
L’actrice américaine Valerie Perrine s’est éteinte ce lundi 23 mars 2026 à son domicile de Beverly Hills, après plus de quinze ans de lutte contre la maladie de Parkinson. Elle avait 82 ans. C’est son ami proche Stacey Souther, qui prenait soin d’elle depuis plusieurs années, qui a annoncé la triste nouvelle sur les réseaux sociaux.
Pour toute une génération de spectateurs, Valerie Perrine restera à jamais Eve Teschmacher, la séduisante assistante de Lex Luthor dans Superman (1978) de Richard Donner puis dans Superman II (1980) de Richard Lester. Face à Gene Hackman en génie du mal et Christopher Reeve en Homme d’Acier, elle apportait une touche d’humanité et d’humour à ce personnage qui, sous ses apparences de faire-valoir glamour, se révélait capable de compassion. La scène où elle sauve Superman de la Kryptonite, mue autant par son attirance pour le héros que par l’inquiétude pour sa propre mère menacée par un missile nucléaire, reste l’un des moments les plus touchants du film original. On apprend d’ailleurs que la disparition de Gene Hackman l’an dernier l’avait profondément affectée, les deux comédiens étant restés très proches depuis le tournage des films Superman.
Mais avant d’enfiler le costume de Teschmacher, Valerie Perrine avait déjà marqué le cinéma américain des années 70. Née le 3 septembre 1943 à Galveston, au Texas, fille d’un lieutenant-colonel de l’armée américaine et d’une danseuse, elle a grandi au gré des mutations de son père, entre le Japon, Paris et de nombreuses villes américaines. Cette enfance nomade l’a sans doute préparée à une carrière tout aussi imprévisible. Après des études de psychologie vite abandonnées, elle devient showgirl à Las Vegas à la fin des années 60, un monde qu’elle quitte grâce à une rencontre fortuite avec un agent lors d’un dîner. Ce dernier cherchait une actrice pour incarner Montana Wildhack, une actrice enlevée par des extraterrestres, dans l’adaptation de Abattoir 5 (Slaughterhouse-Five, 1972) de George Roy Hill, d’après le roman de Kurt Vonnegut. Elle décroche le rôle et sa carrière au cinéma est lancée.
C’est en 1974 que Valerie Perrine atteint les sommets avec Lenny de Bob Fosse, dans lequel elle incarne Honey Bruce, l’épouse toxicomane du sulfureux humoriste Lenny Bruce, aux côtés de Dustin Hoffman. Sa performance lui vaut le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1975, le BAFTA du meilleur espoir féminin et une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Une consécration totale pour celle qui, quelques années plus tôt, dansait encore sur les scènes de Vegas. Elle enchaîne ensuite avec W.C. Fields et moi (1976) aux côtés de Rod Steiger, puis The Last American Hero (1973) avec un jeune Jeff Bridges et The Electric Horseman (1979) avec Robert Redford.
Sa carrière connaît cependant un coup d’arrêt brutal avec Rien n’arrête la musique (Can’t Stop the Music, 1980), le film musical avec les Village People, un échec si retentissant qu’il contribua à la création des Razzie Awards. Valerie Perrine en fut si affectée qu’elle s’exila en Europe. Elle continuera toutefois à travailler, notamment dans The Border (1982) avec Jack Nicholson, puis dans des rôles plus modestes à la télévision au fil des années 90 et 2000 : Homicide, Urgences, Nash Bridges, Just Shoot Me! ou encore Third Watch. En 2000, elle fait une apparition remarquée dans Ce que veulent les femmes (What Women Want) de Nancy Meyers avec Mel Gibson. Son dernier rôle au cinéma remonte à Silver Skies en 2014.
Diagnostiquée de la maladie de Parkinson en 2015, Valerie Perrine était alitée depuis une dizaine d’années. En 2020, son ami Stacey Souther lui a consacré un documentaire de 36 minutes simplement intitulé Valerie, retraçant sa carrière et son combat contre la maladie. Selon ses proches, elle a passé son dernier dimanche à revoir ses anciens films. Son frère Kenneth, lui aussi atteint de la maladie de Parkinson, lui survit. Un GoFundMe a été mis en place pour financer ses funérailles au cimetière de Forest Lawn, ses finances ayant été épuisées par plus de quinze ans de maladie.
Valerie Perrine avait 82 ans. Showgirl devenue star de cinéma par hasard, Prix d’interprétation à Cannes, nommée aux Oscars, elle aura traversé Hollywood avec un mélange de talent brut, d’audace et d’une sincérité désarmante. Le cinéma perd aujourd’hui l’une des figures les plus attachantes du Hollywood des années 70.


