
Tom Skerritt, inoubliable capitaine Dallas dans Alien de Ridley Scott, commandant Viper dans Top Gun de Tony Scott et shérif Jimmy Brock dans Picket Fences , s’est éteint mercredi 21 octobre 2026 à l’âge de 93 ans. Sa famille a annoncé sa disparition de causes naturelles. En plus de six décennies de carrière, le comédien américain a marqué le cinéma et la télévision par une présence singulière, faite d’autorité tranquille, d’élégance et d’un humour tout en retenue.
Un visage familier, une carrière au long cours
Né Thomas Roy Skerritt le 25 août 1933 à Detroit dans le Michigan, il sert quatre ans au sein de l’US Air Force après le lycée. Il reprend ensuite ses études à la Wayne State University puis à UCLA, où il découvre le théâtre. Son premier film War Hunt , sort en 1962. Au cours des années suivantes, il multiplie les apparitions sur le petit écran, notamment dans Gunsmoke et The Alfred Hitchcock Hour .
Un premier tournant intervient en 1970 avec M*A*S*H de Robert Altman. Skerritt y incarne Duke Forrest, chirurgien militaire et complice de Hawkeye et Trapper. L’année suivante, Hal Ashby fait appel à lui pour jouer un motard de la police dans Harold et Maude . En 1977, il prête ses traits au mari de Shirley MacLaine dans Le Tournant de la vie d’Herbert Ross, une composition qui lui vaut le prix du meilleur second rôle décerné par le National Board of Review.
De Dallas à Viper
En 1979, Ridley Scott lui confie le rôle de Dallas dans Alien . Capitaine du Nostromo, il guide son équipage face à une menace xénomorphe qui transforme le cargo spatial en piège mortel. La séquence où il s’enfonce dans les conduits de ventilation, lance-flammes au poing, figure parmi les sommets de tension du cinéma fantastique. Coupée lors de la sortie en salles, la scène où Ripley le retrouve prisonnier du cocon de la créature est finalement réintégrée dans la version Director’s Cut en 2003. En 2014, il reprend la voix du personnage dans le jeu vidéo Alien: Isolation .
Sept ans après ce classique de la science-fiction, il incarne le commandant Mike Viper Metcalf dans Top Gun de Tony Scott. Fort de son propre passé dans l’armée de l’air, il insuffle une autorité naturelle au directeur de l’école de chasse face au jeune Maverick campé par Tom Cruise. Tom Skerritt s’illustre ensuite dans Dead Zone sous la direction de David Cronenberg, puis dans Potins de femmes Singles Contact de Robert Zemeckis et Et au milieu coule une rivière . Dans ce dernier, dirigé par Robert Redford, il livre une interprétation poignante du révérend Maclean, père des personnages joués par Brad Pitt et Craig Sheffer.
Le shérif Jimmy Brock et la consécration aux Emmy Awards
À la télévision, sa prestation la plus emblématique demeure celle du shérif Jimmy Brock dans Picket Fences , série culte de David E. Kelley diffusée sur CBS entre 1992 et 1996. À la tête des forces de l’ordre d’une bourgade insolite du Wisconsin, il partage l’affiche avec Kathy Baker. En 1993, Tom Skerritt remporte l’Emmy Award du meilleur acteur dans une série dramatique, avant d’être nommé à nouveau l’année suivante. Plus tard, il incarne le patriarche William Walker dans la série Brothers & Sisters .
Établi dans la région de Seattle dès la fin des années 1980, l’acteur s’investit activement pour le cinéma indépendant et cofonde The Film School aux côtés du scénariste Stewart Stern. En 2012, il crée avec le vétéran Evan Bailey le Red Badge Project, une initiative destinée à aider les anciens soldats atteints de stress post-traumatique grâce aux ateliers d’écriture. Il continue de tourner jusqu’à un âge très avancé: en 2021, à 88 ans, il porte le drame East of the Mountains , adapté du roman de David Guterson. Ses proches ont rendu hommage à sa curiosité intellectuelle, sa générosité et son engagement indéfectible auprès des anciens combattants.
Une présence indélébile sur les écrans
Riche de plus de 170 apparitions sur grand et petit écran, Tom Skerritt laisse une trajectoire exemplaire naviguant avec aisance entre superproductions hollywoodiennes, drames intimistes et pépites indépendantes. En 2017, il avait retrouvé son ancien partenaire d’ Alien , Harry Dean Stanton, dans le crépusculaire Lucky . Familier et respecté, il incarnait à la perfection ces comédiens dont la silhouette et le regard s’imposent d’emblée à la mémoire collective des cinéphiles.
