Critique de In the Lost Lands

Critique de In the Lost Lands

28/04/2026 Par Yanick Ruf

Fiche technique

Titre original : In the Lost Lands

Réalisateur : Paul W. S. Anderson

Acteurs : Milla Jovovich, Dave Bautista, Arly Jover, Amara Okereke, Fraser James, Simon Lööf, Deirdre Mullins, Sebastian Stankiewicz, Tue Lunding, Jacek Dzisiewicz

Date de sortie : 27 février 2025

Durée : 1h41

Genre : Action, Fantastique, Western

Pays : Allemagne, Suisse

Synopsis

Une reine pactise avec la puissante et redoutĂ©e sorciĂšre Gray Alys afin qu’elle lui rapporte un trĂ©sor capable de lui confĂ©rer un pouvoir immense. Alys et son guide, le vagabond Boyce, doivent s’aventurer dans les dangereuses ContrĂ©es Perdues. LĂ , ils devront dĂ©jouer et combattre hommes et dĂ©mons pour honorer leur part du contrat


Avis de Yanick Ruf

In the Lost Lands prend un vrai pari de genre : mĂȘler la fantasy, le western sale et la SF post-apocalyptique dans un univers qui Ă©voque autant Mad Max que des visions de contes dĂ©vastĂ©s. Le film avance dans un monde de ruines, de poussiĂšre et de ferraille, oĂč la magie cohabite avec la violence la plus brute. Cette fusion, dĂ©jĂ  rare en soi, donne au rĂ©cit une identitĂ© trĂšs marquĂ©e, presque monolithique, comme si tout l’univers avait Ă©tĂ© coulĂ© dans une mĂȘme matiĂšre grise et brĂ»lĂ©e.

La mise en scĂšne assume une esthĂ©tique trĂšs stylisĂ©e, presque picturale. On pense parfois Ă  Sky Captain and the World of Tomorrow pour ce cĂŽtĂ© artificiel revendiquĂ©, ces dĂ©cors qui ressemblent Ă  des visions de bande dessinĂ©e ou de fresque numĂ©rique, avec des teintes souvent monochromes qui Ă©crasent la palette au profit d’une cohĂ©rence visuelle forte. Le rĂ©sultat est Ă©tonnamment cohĂ©rent : le film n’essaie jamais de faire illusion comme un rĂ©alisme de surface, il prĂ©fĂšre construire un monde graphique, un peu abstrait, mais trĂšs lisible. C’est probablement son plus grand atout.

Critique de In the Lost Lands

Au cƓur de l’intrigue, il y a une chasse au loup-garou, qui sert de moteur narratif autant que de prĂ©texte Ă  la traversĂ©e d’un territoire hostile. Mais l’intĂ©rĂȘt du film ne tient pas seulement Ă  la quĂȘte : il tient surtout Ă  ses figures. Milla Jovovich y incarne une sorciĂšre fascinante, presque mythologique, qui rappelle par son calme et sa maniĂšre d’ĂȘtre la figure du tueur de western classique, Ă  la Lee Van Cleef dans Le Bon, la Brute et le Truand. Elle a cette prĂ©sence de personnage qui ne promet jamais plus que ce qu’elle peut tenir, mais qui tient toujours ce qu’elle promet. Le dĂ©tail des contrats, mĂȘme contradictoires, la rend presque plus dangereuse que n’importe quel monstre : elle est d’abord fidĂšle Ă  sa propre logique.

Face Ă  elle, Dave Bautista apporte une force plus rugueuse, plus terrienne. Son personnage, Boyce, est moins un hĂ©ros qu’un survivant, un homme massif que le monde semble avoir dĂ©jĂ  suffisamment battu pour qu’il n’ait plus besoin de jouer au dur. Le moment oĂč il s’extrait lui-mĂȘme une balle de l’épaule dit beaucoup de cette brutalitĂ© concrĂšte : le corps y est traitĂ© comme une mĂ©canique qu’on rĂ©pare en urgence, sans hĂ©roĂŻsme inutile. Le film aime ce genre de gestes secs, presque primitifs, qui ramĂšnent constamment le rĂ©cit Ă  la douleur et Ă  l’endurance.

Critique de In the Lost Lands

Autour d’eux gravitent des sortes de croisĂ©s fanatiques, chasseurs de sorciĂšre ou soldats d’une foi dĂ©voyĂ©e, qui ajoutent une dimension plus religieuse et inquisitoriale Ă  l’ensemble. Ils donnent au film un relief supplĂ©mentaire : ce n’est pas seulement une fuite ou une chasse, c’est aussi un monde oĂč la violence a trouvĂ© des justifications sacrĂ©es. Cette tension entre croyance, mission et prĂ©dation renforce l’impression d’un univers entiĂšrement livrĂ© Ă  des forces irrĂ©conciliables.

Au final, In the Lost Lands impressionne d’abord comme objet visuel. Il a quelque chose de trĂšs maĂźtrisĂ© dans son esthĂ©tique, presque irrĂ©prochable dans sa fabrication d’univers. On peut lui reprocher une certaine raideur ou une stylisation parfois dominante sur l’émotion, mais il possĂšde une vraie personnalitĂ©, rare dans ce type de production. C’est un film de visions plus que de psychologie, un western fantastique post-apo qui prĂ©fĂšre les silhouettes, les pactes et les paysages aux explications. D’aprĂšs Martin, et portĂ© Ă  l’écran comme un monde en ruines fascinant, il assume pleinement son cĂŽtĂ© conte noir de science-fiction baroque.

Bande annonce du film In the Lost Lands

Critique de In the Lost Lands
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