Les pirates du métro : le test blu-ray

Réalisateur
Joseph Sargent
Acteurs
Martin Balsam, Robert Shaw, et Walter Matthau
Pays
USA
Genre
Policier
Durée
105 min
Date de sortie
28/02/1975 (salle) - 05/04/2022 (blu-ray)
Notre score
8

A New York, quatre hommes armés prennent en otage une rame du métro et demandent une rançon d’un million de dollars. Le lieutenant Zachary Garber, membre de la police du métro, est chargé de l’affaire.

Connu pour son travail à la télé (une floppée d’épisodes de Lassie, Star Trek, Les envahisseurs et le pilote de Kojak), Joseph Sargent réalise en 1974 Les pirates du métro (The Taking of Pelham One Two Three), son film le plus connu et abouti qui fera l’objet d’un remake poussif par Tony Scott (L’Attaque du métro 123) et surtout d’un hommage sincère par Quentin Tarantino dans Reservoir dogs.

En (quasi) temps réel, le récit, d’après un roman de John Godey, se partage entre deux espaces, une rame de métro prise en otage par de mystérieux terroristes s’appelant entre eux avec des noms de couleur et la zone de contrôle, centre névralgique où vont s’affronter à distance le lieutenant désabusé et le colonel implacable interprétés respectivement par Walter Matthau et Robert Shaw. Joseph Sargent dévoile le background de ces différents personnages placés directement dans l’action, par petites touches, par les dialogues et les situations, tous habilement travaillés. Le personnage de Matthau apporte une bonne dose d’ironie pour contrebalancer la noirceur de celui de Shaw qui trouve ici un de ses plus grands rôles de bad guy.

Le film, tendu, efficace est un bon représentant, trop méconnu, du polar urbain alors en vogue dans le cinéma américain des 70’s (L’inspecteur Harry, French connection, Police Puissance 7). New-York y est un personnage secondaire, à l’époque une ville à l’abandon gangrenée par la violence, la saleté, la corruption. Avec le concours d’Owen Roizman, le chef op de French connection, Sargent injecte dans le genre policier une bonne dose de réalisme social, un côté documentaire, comme le fera dans ses grands films policiers Sidney Lumet, immense cinéaste new-yorkais (Un après-midi de chien, Serpico).

Autre élément qualitatif de Les pirates du métro la remarquable partition groovy jazz-funk de David Shire. Cerise sur le gâteau, la fin est géniale !

Une (re)découverte à ne pas manquer, dans une superbe édition signée Rimini Editions.

Technique

Ce master restauré délivre un piqué aiguisé, des contrastes solides et des couleurs ravivées très 70’s ; on note également une bonne gestion du grain. Concernant les mixages anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0 surround, la piste anglaise s’avère bien plus puissante et équilibrée que la vf avec une bonne homogénéité entre dialogues, bruitages et musique.

Bonus

Cette édition blu-ray Rimini propose en suppléments de très bonnes interventions de l’incontournable historien et réalisateur Jean-Baptiste Thoret ainsi que du rédacteur en chef de Homepopcorn.fr, Franck Brissard, complétées par les interviews d’un des acteurs, du compositeur et du monteur du film.

New York 1974 (43′) et New York et le cinéma des années 70 (21′) : deux analyses passionnantes par Jean-Baptiste Thoret

Les pirates du métro (29′) : Franck Brissard présente tous les aspects du film, son adaptation par le scénariste Peter Stone, le casting, la ville de N-Y , sa bonne réception au box office sans oublier l’hommage par Quentin Tarantino dans Reservoir dogs et les deux autres adaptations du roman (un téléfilm et L’Attaque du métro 123 de Tony Scott en 2009).

Le cas Joseph Sargent (9′) : Franck Brissard retrace la carrière du réalisateur de Les pirates du métro

12′ avec Mr Gris : souvenirs de l’acteur Héctor Elizondo

Les bruits de la ville (9′) : interview du compositeur David Shire qui déclare avoir conçu »une musique ordonnée et chaotique »… « une série dodécaphonique avec des caractéristiques de jazz ».

Un montage de premier plan (9′) : interview du monteur Gerald B.Greenberg

Les pirates du métro : le test blu-ray
8