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Hangover Square : le test blu-ray

 
 
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Durée: 78 min
 
Date de sortie: 03/01/2018 (blu-ray)
 
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Posted 12 mars 2018 by

 
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Une histoire d’amour et d’obsession dans le Londre du tournant du siécle.

L’avis de Fabien

Cinéaste allemand ayant fuit le nazisme, John Brahm réalisa en Grande-Bretagne et aux USA dans les années 40 une trilogie de l’horreur avec Jack l’éventreur (1943), Hangover Square (1945) et Le Médaillon (1946).

Le sommet de cette trilogie informelle sans suite, Hangover Square, adaptation d’un roman de Patrick Hamilton (auteur de la pièce La corde adaptée au cinéma par Alfred Hitchcock), est centré sur un compositeur anglais, au début du XXème siècle, en proie à des absences au cours desquelles il se transforme en assassin incendiaire.

Tout le film est placé sous le signe de l’envoûtement (une chanteuse de bas étage met le grappin sur le héros pour lui faire composer des chansons populaires), de l’état second  (les nombreuses absences dramatiques du compositeur) avec cet être fracturé, au comportement schizophrénique : être une personnalité admirée /tueur incendiaire, écrire un concerto/des chansons populaires. Linda Harnell incarne, comme dans tout film noir qui se respecte (on pense à La rue rouge du génial Fritz Lang pour l’influence néfaste d’une femme fatale qui abuse de la crédulité d’un homme sans histoires), la tentation machiavélique : le monde du music hall, amoral et vulgaire vs la haute société, rassurante et raffinée où attend le héros, en désespoir de cause, une douce jeune femme.

Le trouble identitaire du personnage principal est traduit par une mise en scène virtuose : visions subjectives avec flous, plans superposés disent la perte de contrôle, le basculement dans la folie du géant fragile interprété par Laid Cregar. L’atmosphère londonienne avec brouillard, clair-obscur, le n&b hérité de l’expressionnisme allemand, ajoutent au mystère vénéneux du film.

Hangover Square multiplie les séquences opératiques comme la disparition d’un corps dans un immense bûcher pendant la nuit de célébration de Guy Fawkes et la séquence finale du concerto où le personnage, assailli de souvenirs, de visions, se consume littéralement pour son art. La musique qui a une place centrale dans le film est signée Bernard Hermann; le compositeur attitré d’Hitchcock se fera le spécialiste de l’illustration de la folie, de la double personnalité avec des sons stridents, des accords dissonants. Hermann a écrit, outre ce score brillant, le concerto de l’intrigue qui obsède le personnage principal, thème de l’obsession récurrent chez des réalisateurs comme Hitchcock, De Palma avec des oeuvres comme Vertigo ou Phantom of the paradise dont Brahm se hisse à la hauteur avec ce Hangover Square absolument remarquable à (re)découvrir d’urgence.

Technique

Fruit d’une restauration 4K, cette copie offre des images d’une netteté inespérée, avec des contrastes solides mettant en valeur la belle photographie. L’unique piste vo en mono 1.0 PCM est très convenable, avec une mise en avant du score d’Hermann.

Bonus

Cette édition blu-ray signée Rimini Editions propose 3 modules très intéressants pour compléter le visionnage de cette pépite du film noir : John Brahm à la folie ! (18′), une analyse du film par la journaliste Guillemette Odicino de Télérama;  Entretien autour de la musique de Bernard Hermann (28′) avec Stephan Oliva, pianiste, compositeur (la bo du film Les liens du sang) où ce fin connaisseur d’Hermann analyse piano à l’appui l’évolution de la musique du compositeur de Psychose; L’adaptation impossible (14′), focus par François Guérif de Positif sur l’auteur du roman d’origine Patrick Hamilton et son adaptation éloignée du matériau de départ centré sur l’alcoolisme du personnage principal. Enfin un livret de 32 pages par Marc Toullec accompagne le disque blu-ray.


Fabien Brajon

 


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