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Dreams : nos impressions !

 

 
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Posted 14 février 2020 by

 
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Après huit années de développement et une early access, Dreams débarque enfin sur PS4 dans sa version finale. Nouveau bébé des créateurs de Little Big Planet, Dreams entend pousser encore plus loin que son aîné les possibilités de création et de partage. Le rêve est-il devenu réalité ?

Pour les néophytes, le studio Media Molecule s’est fait connaitre avec la saga Little Big Planet, qui permettait aux joueurs d’utiliser les assets et l’éditeur fournis dans le jeu de base pour créer leurs propres niveaux de jeu et les partager à la communauté. Outre la dimension créative, cet aspect communautaire a tenu une place majeure dans le succès de LBP tant on compte par centaines, voire milliers les créations qui ont été partagées, déclenchant parfois de véritables vocations (à titre d’exemple, nous avons récemment pu rencontrer Christophe, à l’époque simple joueur de LBP et dont la qualité des créations lui ont valu d’être contacté par Media Molecule via sa messagerie PS3, et aujourd’hui game designer chez le même studio depuis 10 ans). Le succès de Little Big Planet donnera lieu à plusieurs suites et déclinaisons réalisées par ou en partenariat avec Media Molecule (dont l’inévitable adaptation en jeu de kart) ainsi qu’à de nouvelles expériences (Tearaway). Et si le studio n’a pas sorti de nouveau titre en son nom propre depuis ce dernier, se contentant de partenariats et renforts auprès d’autres studios, c’est car ces huit dernières années étaient consacrées à la conception d’un nouveau projet censé porter encore plus loin leur univers et leurs ambitions : Dreams.

Dès son annonce, Dreams a bénéficié autant qu’il a souffert de son statut presque à part dans l’industrie. Ni vraiment un simple jeu, ni vraiment un simple outil de création de jeu, ni même vraiment limité aux jeux, Dreams est un peu tout ça à la fois. Compliqué à décrire, le titre de Media Molecule est également particulier à découvrir tant, très tôt après son démarrage, les innombrables possibilités de Dreams nous apparaissent au point qu’il est rapidement difficile de s’y retrouver devant tant de richesses. Ici la galerie des jeux créés par les équipes de Media Molecule ou la communauté (on sent que beaucoup se sont fait plaisir durant l’early access !), là les outils de création d’éléments ou d’expériences, sans oublier la découverte de votre avatar/outil, le follet, aussi rapide à découvrir que long à maîtriser. Et de la maîtrise, il en faudra si vous souhaitez donner vie à vos propres « rêves ».

En effet, si vous pensez que Dreams joue dans la même cour que LBP ou même d’autres titres créatifs comme Minecraft, Mario Maker, ou n’importe quel jeu misant sur une dimension créative, il suffit d’un tour dans la galerie des jeux pour mesurer combien Dreams va bien plus loin que tout ce qui a été fait avant lui sur consoles. Jeu de shoot spatial digne des fleurons du genre (excellent Vecta Majoris, créé par Christophe cité plus haut), jeu de plate-forme lorgnant sur Journey (très beau Dïa), jeu de rythme musical, jeu de courses, jeu multijoueurs, jeu 2D ou 3D, remakes de jeux connus (hilarant remake de Metal Gear Solid), sans oublier des expériences plus cinématographiques comme des jeux d’aventure point & click à la Telltale ou même de véritables courts-métrages… Dreams vous permet de jouer à tout ceci, qu’ils soient créés par la communauté ou par Media Molecule, dont on vous conseille vivement le Art Therapy, idéalement dès vos débuts dans Dreams pour mesurer toutes les possibilités offertes par le titre. En somme, même si vous ne comptez pas créer, Dreams possède tant de richesse et une telle communauté que vous trouverez forcément votre bonheur en tant que joueur.

Quant à l’aspect créatif, vous l’aurez compris, il est quasiment infini et totalement impossible à retranscrire de manière exhaustive ici. Loin de se cantonner à la création de niveaux avec des éléments prédéfinis, Dreams intègre ainsi des outils permettant la modélisation d’objets ou de personnages, la création d’animations et de cinématiques, et même des outils de réglages d’IA, le tout largement inspiré par ce que l’on retrouve dans des outils professionnels (les designers familiers des Kismet/Blueprint de l’Unreal Engine ou de leurs équivalents dans d’autres moteurs devraient vite retrouver leurs marques). En somme, le paradis pour les créateurs d’expériences, et une parfaite façon de les mettre à l’épreuve avant, pourquoi pas, de les reproduire dans un outil professionnel (on veut bien parier que certains de ces projets devraient trouver leur chemin en dehors de Dreams). Fin du fin, Media Molecule, bien conscient des difficultés que représente l’apprentissage de tels outils, a mis en place de nombreux et sympathiques tutoriaux que l’on vous déconseille de zapper lors de vos premiers pas de créateurs. Et même si leur nombre risque de mettre votre patience à l’épreuve, le savoir qu’ils abritent devrait vous permettre de gagner énormément de temps par la suite dans vos créations. Car oui, à l’image de n’importe quel outil de création, Dreams demandera un véritable investissement personnel pour dévoiler son plein potentiel, mais nul doute qu’ici, le jeu en vaut la chandelle.

L’aspect technique est plus difficile à jauger tant le rendu final de chaque jeu dépend là aussi du joueur qui manie le follet, notamment en termes d’influence où, d’une création à l’autre, on ira par exemple d’un rendu pictural à des aspects plus « carton-pâte », voire « pâte à modeler » en passant par des rendus plus réalistes ou au contraire totalement abstraits. Bref, il y en a pour tous les goûts, sans compter les possibilités en termes de lumières et de particules. L’aspect sonore n’est pas en reste avec des bruitages variés et des compositions allant du classique à l’électronique, sans oublier un doublage français sur les tutoriaux et même sur le jeu Art Therapy. Fin du fin, il est possible d’importer vos propres créations musicales.

Toujours sur l’aspect technique, il convient de s’attarder sur l’ergonomie de l’éditeur – manipulable aux joysticks ou à l’accéléromètre – qui, malgré les innombrables éléments disponibles pour la création d’expériences, réussit à trouver le juste milieu entre la simplicité d’un éditeur grand public et les aspects techniques d’un véritable moteur de jeu, le tout sans perdre à aucun moment l’esthétique et l’univers propres à Media Molecule.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Media Molecule n’a pas chômé durant ces huit années. Parti à l’origine d’un simple outil de modélisation de pâte à modeler, le studio a enrichi son expérience et réussi à créer une véritable fabrique à rêves, sans oublier la galerie de présentation qui va avec. Si cette dernière pourra à elle seule combler les joueurs tant les créations du studio et de la communauté valent déjà le détour et assurent à Dreams une durée de vie colossale et des expériences sans cesse renouvelées, l’éditeur n’est pas en reste et devrait offrir à tous les créateurs, en herbe ou chevronnés, un terrain de jeu parfait pour expérimenter et donner vie à tout ce qui leur passera par la tête. C’était impossible, Media Molecule l’a non seulement rêvé, mais ils l’ont fait !


NicoH

 


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