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Logan Lucky

 
 
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Durée: 118 min
 
Date de sortie: 25/10/2017
 
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Posted 20 novembre 2017 by

 
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Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l’année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Le problème, c’est qu’il est en prison…

Avis de Fabien

Logan Lucky marque le retour de Steven Soderbergh au cinéma, 4 ans après Effets secondaires et un passage réussi au petit écran avec l’excellente série TV The Knick avec Clive Owen.

Film de braquage, comédie noire sont au programme de ce mix entre Ocean’s eleven pour le côté film de casse (auto-référence à la clé) avec casting plaqué or et Erin Brockovich pour le réalisme social derrière la couche de divertissement.

En Virginie Occidentale, deux frères qui ont la poisse veulent briser une malédiction familiale (beaucoup de disparus dans des circonstances étranges) en réussissant un casse lors de la fameuse course Coca Cola 600 sur le circuit de Charlotte. Ils décident de s’entourer du seul gars de leur connaissance qui sache faire sauter des coffres- forts : Joe Bang, un bandit peroxydé qui a les traits de Daniel Craig. Problème : il est incarcéré! Dans la phase classique de préparation du casse, ils vont recruter deux frères geeks un peu demeurés et d’autres complices. Si, dans Ocean’s eleven et ses suites, Soderbergh racontait les aventures d’as dans leurs domaines, ici pas de spécialistes de braquage (hormis la légende Joe Bang) et de grosses ressources financières pour exécuter le casse mais des idées et un sens de la débrouille chez ses deux américains moyens frappés par le chômage (Jimmy joué par Channing Tatum, viré de son job, doit gagner de l’argent pour avoir la garde de sa fille) ou blessés de guerre (son frère Clyde interprété par Adam Driver est revenu d’Irak avec un bras en moins) qui veulent sortir de la mouise et s’offrir un avenir meilleur.

Steven Soderbergh réussit un sympathique divertissement, avec un regard plein de tendresse sur les laissés pour compte, les oubliés de l’Amérique, des anciens militaires ou des ouvriers sans emploi qui se battent pour survivre et un savoureux ton sarcastique où le réalisateur égratigne pêle-mêle les univers des mini-miss, du sport business avec ses sponsors et des industriels pollueurs. On rit avec (et pas de) ses personnages, une fratrie de looser au grand coeur à la Coen dont Soderbergh croque parfaitement, avec une précision documentaire, relevé d’une touche d’humour malicieux, l’environnement, la Virginie occidentale.

Les acteurs ont l’air de s’amuser (mention spéciale à Daniel Craig, impayable perceur de coffre blond platine), nous aussi devant cette comédie policière signée Steven Soderbergh qui, si elle est assez prévisible et manque parfois d’un peu de rythme, s’avère très plaisante, par son ton, parfois touchante, très souvent drôle et la modestie authentique du projet (produit de façon indépendante, sans l’aide des studios) qui en fait, à l’image de l’histoire des Logan, son attrait.

Avis de Manuel

Ce petit malin et joueur de Steven Soderbergh, élevé dans les trames du cinéma indépendant, revient sur grand écran (après quelques séries, l’excellente The Knick pour l’exemple et autre téléfilm, Behind the Candelabra).

Malin, car joueur de thèmes et de genres. Si son dernier film Logan Lucky semble avant tout n’être que le frère redneck de son Ocean’s Eleven, c’est plus loin qu’il faut porter le regard pour voir dans ce thriller farceur un énième film du réalisateur qui se joue des à nouveau codes des genres. On peut également admettre qu’entre ces lignes une certaine objectivité n’est que partiellement de mise, à l’égard du regard qu’on porte sur la qualité intégrale de l’ensemble de la filmographie du metteur en scène qui a toujours su aborder différents genres sous un angle unique en y apposant sa patte reconnaissable. Sans se répéter, il revisite dans les règles de l’art le film de braquage, pose en filigrane un regard critique sur ses personnages, reflets eux-mêmes de certaines valeurs de la société, voire de stéréotypes à désamorcer (de là à voir un clin d’œil à l’électorat « trumpien » qu’on prenait à la légère… ( ?) sic.). Même en prenant le risque de répéter la recette convenue de ses précédents films qui abordaient déjà le genre, Logan Lucky reste assurément malin, à tel point que la fin bien que téléphonée dans son twist, prend des allures de calques, mais difficilement trouvables. Pour un premier scénario (de Rebecca Blunt), c’est un très bel exercice dans le style.

Formellement on retrouve la grammaire de Soderbergh apparue depuis The Girlfriend Experience : cadres aérés, montage qui prend son temps, comédiens dirigés avec subtilité qui nous font voguer entre second degré et sérieux, avec cette frontière souvent invisible chez le cinéaste. On le retrouve (sous pseudonymes) à la photo et au montage, mais tant que le talent est là, rien à redire.

Le rendez-vous est donc pris, avec un plaisir certain, ambiance déjantée, second degré, où les apparences sociales et d’actions sont trompeuses comme chez le cousin Ocean. Ne pas y voir la facilité d’un scénario malin sans rien au-delà, Logan Lucky est plus que ça, une jolie démonstration d’un film équilibré, maîtrisé, avec un rythme, des pauses comme des accélérations, une ambiance, l’aspect psychologique de ses personnages, un tout en somme fait de plein de choses dont un casting, délicieux dans des rôles à contre emploi (la liste serait trop longue pour citer qui que ce soit, ils sont tous géniaux), en pleine exagération, dont l’hyperactif Soderbergh serait le pilote afin de ne rien laisser en conduite automatique. Une bien belle surprise, Logan Lucky en est une, assurément.


Fabien Brajon

 


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