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Gatsby le Magnifique

 
 
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Titre Original: The Great Gatsby
 
Durée: 143 min
 
Date de sortie: 15/05/2013
 
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Posted 11 juin 2013 by

 
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Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Film présenté hors compétition au 66ème Festival International de Cannes

L’avis de Fabien

Après l’échec public et critique de l’indigeste Australia en 2008, l’australien Baz Luhrmann est de retour aux affaires avec une nouvelle version rutilante en 3D de Gatsby le Magnifique.

Avec sa sensibilité romantique, son style flamboyant, son art du décalage musical, Luhrmann ambitionne de moderniser stylistiquement l’histoire de F.Scott Fitzgerald porté plusieurs fois à l’écran notamment avec Robert Redford dans le rôle-titre en 1974.

Si dans Roméo et Juliette (1996), Luhrmann avait donné un sacré coup de jeune au texte de Shakespeare en le transposant de nos jours avec une bande originale pop-rock bien choisie et un magnifique duo de jeunes pousses, il colle au texte de Fitzgerald et l’époque des années folles, sa mise en scène survoltée et la musique hip hop de Jay Z et Beyoncé chargées de dynamiser cette histoire d’amour tragique ancrée dans un univers de luxe et une période d’insouciance.

Passée la première heure survoltée où le style tape-à-l’œil de Luhrman en mode Moulin rouge s’exerce à plein régime avec travellings furieux, montage hâché, couleurs clinquantes pour planter le décor privilégié des personnages principaux dans sa  reconstitution fastueuse du New-York des années 20, le film devient plus intéressant en développant l’histoire d’amour impossible entre Gatsby et Daisy (touchante Carey Mulligan) et le passé trouble du dandy. En se concentrant alors sur la personnalité mystérieuse de Gatsby auquel Leonardo Di Caprio apporte, outre un redoutable charisme, une part ténébreuse et insaisissable idéale pour le rôle le récit passe du vertige alcoolisé de la fête endiablée à  une mélancolie touchante liée à la désillusion amoureuse puis à la découverte amère de la vraie nature de proches relatée pr le narrateur/confident joué avec justesse par Tobey Maguire.

Trop figé dans son décorum clinquant, reconstitution d’époque à coup d’effets tapageurs et souvent de mauvais goût, Gatsby le Magnifique marque des points en se concentrant sur les tourments de son personnage principal, une sorte de Roméo Hugues, interprété avec classe et intensité par un formidable DiCaprio apportant un supplément d’âme bienvenue à l’imagerie bling bling de ce Gatsby où les fans de l’indécrottable romantique Luhrmann devraient être enchantés.

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L’avis de Manu Yvernault : 

Précision de coutume pour commencer. Le cinéma de Baz Luhrmann, pour ceux qui apprécient son travail, n’est pas le cinéaste à refaire forcément un remake de L’Aurore. En gros, on aime ou déteste son travail, qui d’ailleurs est à un film près (Australia) quasiment toujours le même. Narrer une histoire d’amour impossible entre deux êtres que tout oppose socialement.

Ensuite il convient de faire un petit retour en arrière quand Roméo & Juliette sortait sur les écrans, presque 18 ans déjà. A l’époque si cet OVNI cinématographique n’avait pas convaincu les plus grands cinéphiles, le film de Baz Lurhmann avait au moins pu séduire les regards d’adolescents. On pouvait en effet être subjugué par un cinéma classique et cinéphile et prendre une petite claque visuelle devant le culot proposé de cette adaptation.

On ressort de Gatsby avec l’étrange sensation d’un cinéma qui n’est pas foncièrement mauvais mais tout simplement plus le nôtre. La recette du réalisateur australien est quasiment la même, un début survolté (immonde d’ailleurs, comme à l’époque) où chaque plan des 10 premières minutes ne dépasse pas les 2 secondes maximum. Ce qui passait déjà mal dans Roméo & Juliette ne fonctionne pas mieux aujourd’hui. Dès ces premières minutes le réalisateur confirme ses limites. Il ne sait pas utiliser son décor et découper ses scènes. C’est donc par le même cache misère d’époque qu’il introduit son film. Tout débutait assez mal. Très vite on comprend également que la bande son sera là pour illustrer les séquences. Soundtrack « hyper » produite avec singles en mode « repeat », et bien sûr le single « Young and beautiful » de Lana Del Rey (pas si mauvais au demeurant)  répond à « Kissing you » de Des’ree pour l’adaptation shakespearienne.

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La direction d’acteurs est théâtrale comme dans tous ses films. Surjouée mais pas forcément ridicule une fois le concept adopté. Les scènes de « danses » sont brillantes, fastueuses, chorégraphiées au millimètre ornées de couleurs et lumières qui en mettent plein les yeux. L’histoire ? même schéma que dans ses autres films. Une scène d’un théâtre en 1996, un immense échafaudage publicitaire dans une mine, toujours à ciel ouvert. Presque un remake.

Recette donc connue et éculée, on passera sur le parallèle qu’on aurait pu faire avec Moulin Rouge.

Mais en adaptant le roman de Fitzgerald ce n’est pas la critique sociale de l’époque qui intéresse le réalisateur mais la propension du récit à lui laisser libre cours pour nous raconter ce qu’il nous a déjà proposé.

