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Secret d’état : le test blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
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Genre:
 
Pays:
 
Titre Original: Kill The Messenger
 
Durée: 112 min
 
Date de sortie: 26/11/2014 (salle) - 26/03/2015 (vidéo)
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 30 mars 2015 by

 
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Une vérité incroyable se dessine : les rebelles du Nicaragua travailleraient directement avec la CIA pour introduire de la cocaïne aux Etats-Unis et l’argent résultant de ce trafic servirait à armer les milices des Contras que veulent soutenir les Etats-Unis. Pour faire exploser la vérité, Webb prend tous les risques et se rend au Nicaragua afin de soutirer des informations essentielles au baron de la drogue Norwin Meneses. Il écrit bientôt une série d’articles qui secoue l’Amérique tout entière…
Webb devient alors une cible pour les journalistes rivaux mais aussi pour les responsables du trafic : un véritable complot se trame contre lui…

Avis de Manuel :

Michael Cuesta est de ces réalisateurs qui oscillent d’un genre à un autre totalement opposé, un peu comme David Gordon Green, de L’autre rive à Pineapple Express (sic). Dans Secret d’état on ne retrouve aucune trace de ses deux et brillants premiers films, la claque de L.I.E et le poétique 12 & Holding ; non, depuis, Michael Cuesta est passé par la case producteur-réalisateur de série (Dexter, Homeland…).

S’il a gardé le savoir faire de ses débuts, l’intelligence et la finesse de L.I.E notamment, ce n’est plus exactement le même cinéma. Exit la note indépendante qui entourait les deux films cités. Secret d’état est le reflet simple mais efficace d’un thriller politique qui, malgré ses atouts, n’a pas la force d’un Les hommes du président dans la même catégorie.

Mais au final, on s’aperçoit que le propos n’était pas exactement centré de la même manière. L’histoire se dessine plus sous les traits d’un biopic que d’un film politique.

A ce jeu, le film est réussi. La mise en scène est académique mais efficace, peu d’esbroufe ou de tics dans le style démonstratif. Mais ce qui porte le film c’est surtout la prestation de Jeremy Renner, parfait dans la peau de ce journaliste qui cherchera jusqu’au bout à faire éclore la vérité. L’acteur est juste, sans en faire des tonnes, entouré par de nombreux seconds rôles dont chaque apparition reste un plaisir.

Secret d’état est parfaitement crédible et remet en avant une politique américaine, sale, qui a joué toujours et encore sur les deux tableaux. Ce n’est pas nouveau, n’a pas le goût d’un Oliver Stone (bon cru) mais à le mérite d’exister. Plus qu’une dénonciation (qui ne changera probablement grand chose, hélas) c’est un honnête film au regard de ceux qui se battent jusqu’au bout pour leur conviction, et un bel hommage aux journalistes d’investigation. Ne fera pas la une mais aura le mérite d’être publié.

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Avis de Fabien

Inspiré de faits réels, Secret d’état (Kill the messenger) fait partie de ses films précieux sur le beau et difficile métier de journaliste d’investigation, une réussite modeste mais notable dans le sillage de Les hommes du président ou Révélations.

Le secret d’état en question révélé par Gary Webb, le journaliste interprété par Jeremy Renner, implique la CIA dans le financement de la guerre menée au Nicaragua par des rebelles contre les communistes d’Amérique centrale dans les années 80. Incroyable, sous l’administration Reagan, l’argent de la drogue des gangs de LA a financé la guerre au Nicaragua, avec l’appui de la CIA. En 98 la CIA a publié un rapport de 400 pages qui reconnaissait son association avec des trafiquants de drogue. Au final Gary Webb aura payé cher le dévoilement de ce secret d’état.




Anti-spectaculaire, ce thriller fait le choix de se concentrer sur le travail méticuleux et difficile de ce journaliste d’investigation qui met à jour un secret d’état et les conséquences de la mise en lumière d’une telle affaire sur sa vie familiale comme professionnelle.

Scindé en deux parties, le récit se concentre tout d’abord sur l’enquête, le dévoilement de ce secret d’état, les répercussions immédiates dans la société, pour le gouvernement. Puis, dans une seconde partie, l’euphorie de la rédaction et de la famille du journaliste célébré pour un tel scoop retombe très vite : l’intégrité du journaliste et de l’homme sont remises en cause, les tentatives de décrédibilisation pleuvent. Le journaliste devient l’affaire : son passé est examiné par les journaux, son quotidien fait l’objet de surveillances. Webb va payer le prix fort pour s’être attaqué au gouvernement : ses relations familiales deviennent tendues, son journal prend des distances mais lui loin de se laisser abattre tente de contacter les témoins de l’affaire pour terminer cette histoire.

Très documentée (images d’archives à l’appui), cette ode au journalisme d’investigation, réalisée par un des artisans de la réussite de Homeland Michael Cuesta, est prenante grâce à ce parti-pris de rester coller au quotidien de Webb, avec précision documentaire durant la phase d’enquête puis avec intensité dramatique, même si cela est plus convenu, pour relater les conséquences d’un tel travail sur sa vie privée et professionnelle. Est appréciable cette recherche de réalisme où sont dévoilées les étapes d’une difficile enquête par un professionnel passionné par son travail et ses conséquences sur la vie de cet homme et son entourage au delà des considérations politiques.

Dans le rôle d’un homme pétri d’humanité, un professionnel qui croit en la nécessité d’un journalisme engagé et précis pour éclairer les consciences, Jeremy Renner livre une prestation très juste, un de ses meilleurs rôles.

Captivant, fort, ce Secret d’état mérite d’être connu par le plus grand nombre.

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Test blu-ray

Technique

Piqué chirurgical, contrastes solides, colorimétrie maîtrisée, le travail sur l’image, avec différentes sources argentiques et numériques, fait montre d’un grand professionnalisme.

Les deux pistes audios avec comme souvent une préférences pour l’anglaise 5.1 DTS-HD master audio révèlent une belle dynamique, un bon équilibre entre moments calmes et situations plus tendues.

Bonus

Les suppléments de cette édition hd Métropolitan comprennent une poignée de courts modules promos : Un casting d’exception (2′), Tournage en Géorgie (2′) et  Le crack en Amérique (3′), le plus intéressant avec un examen rapide de l’impact de l’enquête de Gary Webb sur la communauté noire aux USA en particulier et sur le pays en général et un hommage au métier de journaliste d’investigation. De plus, outre le commentaire audio de Michael Cuesta (réalisateur), plein d’infos, le disque comprend comme autres suppléments 5 scènes coupées (9′) dont une intéressante conférence de rédaction sous tension.


Fabien Brajon