Critique de Sœurs de glace
Synopsis
L’arrivée de nouvelles élèves sexy va bouleverser le destin de deux étudiants ( Luke et Roger ) bien décidés à perdre leur virginité. Mais lorsqu’un élève est retrouvé mort littéralement congelé sur le campus, Luke commence à avoir des soupçons sur la vraie nature de ses magnifiques blondes avec l’aide de son amie Alex ils sont prêts à tout pour révéler leur réelle identité ….
Avis de Yanick Ruf
« Decoys » (sorti en 2004, chez nous sous le titre « Sœurs de glace ») s’inscrit en plein dans la vague des teen‑movies horrifiques du début des années 2000, ces films qui aimaient enfermer une bande d’étudiants en rut dans un campus pour mieux les livrer à des forces surnaturelles. Ici, la recette est claire : mélange assumé de « Species » et d’« American Pie », avec des étudiantes fatales qui ne sont pas exactement humaines et des garçons dont l’objectif principal reste de perdre leur virginité.
L’intrigue suit Luke et Roger, deux étudiants canadiens plutôt losers, fascinés par l’arrivée de deux superbes nouvelles venues sur le campus, Lilly et Constance. Sexy, allumeuses et mystérieuses, elles attirent facilement les garçons, donnant lieu à une succession de scènes coquines, de situations cocasses et de quiproquos typiques du teen‑movie. Mais très vite, Luke comprend que quelque chose cloche : en les espionnant, il surprend leur véritable nature, faite de tentacules reptiliens et de rapports glacés au sens littéral du terme.

Car la bonne idée du film, c’est cette manière de tuer les victimes : les jeunes hommes qui succombent à leurs charmes se retrouvent littéralement congelés de l’intérieur, corps rigides et organes gelés, souvent figés dans une posture aussi grotesque qu’angoissante. Les autopsies et découvertes de cadavres émaillent ainsi le récit, tandis que les autorités peinent à comprendre ce qui se passe vraiment sur ce campus où l’hiver semble s’être invité jusque dans les corps.
Derrière ce pitch volontairement délirant, « Decoys » joue à fond la carte de la série B sympathique : budget modeste, effets spéciaux parfois un peu cheap mais inventifs, humour potache, nudité clairement pensée pour flatter le regard masculin, et un rythme qui alterne scènes de drague, séquences d’enquête et moments d’horreur. Le film ne cherche jamais à se prendre trop au sérieux, mais parvient tout de même à installer une petite ambiance hivernale oppressante, avec ces chambres glaciales, ces fenêtres grandes ouvertes en plein blizzard et ces créatures qui ne se sentent vraiment bien qu’au milieu du froid.

On retrouve tous les codes du genre : héros qui tente de convaincre tout le monde que « ces filles ne sont pas normales », police incrédule, amis qui disparaissent les uns après les autres, et montée en puissance vers un final où il faut affronter les aliens à coups de chaleur et de bricolage maison. La dimension sexuelle est omniprésente, mais détournée : le film joue autant sur le fantasme (les étudiantes parfaites) que sur la peur (chaque rapport peut être le dernier), donnant à ces femmes extraterrestres un statut de prédatrices à la fois séduisantes et tragiques, leur espèce cherchant désespérément un partenaire qui survive à l’acte.

En soi, « Decoys » ne révolutionne ni le film d’horreur ni la SF, mais il assume pleinement son cahier des charges : un campus enneigé, des étudiants bourrés d’hormones, des créatures sexy et mortelles, des morts spectaculaires par congélation interne et un ton mi‑sérieux mi‑parodique. Pour peu que l’on soit client de ce type de série B 2000’s, le résultat se révèle plutôt fun, suffisamment rythmé et inventif pour qu’on passe un bon moment… à condition d’accepter ce mélange très particulier de comédie graveleuse et d’horreur SF givrée.
Bande annonce du film Sœurs de glace


