Class 1984 : Test DVD
Class 1984 : Test DVD

Class 1984 : Test DVD

Réalisateur
Mark L. Lester
Acteurs
Merrie Lynn Ross, Michael J. Fox, Perry King, et Timothy Van Patten
Pays
USA
Genre
Action
Durée
98 minutes
Titre Original
Notre score
8

Après avoir sorti, il y a quelques mois l’oublié, mais non moins réussi, Charlie réalisé par Mark L. Lester, ESC revient avec une autre oeuvre du cinéaste, certainement sa plus connue : Class 1984. Le cinéaste américain à la longue carrière est surtout reconnu pour sa succession de réussites en plein cœur des années 80 allant de Class 1984 (1982) jusqu’à Class 1999 (1990) en passant par Commando (1985). L’éditeur français reviendra d’ailleurs dans les semaines à venir avec Class 1999.

Nous nous pencherons dans cet article sur l’édition mediabook proposé par ESC et tout particulièrement sur le contenu de son DVD.

Cette chronique se divisera en deux parties :

I) La critique de Class 1984

II) Les caractéristiques techniques du DVD

Class 1984 : Test DVD

L’avis de Quentin :

I) La critique de Class 1984

Découvrir Class 1984 de nos jours est un petit peu comme activer une machine à remonter le temps et découvrir le fantasme cauchemardesques des années 80 aux Etats-Unis en pleine transition culturelle chez les jeunes entre le mouvement Punk et l’arrivée du Glam Rock. Le cadre instauré par l’oeuvre se situe dans l’établissement scolaire le plus dangereux de l’Etat. Pour ce voyage nous suivrons un enseignant tout juste sortie de sa formation professionnelle, devant remplacer un professeur de musique ayant perdu les pédales devant l’agressivité, la barbarie dont font preuve les élèves du lycée.

Tout d’abord le film pose dès son introduction une approche dualiste qui parcourra la totalité de l’oeuvre entre la nouvelle et les anciennes générations, les adolescents contre le monde adulte. Cette approche du film est finement menée, s’appuyant sur le contexte musical d’époque avec une jeunesse ne scandant que les valeurs de la culture Punk, sa perspective gravitant autour du « No Future », appelant à l’anarchie, et de l’autre un monde institutionnel représenté par leur enseignant à travers la musique classique, plus particulièrement, Tchaïkovski, symbolique d’une culture éternelle, indestructible, traversant les âges. Une mise en parallèle d’une approche de la vie, à travers la culture, d’une part éphémère et de l’autre éternelle. Néanmoins, un point dérange dans cette petite affaire : la chanson I Am The Future de Alice Cooper. En un seul morceau promotionnel, le film saborde le message de la jeunesse du film à moins que l’incarnation même de cette dernière ne dépende uniquement que de son inexistence.

C’est néanmoins sur ces petites erreurs que le film parvient aujourd’hui à atteindre son statut d’incontournable de par son approche kitsch faisant un pot-pourri de toutes les cultures musicales de l’époque allant du Hard Rock au Heavy Metal tout en passant par le Punk et le Glam Rock. C’est en soit  la magie de cette sphère musicale, un melting pot où tout un chacun y trouve son lot de vérité, sa part de bonheur. Le cinéaste ne s’arrête pas seulement dans sa manière de mêler les genres musicaux et leurs portées politiques. Mark L. Lester va bien plus loin et mélange tout ce qui a su faire la réussite du cinéma de genre au cours des années 80. On se trouve ainsi face à un teen movie inspiré par The Warriors, des Vigilante movies, ou bien encore des Rape And Revenge. L’ombre de Charles Bronson n’est jamais très loin.

Le plaisir coupable que procure Class 1984 en est tout simplement merveilleux, car il ne s’embête à aucun moment à vouloir refléter de manière réelle son époque ou bien ce qu’il dénonce. Le film est une oeuvre jusqu’au-boutiste qui ne cesse de nous surprendre par son humour, son ultra-violence, sa terreur, son guignolesque ou tout simplement par son climat.

Class 1984 : Test DVD

Néanmoins, au-delà son approche de cinéma de seconde zone, Class 1984 dénonce un système américain ne se souciant pas de sa jeunesse ni de son institution scolaire sous les années Reagan. De cette manière en délaissant l’institution et ses enseignants se débrouiller seuls contre une génération de jeunes adultes ne cessant de rejeter la politique d’Etat, ventant le caractère supérieur des libertés individuelles sur la vie en communauté, une impossibilité d’échange est alors en place. L’école représente également l’organe d’Etat le plus influent, celui que la jeunesse veut réformer ou bien même annihiler, pour changer l’avenir du pays tout entier à long terme.

De plus, le long-métrage s’attaque également à la police américaine. Une institution frileuse de se pencher sur des affaires pouvant les dépasser préférant de manière régulière fermer les yeux sur les différents incidents, à moins que ces derniers n’aient des témoins sur les exactions commises. Cependant, sans témoins, ces derniers ne prennent pas de plaintes et n’enquêtent en aucun cas qu’il  y ait agression verbale, physique ou bien matérielles. Le dernier rempart pour l’école en devient de faire appel à des entreprises pour permettre le maintien minimum de l’ordre dans les locaux.

En somme, Class 1984 est une dystopie sur le système scolaire ne perdant, de nos jours, en aucun cas de sa véracité. Il est un mélange rare et réussi de tout ce que pouvait nous promettre les années 80 en ce qui concernait le cinéma de genre. Une franche réussite que le temps ne fait que bonifier par ses références désormais définitivement kitsch.

