Mort de Koji Suzuki, romancier japonais à l'origine de The Ring (Le Cercle), à 68 ans
Mort de Koji Suzuki, romancier japonais à l'origine de The Ring (Le Cercle), à 68 ans

Mort de Koji Suzuki, romancier japonais à l’origine de The Ring (Le Cercle), à 68 ans

Mort de Koji Suzuki, romancier japonais à l'origine de The Ring (Le Cercle), à 68 ans

Le romancier japonais Koji Suzuki, dont les livres ont inspiré les films Ringu, Le Cercle et Dark Water, est mort vendredi 8 mai 2026 dans un hôpital de Tokyo à l’âge de 68 ans. La nouvelle a été rapportée par le quotidien Asahi Shimbun avant d’être confirmée par l’agence Jiji Press et le Japan Times. Aucune cause de décès n’a été précisée par ses proches.

Né le 13 mai 1957 à Hamamatsu, dans la préfecture de Shizuoka, Suzuki avait étudié la littérature française à la prestigieuse Université Keiō de Tokyo. Avant de vivre de sa plume, il a exercé plusieurs petits métiers et enseigné dans une école de soutien scolaire japonaise, où il racontait déjà des histoires d’horreur à ses élèves. Il publie son premier roman en 1990. Rakuen (Paradise) lui vaut le Japan Fantasy Novel Award. L’année suivante paraît Ring, le livre qui va le faire connaître hors du Japon. L’histoire d’une cassette vidéo maudite condamnant ses spectateurs à mourir sept jours après le visionnage s’écoule à près de trois millions d’exemplaires.

Ring, de roman culte à phénomène cinéma signé Hideo Nakata

Hideo Nakata adapte le roman en 1998 sous le titre Ringu. Porté par Nanako Matsushima, Miki Nakatani et Hiroyuki Sanada, le film devient un phénomène culturel au Japon. Il impose la silhouette de Sadako, jeune fille spectrale aux longs cheveux noirs sortant d’un téléviseur. La séquence sera reprise et parodiée pendant deux décennies. En 2002, Gore Verbinski signe un remake américain sous le titre The Ring, distribué en France sous le nom Le Cercle, avec Naomi Watts dans le rôle principal. Le long-métrage dépasse les 250 millions de dollars de recettes mondiales et déclenche une vague de remakes hollywoodiens de productions horrifiques asiatiques. The Grudge en 2004, Dark Water en 2005, The Eye en 2008 : pendant près de dix ans, les majors américaines piochent dans le catalogue J-horror. Plusieurs adaptations viennent directement de Suzuki.

Dark Water, triple récompense au Festival de Gérardmer 2003

Dark Water en est le deuxième exemple. Tirée de la nouvelle L’Eau flottante, contenue dans le recueil Honogurai mizu no soko kara publié en 1996, l’histoire est portée à l’écran en 2002 par Hideo Nakata avec Hitomi Kuroki dans le rôle principal. Le film décroche trois récompenses au Festival international du film fantastique de Gérardmer en 2003 : le Grand Prix du festival, le Prix de la Critique internationale et le Prix du Jury Jeunes. Walter Salles en livre une relecture américaine en 2005 avec Jennifer Connelly, Tim Roth et John C. Reilly.

Sadako, Le Cercle, Sadako vs. Kayako : une franchise étendue sur trente ans

L’univers de Ring s’est étendu sur près de trente ans au cinéma. Joji Iida adapte Spiral (Rasen), publié en français sous le titre Double hélice, en 1998 en parallèle du film de Nakata. Suzuki y fait une apparition dans le rôle d’un père dans un grand magasin. Hideo Nakata réalise Ring 2 en 1999. Norio Tsuruta signe Ring 0: Birthday en 2000, prequel centré sur la jeunesse de Sadako, avec Yukie Nakama. La franchise japonaise relance la machine en 2012 avec Sadako 3D de Tsutomu Hanabusa, suivi de Sadako 3D 2 et du crossover Sadako vs. Kayako en 2016, qui oppose le fantôme de Ringu à celui de Ju-On. Une nouvelle relecture intitulée Sadako sort en 2019 sous la direction de Hideo Nakata. Côté américain, Hideo Nakata réalise lui-même Le Cercle 2 (The Ring Two) en 2005, suivi de Le Cercle : Rings de F. Javier Gutiérrez en 2017.

Deux nouvelles de Suzuki, Dream Cruise et Adrift, ont également été adaptées dans la série anthologique Les Maîtres de l’horreur produite par Showtime. Norio Tsuruta a réalisé le premier épisode en 2007.

Du Yoshikawa Eiji au Bram Stoker Award, une carrière saluée à l’international

Suzuki avait débuté en littérature avec Rakuen avant de publier Ring puis une trilogie qui dérive vers la science-fiction philosophique : Spiral en 1995, qui lui vaut le prix Yoshikawa Eiji du jeune écrivain, puis La Boucle (Loop) en 1998. Birthday, S et Tide prolongeront la mythologie. Présenté à l’étranger comme le « Stephen King japonais », il a reçu en 2013 le Shirley Jackson Award pour son roman Edge. Il était le premier auteur japonais distingué par ce prix américain. La Horror Writers Association lui a décerné en 2021 le Bram Stoker Award pour l’ensemble de sa carrière.

Koji Suzuki qui se définissait avant tout comme un écrivain de science-fiction

Suzuki répétait dans ses entretiens ne pas apprécier particulièrement le cinéma d’horreur et se définissait davantage comme un auteur de science-fiction. Membre du Comité national japonais pour la promotion des mesures contre la baisse de la natalité, il avait également signé plusieurs essais sur la paternité. Ses livres se sont vendus à plus de huit millions d’exemplaires dans le monde.

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