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Quelques minutes après minuit : le test DVD

 
 
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Titre Original: A Monster Calls
 
Durée: 108 min
 
Date de sortie: 04/01/2017 (vidéo) - 09/05/2017 (vidéo)
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 9 mai 2017 by

 
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Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

L’avis de Manu

Juan Antonio Bayona ne livre que son deuxième long-métrage après L’Orphelinat qui l’avait vu « naître » sur la scène internationale et parrainé à l’époque par Guillermo Del Toro. Le metteur en scène espagnol n’avait réalisé qu’entre son premier long et Quelques minutes après minuit, The impossible (et quelques épisodes de séries) dont la rayonnement n’avait pas eu l’éclat de son premier film et ce malgré ses nombreuses qualités de mise en scène.

Là où certains ne verraient qu’un sentimentalisme poussif, J.A. Bayona lui, confronte en fait le spectateur aux affres humaines les plus profondes, sentimentales et effrayantes qui soit. Ce qui dans The Impossible pouvait passer injustement comme des effets tire-larmes n’est utilisé encore une fois ici qu’à travers une mise en scène d’une maturité étonnante et brillante. Dès les premières minutes il utilise et bouscule les codes du conte classique pour en développer son propre traitement et fond. La peur n’est ici pas le résultat d’une projection dans l’Imaginaire mais lié à une réalité tout autre, aussi, la Mort sera bel et bien le personnage démoniaque dont il faudra se débarrasser pour ancrer dans une réalité effrayante le passage de l’enfance à l’âge adulte.

Sur une structure dont la symbolique semble claire, « le monstre » apparaîtra 3 soirs afin de raconter 3 histoires pour en écouter ensuite une dernière, comme une allégorie d’étapes à franchir afin de survivre à l’impossible entre laisser peut-être partir quelqu’un et accepter dans un même acte de se (re)construire. Ce qui frappe le plus c’est la prise de risques de J.A. Bayona  de n’aller que sur un versant triste, dur et terriblement adulte dans le traitement de son personnage principal ; tous les codes sont brisés, les 3 « inter-contes » ne sont pas forcément manichéens au sens classique du conte et les réactions des personnages loin d’être conventionnelles.

Quelques minutes après minuit est un film très ambitieux, autant par ce qu’il tend à nous raconter que dans sa manière de faire, trop, peut-être pour certains. Sous les ombres dramatiques de ce qui est filmé, c’est avant tout un film très touchant, d’une tonalité très juste, loin des conventions, par la maturité, même dure parfois, de son propos. L’élégance de la mise en scène est dans chaque séquence, chaque idée (la voix off en VO du « monstre » interprétée par Liam Neeson n’a pas un hasard quand au détour d’un plan on aperçoit un des personnages « importants » dans le conditionnement et sens de l’histoire). L’interprétation est excellente, sans jamais prendre le pathos comme instrument de facilité pour un sujet pourtant très sensible. Se cache alors sous une notion passe partout de faux « bons sentiments » un film à l’intelligence rare, au traitement doux pour contrecarrer la dureté du fond. Pour au final, sur une très belle note, rendre peut-être plus légères les névroses enfantines de chacun. Cela rappelle d’ailleurs les débuts de Steven Spielberg, perdu depuis, là où J.A. Bayona semble prendre le relais s’il continue sur la même voie. Lacrymal certes, mais la justesse de ton et la pluralité de(s) sens du récit dans son kaléidoscope d’idées ne se perdent jamais et procurent un vrai moment de cinéma pour adultes et enfants.




Technique

Cette image SD délivre un bon niveau de détails y compris dans les scènes en basse lumière. Les deux pistes sonores déploient des basses puissantes (privilégier la VO pour la voix de Liam Neeson) et des effets variés.

Bonus

Ce disque Metropolitan propose tout d’abord deux commentaires audio, l’un avec le réalisateur et l’autre avec l’écrivain/scénariste Patrick Ness (vo).

5 scènes coupées (6′) avec effets parfois non finalisés suivent.

Puis, pour en savoir plus sur les coulisses du film, direction le making-of (20′) où l’on apprend en premier lieu que l’origine de cette histoire est un roman inachevé écrit par Siobhan Dowd que le romancier/scénariste Patrick Ness a repris. Ce documentaire contient des interviews de l’équipe, montre la performance en motion capture de Liam Neeson et dévoile le travail sur les effets visuels, mécaniques, pour donner vie au monstre. Le réalisateur Juan Antonio Bayona révèle : « Je crois que les histoires qui m’intéressent sont celles dans lesquelles on se rend compte de qui on est à travers le changement profond provoqué par une situation intense autour de la mort ».

Pour clôturer cette section suppléments,  la featurette Les dessous des contes (8′) propose les coulisses des histoires de ce beau film fantastique.


Fabien Brajon

 


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