Class 1984 : Test DVD

II) Les caractéristiques techniques du DVD

Image :

L’image que nous propose ESC sur ce format DVD est un sans faute. Le travail autour du piqué y est appliqué justement donnant au DVD à de nombreuses reprises des airs de HD. De plus, le travail sur la colorimétrie est superbe, nous offrant de véritables contrastes entre les différentes tenues des élèves et nous fait pénétrer très rapidement, comme le mentionne Olivier Père dans les suppléments,au coeur  d’une approche de bande dessinée.

Enfin, seul la luminosité aurait pu profiter d’un tout petit ajustement mais rien de bien gênant pour cette belle transcription sur DVD.

Note Image : 4,5/5

Son :

Deux versions nous sont proposées sur l’édition DVD :

  • Une version française 5.1 : La version française 5.1 est inégale dans sa prise son laissant une trop grande présence de la voix sur les ambiances sonores, faisant perdre au film une grande partie de son charme. De plus les doublages ne conviennent pas toujours aux personnages donnant à certains moment un caractère grotesque au film.
  • Une version anglaise sous-titrée français 5.1 : Une superbe version anglaise, particulièrement bien balancée entre les cinq canaux. Les voix prenant parfaitement leur envol sur l’enceinte centrale, sans jamais prendre le dessus sur l’ambiance générale sonore du film. La meilleure façon de profiter du film. Une mise en son honnête et réussie.
  • Une version anglaise sous-titrée français 2.0 : La seule manière de découvrir le film tel qu’à sa sortie.

Note son : 4/5

Class 1984 : Test DVD

Suppléments : 

Sur son DVD, ESC nous propose un contenu allégé contrairement à sa version Blu-ray. Néanmoins, l’éditeur français a sélectionné les deux meilleurs bonus du support HD pour permettre aux spectateurs du format DVD de profiter de la meilleure manière de l’édition mediabook de Class 1984.

  •  Entretien autour du film avec Olivier Père : Un entretien fort en références avec Olivier Père, Journaliste et Directeur du cinéma sur Arte, nous est proposé. Il revient sur la carrière de Lester en tant que cinéaste mais également du scénariste du film Tom Holland puis resitue l’oeuvre dans son époque cinématographique. Il revient de la sorte sur toutes les influences du film. Il nous parle également des différents personnage du film et nous délivre une fine analyse pour comprendre les raisons du succès de Class 1984. Un entretien très intéressant qui ne peut que compléter d’une très belle manière le visionnage du film
  • History Repeats Itself – Entretiens avec Mark Lester et Lalo Schifrin : Mark Lester et Lalo Schifrin, le compositeur du film, donnent les raisons pour lesquelles le film s’est fait et les conditions dans lesquelles il s’est réalisé. De la sorte Mark Lester parle de ce qui l’a poussé à faire un tel film portant sur les violences scolaires. Il cite de la sorte sa propre existence et l’effet qu’il a eu en retournant dans son lycée au début des années 80, découvrant le nouveau visage de l’établissement et sa violence quotidienne. Il explique également les difficultés qu’il y a eu à faire un film suscitant autant de controverse de par ses attaques contre l’institution scolaire. De son côté, Lalo Schifrin, revient sur sa manière de composer pour un film ainsi que sa manière de collaborer avec le réalisateur ainsi que l’équipe sur le tournage pour délivrer un travail reflétant au mieux le message à défendre.

Note Suppléments : 3,5/5

Class 1984 : Test DVD
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8
  1. Bonjour

    Image – 3,0 / 5

    Full HD au format original 1.78 légèrement recadré par rapport au 1.85 original, en 16/9 compatible 4/3. C’est le master vidéo édité aux USA en 2015 par Shout Factory. Du coup, on se retrouve avec un master qui n’est pas moins bon que le master américain (puisque c’est le même) mais qui n’est pas meilleur non plus. Cela dit, la copie argentique (un interpositif, selon Shout Factory) est bien restaurée (mises à part deux petites déchirures d’une fraction de seconde vers 37’40” et vers 54’29” et quelques poussières plus discrètes). La numérisation préserve le grain d’origine. Les scènes nocturnes bénéficient d’une bonne définition (aucune rémanence) et de bons contrastes. La gestion de la colorimétrie respecte les choix photographiques initiaux. On verra peut-être arriver, dans une dizaine d’années, une future édition UHD 4K en pur 1.85 respecté. En attendant, ce Blu-ray Full HD fera tour de même l’affaire car la Full HD lui apporte un plus déterminant sur très grand écran.

    Reste qu’on peut se demander pourquoi les Américains sont capables de fournir un master DVD au format strictement respecté en 2003 à PVB Editions et pourquoi ils le recadrent légèrement sur le master Blu-ray en 2015 ? C’est probablement, encore une fois, du côté de l’absurde volonté unificatrice des diffuseurs TV que la réponse se trouve : leur rêve serait que tout soit en 1.78 ou 1.77, donc en pur 16/9. Rêve pas moins absurde que celui qu’ils nourrissaient au siècle dernier durant lequel ils exigèrent de tout diffuser en 1.37, donc en pur 4/3. La TV mondiale se nourrit du cinéma et le finance partiellement mais elle demeure l’ennemi fondamentale de sa créativité, y compris en matière de variétés de formats.

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