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Ad Astra

 
 
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Durée: 124 min
 
Date de sortie: 18/09/2019
 
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Posted 20 septembre 2019 by

 
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L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

Après le splendide The lost city of Z (2016), James Gray, revient avec Ad Astra, film de s-f à gros budget, à sa thématique favorite, la famille.

Quel que soit le genre, le drame (Little Odessa), le film policier (La nuit nous appartient) ou le récit d’aventures conradien (The lost city of Z), James Gray n’a de cesse de travailler en profondeur les rapports difficiles père/fils, les liens de filiation. La filmo de Gray est remplie de fils cherchant l’amour de leur père, il y est toujours question de recherche de pardon, de réconciliation voire, comme dans la tragédie antique, d’affronter l’intimidante, écrasante figure paternelle pour espérer être un homme accompli, apaisé, en paix avec soi même et avec les autres. Dans Ad Astra, le fils, un brillant astronaute joué par Brad Pitt, va devoir se confronter à son père, une légende parmi les astronautes qui en parle de lui comme « le meilleur d’entre nous », son Dieu, pour le ramener à la raison, lui coupable d’hubris (dévoré par l’obsession de trouver des formes de vie intelligentes il sacrifie son équipage par crainte d’une mutinerie) et à la maison.

Influencé par Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad et sa libre adaptation par Coppola dont Gray est un fan absolu, Ad Astra voit un fils astronaute aller aux confins du système solaire pour stopper un père hors de contrôle dont les recherches scientifiques menacent l’équilibre de la planète bleue; comme dans Apocalypse now ce voyage au coeur des ténèbres perturbe la psyché du futur exécuteur, tiraillé entre des sentiments contradictoires pour sa cible. Une voix-off permet de dévoiler par bribes la psyché tourmentée de Roy, astronaute au self control impressionnant, assailli peu à peu par le doute. S’impose une remise en question de ses certitudes, de ses croyances, une mise à distance de l’affect pour mener à bien une mission d’intérêt général. A l’issu de ce voyage physique comme intérieur le personnage principal sera changé. Le héros chez James Gray fait la douloureuse expérience du sacrifice, lors d’odyssées physiques comme mentales; tomber, souffrir et se relever toujours.

Dans Ad Astra le réalisateur new-yorkais travaille parfaitement le grandiose et l’intime, le micro et l’infini : le film est riche en péripéties comme cette palpitante course-poursuite en Rover avec des pirates lunaires ou bien cette aide périlleuse à l’équipage d’un vaisseau en perdition rempli de primates enragés tout en travaillant subtilement le parcours émotionnel du personnage de Brad Pitt. L’acteur, d’une sobriété exemplaire, est souvent filmé en gros plan qui traquent les émotions d’un personnage dans le contrôle permanent et qui s’est peu à peu fermé aux autres et enfermer dans une terrible solitude. Face à Pitt, Tommy Lee Jones incarne un père démissionnaire, dément dont l’affrontement avec son fils est traité génialement par Gray dont la mise en scène est d’une précision de grand maître.

La superbe photo de Hoyte Van Hoytema (le chef op d’Interstellar) avec sa riche palette chromatique, le remarquable design réaliste des différents mondes parcourus et le score planant de Max Richter concourent également à la réussite éclatante de ce nouveau James Gray d’une beauté plastique renversante et d’une puissance émotionnelle dévastatrice.

Un chef d’oeuvre de science-fiction intimiste dans la lignée de Solaris, Interstellar et Gravity et un sommet dans la carrière de James Gray, assurément un des plus grands réalisateurs américains en activité.


Fabien Brajon

 


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