Critique de Good Luck, Have Fun, Don't Die

Critique de Good Luck, Have Fun, Don’t Die

22/04/2026 Par Yanick Ruf

Fiche technique

Titre original : Good Luck, Have Fun, Don’t Die

Réalisateur : Gore Verbinski

Acteurs : Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry, Tom Taylor, Georgia Goodman, Daniel Barnett, Artie Wilkinson-Hunt

Date de sortie : 13 février 2026

Durée : 2h14

Genre : Science-Fiction, Action, Comédie

Pays : États-Unis, Allemagne

Synopsis

Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?

Avis de Noé

Gore Verbinski revient après bientôt une décennie d’absence, marquée par l’échec d’un film que j’ai adoré : « A Cure for Wellness ». Ce film de genres déroutant et inclassable n’avait rencontré ni l’adhésion du public, ni celle de la critique. Pourtant, la proposition était passionnante. Tout comme la filmographie de l’ex-musicien punk, qui semble inlassablement explorer de nouvelles terres cinématographiques. Venu du clip et de la publicité dont il conserve à chaque œuvre l’efficacité et l’esthétisme, Verbinski a débuté au cinéma en 1997 avec le classique pour enfants (mais pas que) « La Souris », délire total digne d’un Tex Avery live. Il a enchaîné avec un curieux film de gangsters, « Le Mexicain » (avec Brad Pitt et Julia Roberts), puis réussi l’un des rares remakes américains d’un film japonais : « The Ring ».

Critique de Good Luck, Have Fun, Don't Die

Cette montée en puissance trouve son apothéose avec la trilogie culte « Pirates des Caraïbes », au succès historique et à l’impact durable. Une assise hollywoodienne qui lui permet de s’aventurer sur des terrains variés, dont une comédie noire avec Nicolas Cage (« The Weather Man »). Surtout, il se lance dans l’animation avec l’excellent « Rango », à juste titre oscarisé en 2012. Un néo-western loin de s’adresser seulement au jeune public et qui avait l’audace de proposer des graphismes très originaux. Fort de cette expérience réussie, il persiste dans le genre (cette fois-ci en live action) en tentant de lancer une nouvelle saga avec son traditionnel comparse Johnny Depp. « Lone Ranger » sera un cuisant échec, non mérité.

Critique de Good Luck, Have Fun, Don't Die

Rebelote avec son retour à l’horreur en 2017, une cure maléfique suisse qui m’inspire pourtant sa plus grande réussite. Autant dire qu’après 9 ans, j’en attendais beaucoup de son nouveau projet. Eh bien c’est à n’en pas douter une très franche réussite ! S’accommodant avec brio des thématiques contemporaines, tout particulièrement l’I.A. qui représente le sujet principal, l’auteur les traite avec une malice plutôt rétro et bienvenue dans ce contexte. Voyage dans le temps cyberpunk, dinner hétéroclite et autres jouets maléfiques viennent infuser l’aspect « Black Mirror » du métrage, qui s’inspire au gré de flashbacks inventifs de la fameuse série britannique (depuis quelques saisons dévaluée par la griffe Netflix). On frôle d’ailleurs l’esthétique « plate-forme », mais le cinéaste sait suffisamment reprendre sa trajectoire en main pour nous éviter les poncifs qui polluent le cinéma contemporain. Il y a même une ADN plutôt politiquement incorrecte pour irriguer ce récit surprenant et très inventif, qui fait la part belle aux gueules et situations pittoresques.

Critique de Good Luck, Have Fun, Don't Die

C’est franchement ludique du début à la fin, dans la plus pure tradition d’un septième art qui ne perd jamais son objectif premier, qui est de divertir, mais toujours avec subtilité et attention pour le public. Une cinématographie qui se raréfie année après année, peut-être encore le fait de quelques auteurs « old-school ». Et pour certains, le mélange des genres ne prend pas toujours. Force est de constater l’ingéniosité rafraîchissante qui occupe l’esprit de ce Gore, capable de citer avec conviction des classiques comme « L’Invasion des profanateurs de sépultures » ou « Les Damnés », en filmant des hordes d’adolescents hypnotisés par leurs smartphones ! Et sur ce point, Verbinski ne donne pas vraiment dans la nuance : notre humanité court à sa perte et le traitement envisageable pourrait être des plus radical…

Bande annonce du film Good luck, have fun, don’t die

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