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Le Sanctuaire et La Secte de Michele Soavi : le test blu-ray

 
 
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Titre Original: La Setta - La Chiesa
 
Durée: 102 min - 116 min
 
Date de sortie: 1989 - 1991
 
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Posted 20 juillet 2018 by

 
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Le Sanctuaire : Moyen Âge. Accusés de servir le Diable, les habitants d’un village sont massacrés par des chevaliers. Afin d’enrayer la propagation du mal, une église est érigée sur le charnier. De nos jours, lors des travaux de restauration qu’elle dirige, Lisa (Barbara Cupisti) découvre un parchemin dissimulé dans la paroi des sous-sols de l’église. Elle s’empresse d’en faire part à Ewald (Tomas Arana), le nouveau bibliothécaire. Imprégné des théories de l’alchimiste Fulcanelli, Ewald, bien résolu à percer le secret du parchemin, va, bien malgré lui, réveiller des forces obscures et malveillantes… qui bientôt vont se déchaîner en se propageant à tous ceux présents dans l’édifice.

La Secte : 1970, Californie. Une communauté hippie est massacrée par Damon (Tomas Arana) et les membres de sa secte. Vingt-et-un ans plus tard, Francfort. Tandis que des crimes rituels attribués à la secte des Sans-Visage ponctuent l’actualité, Miriam Kreisl (Kelly Curtis), jeune institutrice, manque de renverser un vieillard (Herbert Lom) au comportement étrange. S’il refuse de se faire soigner, il accepte en revanche de se reposer quelques heures chez elle. Curieusement, Moebius semble connaître la maison et fait part à Miriam d’une mystérieuse destinée. Bientôt, des faits étranges et sanglants se produisent dans l’entourage de la jeune femme.

L’avis de Margaux

L’éditeur Le Chat qui fume vient d’ajouter à la collection « exploitation italienne » deux films de Michele Soavi, Le Sanctuaire et La Secte .

Tout d’abord assistant réalisateur de Dario Argento, Michele Soavi se lance dans la carrière de cinéaste en 1987 avec l’excellent Bloody Bird; il enchaîne ensuite avec Le Sanctuaire (1989) et La secte (1991), tous deux proposés dans un tout nouveau master. Les deux films sont scénarisés et produits par Argento, Soavi s’inscrit clairement comme un digne héritier du Maestro de l’horreur italienne. Passionné tout comme lui par l’ésotérisme, Soavi réalise deux films très proches à l’imagerie baroque où violence graphique et poésie de l’image se côtoient. Influencé par le cinéma de genre italien des années 70, il expérimente la mise en scène pour donner naissance à un style unique.

Le Sanctuaire est une suite non officielle du Démons de Lamberto Bava, également produit et scénarisé par Dario Argento. Michele Soavi impose ici son style, sa patte. Il parvient à créer une atmosphère sombre et oppressante. Après une première partie moyenâgeuse mémorable par sa violence, le film se transforme peu à peu en huis-clos (le reste du film se déroulera à l’intérieur d’une immense cathédrale). Pas de personnage principal, ni de héros, c’est le lieu qui donne corps à l’intrigue. Le bibliothécaire que l’on suit au début disparaît dans cette seconde partie pour sombrer dans les griffes du mal. Les personnages ne sont ainsi que des prétextes aux apparitions démoniaques. En effet, les êtres maléfiques se manifestent, pour la plupart, par des hallucinations. Soavi se laisse ainsi aller à l’expérimentation visuelle.

La mise en scène hallucinante et hallucinogène nous fait ressentir la présence de ces démons : utilisation récurrente de la caméra subjective, prises de vue aériennes vertigineuses dans les décors, travellings en tout genre, décadrages, angles de vue improbables…. (le cinéma d’Argento n’est pas si loin). Certaines images marquantes, comme celle de la femme nue dans les bras d’une créature ailée, ajoutent à l’atmosphère un onirisme presque cauchemardesque tout droit sorti d’un tableau de Jérôme Bosch.

La bande son signée par Philippe Glass, Keith Emerson ainsi que par les Goblin donne un mélange assez détonnant et plutôt cohérent à l’ensemble du film. Le scénario parfois léger laisse cependant entrevoir une critique assez féroce de l’église dont ses défenseurs montrent autant de violence que les démons. Il faut voir pour cela le début du film où les chevaliers teutoniques ravagent un village et ses habitants. Il est d’ailleurs précisé que les nazis ont emprunté leur symbole (une croix), le rapprochement est aussi flagrant au moment où les cadavres sont jetés dans une fosse.

Le Sanctuaire est donc un film singulier, une œuvre originale à l’univers  gothique et fantastique.

La secte est un film beaucoup plus riche en terme d’intrigue, peut être même un peu trop. Une mystérieuse secte sévit avec des actes d’une extrême violence, le début du film s’ouvre sur le massacre d’une communauté hippie par les membres de ce groupuscule. L’intrigue se déplace ensuite pour se concentrer sur Miriam, une jeune institutrice, qui croise malheureusement la route de l’un de ces membres. L’évolution de l’histoire est un peu laborieuse; par manque de clarté et par le foisonnement d’événements, le film est un peu trop confus. Mais cela n’empêche pas Soavi de créer un univers visuel qui lui est propre.

Encore une fois, l’ambiance du film très onirique donne lieu à de belles séquences comme celle du rêve de Miriam par exemple. Le cinéaste apporte également de petites touches d’humour : un lapin un peu curieux devant la télévision change de chaîne avec une télécommande! L’utilisation de l’humour noir et de l’horreur va ainsi devenir sa marque de fabrique, c’est ce qu’il réussira particulièrement bien dans l’inoubliable Dellamorte Dellamore (1994), certainement son meilleur film.

La mise en scène de La Secte parvient tout de même à intriguer par son originalité malgré un scénario décousu.

En bref, il serait dommage de ne pas découvrir ces deux films de Michele Soavi et ce dans une qualité optimale.

Technique

Comme à son habitude (mais on ne s’en lassera pas), Le Chat qui fume présente ces deux combos Blu-ray/DVD avec un très beau design. Les nouveaux masters des deux films sont d’une propreté irréfutable. Les couleurs sont éclatantes en particulier sur La secte ce qui renforce l’onirisme planant sur le film. Pour le son, plusieurs pistes sont disponibles : français, anglais, italien en DTS HD 2.0. (la version anglaise est conseillée pour un meilleur rendu).

Bonus

Côté suppléments, c’est plus que généreux : on y trouve des entretiens passionnants avec Michele Soavi ainsi qu’avec différents techniciens du film. Pour La secte on retrouve des entretiens avec plusieurs membres de l’équipe technique comme le chef opérateur ou encore le scénariste. Pour Le Sanctuaire, c’est Asia Argento, alors petite fille pendant le tournage, qui revient sur son expérience du film.

En résumé, Le Chat qui fume offre deux bien belles éditions pour compléter sa collection ou simplement découvrir deux films intrigants et ambitieux.


Fabien Brajon

 


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