
Neill Blomkamp, le réalisateur de District 9, Elysium et Chappie, a mis en ligne un court-métrage de 13 minutes intitulé Nightborne, qu’il présente comme son premier film entièrement généré par intelligence artificielle. Le projet est disponible sur YouTube et il a déclenché une vague de réactions négatives dès sa sortie.
Nightborne, un court-métrage SF-horreur généré avec Seedance 2.0
Le court dure 13 minutes et il a été fabriqué avec Seedance 2.0, le modèle vidéo de ByteDance. Blomkamp a dirigé chaque plan via des prompts plutôt que par un tournage classique avec caméras et décors. Il décrit le résultat comme son premier « full test AI film » et une première étape avant de s’attaquer à un long-métrage complet dans ce format. C’est aussi la première sortie de son nouveau studio, Barley Studios.
L’histoire est racontée sous forme de faux documentaire, mêlant interviews, images retrouvées d’un programme et enregistrements. Une pilote de l’armée américaine est abattue et déclarée morte au combat. Son mari enterre un cercueil vide. Les bandes racontent une autre version : elle était impliquée dans un programme de défense classifié qui renvoie des soldats morts sur le champ de bataille. Le récit s’appuie sur le témoignage d’une scientifique ayant quitté ce programme. Nightborne se déroule dans l’univers du roman Echopraxia de Peter Watts.
Un film « IA » qui repose aussi sur du travail humain
La mention « entièrement généré par IA » concerne les images, pas la totalité de la production. Chaque plan a été généré dans Seedance 2.0 et dirigé un par un par Blomkamp via des prompts. Mais les personnages à l’écran portent les visages et les voix de 32 personnes réelles, photographiées et enregistrées dans le cadre d’accords sur l’utilisation de leur image. Les concept arts ont été réalisés par des artistes humains.
Côté générique, le court est produit par Steven St. Arnaud et Terri Tatchell, monté par Austyn Daines, et présenté comme une production Barley Studios en association avec Havenhurst Entertainment. Dans son message sur X, Blomkamp explique expérimenter l’IA depuis deux ans et vouloir désormais tenter un long-métrage dans ce format. Il compare Barley Studios (@Barleystudiosai) à son ancien Oats Studios, qui lui servait pour le cinéma et les effets visuels traditionnels. Le film complet est posté en réponse à son tweet d’annonce.
Une polémique immédiate sur les réseaux
La réception a été largement hostile. Sur X et YouTube, de nombreux internautes reprochent à Blomkamp de tourner le dos au savoir-faire qui avait fait la force de District 9. Des artistes du secteur ont réagi durement et d’anciens admirateurs se sont manifestés pour exprimer leur déception. Un commentaire revenu souvent résume l’attente frustrée des fans, qui espéraient plutôt District 10, la suite jamais concrétisée de District 9.
Au-delà du rejet de principe, plusieurs critiques pointent des défauts concrets. L’intrigue est jugée peu originale et l’adaptation des thèmes de Watts jugée ratée. Des spectateurs relèvent aussi des erreurs techniques propres aux générateurs actuels, avec des incohérences dans le placement des objets et des arrière-plans qui se déforment d’un plan à l’autre.
Un pari risqué dans un contexte tendu
Blomkamp n’a plus connu le succès de ses débuts et a vu plusieurs projets s’effondrer au fil des années, dont Alien, District 10, RoboCop et Halo. Il a récemment été engagé par Sony pour un remake de Starship Troopers. Se poser en défenseur de l’IA intervient à un moment où le débat sur cette technologie agite l’industrie, entre questions d’emploi, de droits sur les données d’entraînement et de régulation. Reste à savoir si Barley Studios ira jusqu’au long-métrage annoncé.
Personnellement, j’ai été impressionné par son court métrage Nightborne de Neill Blomkamp. C’est bien conçu et on ne voit même pas que c’est de l’IA.

