En attendant que Knight viennent conclure la trilogie du studio Rocksteady, en avant pour un test de rattrapage de Batman Arkham Origins !

Si vous n’avez pas tiqué au mot « trilogie », il convient de s’attarder sur un point : si la saga Arkham a acquis un véritable statut de culte auprès des joueurs (fans ou non du Chevalier Noir), c’est avant tout grâce au talent du studio Rocksteady, en charge des 1er et 2e opus (Asylum et City). Néanmoins, et alors que le studio préparait Knight dans son coin, Warner Bros (détenteur des droits) a souhaité exploiter un peu plus le filon de l’univers Arkham en confiant la création d’un autre opus à un de ses propres studio, Warner Games Montreal. Ainsi naquit Batman Arkham Origins et son statut hybride auprès des fans, à mi-chemin entre préquelle (intégrée à la saga) et spin-off (à considérer comme un épisode à part).

Ce statut hybride se ressent d’ailleurs tout au long du jeu, pour quiconque a joué à Asylum et surtout City. En effet, Origins a beau ne pas être développé par Rocksteady, le studio a mis la barre tellement haute en terme de scénario, de mise en scène et de gameplay qu’il valait mieux pour Warner Games ne pas se planter, sous peine de subir les foudres des joueurs. Et de ce côté, il faut bien avouer que Origins reste dans la lignée de ses prédécesseurs.

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Graphiquement déjà, le titre est une beauté sombre et gothique de tous les instants, reprenant les acquis d’Arkham City pour les adapter à de nouveaux quartiers de Gotham.  Un Gotham toujours aussi bluffant dans sa direction artistique, à mi-chemin entre les comics, l’animé (celui de France 3 période Minikeums) et les films de Burton et Nolan. Si les extérieurs enneigés auront tendance à fortement se ressembler au point d’égarer régulièrement le joueur (merci la carte de la ville !), les intérieurs bénéficient en revanche d’un soin indéniable (si on laisse de côté un rendu des flammes qui aura tendance à agresser la rétine). Tout autant que le design sonore, dans la lignée des prédécesseurs même si l’on regrettera l’absence du côté épique de City. Les doublages ne sont pas en reste et c’est avec plaisir qu’on retrouvera les voix VF habituelles (Batman, Le Pingouin…) mêlées à des petits nouveaux (notamment un Joker rajeuni qui retrouve sa voix de The Dark Knight). Bref, vous l’aurez compris, côté immersion, ça en jette !

Tout autant que le scénario (d’une douzaine d’heures, environ) qui réserve son lot de surprises en revenant aux origines de Batman, qui rencontre ici certains adversaires pour la première fois. Toutefois, on émettra un gros regret sur Black Mask, initialement présenté comme l’antagoniste majeur de cet épisode et dont le potentiel retombe comme un soufflet dès lors que son identité est dévoilée. Et Origins de suivre alors la voie scénaristique de ses prédécesseurs sans apporter de réelle nouveauté, renforçant l’impression d’un Arkham Asylum 1.5 (City restant tout de même un gros cran au-dessus à ce niveau). De même, certains personnages pourtant inédits et/ou attendus (Deathstroke, Copperhead, le Chapelier Fou…) sont traités en-dessous du minimum syndical et sortiront de la saga aussi vite qu’ils y sont entrés. Dommage.

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Et cette impression de déjà-vu s’appliquera également au gameplay. Reprenant la recette de Rocksteady (dont l’efficacité n’est plus à prouver), Origins est certes tout aussi agréable à diriger que son prédécesseur, autant sur terre que dans les airs, mais l’on émettra paradoxalement un bémol. En effet, en offrant à Batman la quasi-intégralité de ses principaux gadgets et aptitudes dès le début de l’aventure, Warner Games gomme d’emblée la dimension initiatique qu’on était en droit d’attendre de cet épisode. Alors, certes, les habitués de la saga apprécieront, mais il faut bien avouer que la crédibilité en prend un coup niveau continuité (ex : l’accélération de grappin, à l’état de prototype au cours de City, est ici parfaitement fonctionnelle dès le début de l’aventure). Toutefois, le vrai bémol viendra du level design : si la qualité des environnements est excellente, il faut bien avouer que certains éléments (portes, surfaces destructibles…) sont souvent  difficiles à repérer. A tel point qu’on se surprendra régulièrement à rebrousser chemin en pensant avoir manqué un tournant, alors que la porte était pourtant sous nos yeux ! Heureusement, la vision de détective de Batman (sorte de vision à rayons X) permettra de palier à ce défaut, mais encore faudra-t-il acquérir le réflexe de l’activer. Dans un autre registre, on évitera pas des mauvais points liés à certains affrontements contre les Boss (dont un pompage honteux du duel de City avec Mr Freeze), où il sera impossible de ne pas sentir une forme de paresse de la part des développeurs.

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On pourrait s’attarder plus longuement sur les nombreuses qualités et quelques défauts de cet opus, mais l’essentiel est là : si on retrouve avec délectation l’univers des Batman Arkham, cet Origins manque cruellement d’originalité et de véritables nouveautés, tant scénaristiques qu’en termes de gameplay (à l’image de ces phases d’enquête un peu mitigées). Alors certes, le plaisir est au rendez-vous, mais il faut bien avouer que la magie n’est pas la même qu’avec les deux précédents opus. Cet Origins confirme donc son statut hybride : entre préquelle et spin-off, entre titre plaisant et très bon jeu, mais souffrant malheureusement de la comparaison avec les titres de Rocksteady, toujours seigneur en son royaume.

Batman Arkham Origins : le test
7