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Duel au soleil : le test blu-ray

 
 
Overview
 

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Pays:
 
Titre Original: Duel in the sun
 
Durée: 138 min
 
Date de sortie: 01/01/1949 (salle) - 21/03/2018 (blu-ray)
 
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Posted 16 avril 2018 by

 
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Après l’exécution de son père, condamné à mort pour avoir tué sa femme indienne et son amant, la jeune Pearl Chavez part s’installer chez les McCanles, de riches cousins éloignés vivant au Texas. Sa peau métissée lui vaut de connaître l’hostilité de certains et sa beauté d’attiser les tensions familiales, notamment entre les deux frères Jesse et Lewt. Car l’aîné, brillant diplômé en droit, est aussi pondéré et droit que le cadet, jeune voyou sans foi ni loi, est impulsif et passionné. Entre ces deux frères rivaux, Pearl va devoir choisir…
Avis de Fabien
Produit par le mogul David O. Selznick qui souhaite réitérer le triomphe d’Autant en emporte le vent, Duel au soleil (1946) est célèbre pour son tournage qui dura près de 2 ans avec pas moins de 8 réalisateurs, outre King Vidor, William Dieterle, Joseph Von Sternberg, qui se sont succédés pour que Selznick donne vie à cette super-production qui raconte la passion amoureuse en Technicolor, d’une rare audace pour l’époque, entre les personnages de Jennifer Jones, de Gregory Peck (La Maison du docteur Edwardes) et Joseph Cotten (L’Ombre d’un doute).
Après un prélude d’une dizaine de minutes, sur un plan d’un paysage texan au Soleil couchant et la musique grandiose de Dimitri Tiomkin, une voix-off introduit la légende de 2 amants qui, à l’ombre d’un rocher nommé Tête de squaw, découvrirent le Paradis et l’Enfer. Puis fondu enchaîné entre une superbe fleur sauvage et Jennifer Jones dansant avec une grande sensualité et liberté.
Le récit va très vite se centrer sur la relation amoureuse entre Pearl (Jones) et 2 frères, le cadet Lewt, séducteur, instinctif, sauvage (Peck), l’aîné Jesse mesuré, réfléchi  (Cotten). Pure figure du mélodrame, Pearl est une amoureuse contrariée : Jesse lui avouera son amour avant de partir en exil, son futur mari est tué avant le mariage, sa relation amour/haine avec Lewt se terminera tragiquement.
La jalousie contamine le coeur des hommes (Lewt est jaloux, possessif), se transmet d’une génération à l’autre et les perd. Le père des 2 frères amoureux, un vieux sénateur conservateur, est un personnage raciste et cupide : il traite de squaw Pearl et voit dans l’arrivée du chemin de fer et ses voyageurs une menace pour sa famille à tel point qu’il va prendre les armes pour s’opposer à ce projet gouvernemental (la justice individuelle vs la loi gouvernementale). Jesse pour s’être positionné en faveur de la Loi, de la Justice est considéré comme un Judas par son père et est exilé loin de sa famille et de l’objet de son affection.
Dans cette histoire d’amour et de mort les personnages sont tiraillés entre des émotions contradictoires, attraction/répulsion, dévorés par une passion intense. De plus le film travaille de manière appuyée différentes matières visibles opposées : minéral et liquide, pierre (rochers du Texas), eau (sueur, chemise trempée) et le feu (soleil, cheminées), ce feu qui illustre la passion dévorante. Les pulsion érotiques ne se réalisent que dans le sang. La rivalité entre frères culmine en effet dans un duel, en l’honneur de Pearl puis celle-ci prend les armes pour en finir avec Lewt. Le climax avec Jennifer Jones rampant vers son amant agonisant est une scène inoubliable de pur mélodrame.
Duel au soleil est pour pour André Bazin un « sur western », avec son érotisme latent, ses décors spectaculaires, ses passions déchaînées et de manière étendue la démesure du projet cinématographique.
Dialogues emphatiques, lyrisme de King Vidor, Technicolor flamboyant, Duel au soleil est un western mélodramatique unique, à (re)voir grâce à Carlotta dans une copie restaurée en haute définition avec la version Roadshow (avec prélude, ouverture et postlude) inédite en France.
Technique
Le master est très satisfaisant avec un Technicolor superbe. Le piqué n’est certes pas de haute volée (des plans de visages un peu flous), un peu de fourmillement apparaît ici et là mais cette restauration est très correcte et appréciable. La piste VO est à privilégier à la VF où les dialogues sont trop mis en avant.
Bonus
Ce 9ème coffret de la collection Coffret Ultra Collector de Carlotta propose dans un beau boitier au visuel exclusif créé par Greg Ruth, un livre inédit de 200 pages (avec inclus plus de 50 photos d’archives) et des suppléments en HD  : un entretien plein d’anecdotes avec Daniel Selznick, le fils de David O. Selznick (18 min) et un entretien croisé avec la fille et les 2 fils de Gregory Peck qui  évoquent ce rôle emblématique dans la carrière de leur père, sa collaboration avec David O. Selznick et son amitié solide pour sa partenaire Jennifer Jones (10 min). Les bande-annonces originale et teaser d’époque viennent compléter cette belle édition blu-ray Carlotta.

Fabien Brajon

 


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