On savait presque à quoi s’attendre et le réalisateur ne dément pas. Le concept validé, soit une petite demi-heure plus tard, une certaine séduction opère cependant pour le spectateur le moins exigeant.

Si Gatsby, n’est pas du cinéma au sens classique, c’est avant tout un film spectacle. Et sur ce plan le film fait plus que recette.Toutes les séquences sont d’une grande réussite, des décors aux costumes, en passant par l’occupation des comédiens dans l’espace créé par le réalisateur, certaines séquences sont réellement bluffantes et d’une poésie «  pop », exactement comme Roméo & Juliet l’était à l’époque.

Non Gatsby n’est pas la purge annoncée, ce n’est pas non plus le film respectueux de l’œuvre originale qu’il adapte. On ne s’attendait pas à ça de la part du réalisateur. C’est avant tout un film séduisant graphiquement, avec une 3D assez soignée et très immersive où les comédiens réussissent à procurer des émotions au spectateur venu chercher les fruits du romance très légère.

Les comédiens sont tous convaincants, Leonardo DiCaprio fait cependant le minimum, on en attendait peut-être un peu plus de sa part, plus de subtilité après la haute performance de Django. Celle qui sort donc son épingle du jeu, c’est Carey Mulligan, qui va finir par être indispensable au 7ème art si elle continue de dégager autant de charme en parallèle de compositions toujours justes.

Gatsby est finalement le parfait résultat de sa mise en production. Un film paillette, visuel et sonore (trop !), bardé d’émotions, glamours, d’amours impossibles, qui cible un public large mais précis. Probablement plus jeune avec les mêmes défauts et la même réussite que son prédécesseur d’il y a presque 18 ans. Une vingtaine d’années où chacun a su faire grandir ses goûts et son rapport au cinéma ; c’est avec cette réponse qu’il convient de rentrer en salle pour accepter ou non la proposition de Baz Luhrmann, en version 2.0 cette fois. A défaut d’être admirable et magnifique, Gatsby invite au moins à passer une belle soirée éphémère en sa compagnie, avec la petite gueule de bois des lendemains de fête.

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L’avis de Chloé :

Déjà pour Titanic, Léonardo n’avait pas pu sauver le bateau du naufrage, ce n’est pas pour Gatsby qu’il a réussi cet exploit. Et malgré sa présence toujours aussi magnétique et gorgée de cette sensibilité torturée qui lui est propre, Gatsby de Baz Luhrmann se révèle n’être qu’une coquille vide.

En premier lieu, l’histoire ne propose aucune originalité et aucun rebondissement dramatique. Elle se déroule exactement comme le spectateur peut le prédire. La relation d’amour est fadasse et n’étincelle que dans une scène, celle des retrouvailles cocasses d’un DiCaprio dégoulinant et d’une Carey Mulligan toute en retenue. Mais dans le fond, on ne ressent aucun amour. Le film en est privé. Cela est vraiment dommage car certains personnages en tant que tels, notamment Gatsby lui-même ou encore le personnage de Nick, ont un superbe potentiel. Malheureusement, on leur offre une intrigue maigrelette. Pour résumé, Gatsby ennuie.

Mais cela aurait pu s’arrêter là, ennuyant mais regardable avec une réalisation soignée. C’était sans compter sur Baz Luhrmann qui expose ici un spectacle d’une ringardise sans nom. C’est comme si on voyait ce film il y a 15 ans, avec des effets spéciaux qui font mal aux yeux et une caméra tournoyante dont il nous avait déjà menacés chez son Roméo et Juliette ou son imbuvable Moulin Rouge. Sans compter ses scènes festives grotesques dans lesquelles l’anachronisme tourne au ridicule avec sa bande-son abominable. S’il voulait donner un coup de jeune au frox-trot, il aurait du éviter d’y aller à la truelle et à la pioche. Les grosses basses d’un Jay-Z sont clairement à côté de la plaque dans ce film. J’excuse par ailleurs la présence d’un morceau de The XX qui finalement ne colle pas trop mal à l’ambiance.

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Mais Luhrmann en fait des caisses, tentant vainement de noyer un scénario insipide sous des coulées d’effets de caméra et des plans tombant du ciel ou rasant les flots. Il excelle néanmoins dans les gros plans qui, peu nombreux, sont tout de même appréciables mais il prouve tout au long du film qu’il est uniquement capable de tourner des clips avec des danseurs. Il nous offre un cinéma un poil grossier, saturé de couleurs, bruyant mais sans aucune subtilité. Sans compter les incalculables erreurs de raccord qui jalonnent chaque scène, donnant l’impression d’avoir été tournées dans la précipitation.

Gatsby est l’histoire d’un homme presque rongé par l’espoir de revivre ce qu’il a perdu dans le passé, cherchant à tout prix à contrôler son monde pour qu’il colle à sa vision de son destin. Finalement, ce n’est peut-être pas très loin de la vision du cinéma de Lurhmann qui ne semble pas accepter que ce dernier ait évolué et qu’il est temps d’innover.


Fabien Brajon

 


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