Critique de Arahan
Synopsis
Un jeune policier naïf, Seung Whan, souhaite ramener la justice dans le monde. Mais en réalité, il est impuissant devant les méfaits des plus minables gangsters locaux. En tentant d’arrêter un malfrat, il est accidentellement assommé par la fille de Jaun, un membre des Sept Grands Maîtres, gardiens du secret d’Arahan et maîtres en arts martiaux…
Avis de Yanick RUF
Arahan est un film d’action coréen qui mélange arts martiaux, fantastique et comédie avec une énergie assez irrésistible, et qui conserve aujourd’hui encore un charme intact. Le film s’ouvre sur une scène d’introduction volontairement farfelue, qui pose immédiatement le ton : on sera dans le registre du décalage, avec des personnages excentriques et un humour très marqué. Le générique qui suit est étonnamment ambitieux pour l’époque, avec une animation dynamique portée par un thème musical entraînant, qui donne au film une identité pop et « high level » dès les premières minutes.

Héros ahuri et maîtres surpuissants
L’intrigue bascule ensuite vers la présentation du duo central : une jeune femme aux allures de super-héroïne, experte en arts martiaux, et un policier un peu benêt, constamment dépassé par les événements.
Les anciens aperçus au début réapparaissent et voient en ce policier maladroit l’Élu qu’ils attendaient pour sauver leur académie. Ils se présentent comme les « 7 maîtres de Tao », détenteurs de dons spectaculaires (lévitation, marche sur les murs, souffle dévastateur…), même s’ils ne sont en réalité que cinq, clin d’œil comique assumé.

Humour coréen et scènes cultes
Les effets spéciaux, mélange de câbles et de trucages numériques, restent très convaincants et servent pleinement le ton cartoonesque du film. L’humour est omniprésent : quiproquos, gags visuels, exagérations, et notamment une séquence de « festival de gifles » typiquement coréenne, à la fois brutale et hilarante, qui fait partie des moments les plus mémorables.
Après une explication très didactique et amusée du Chi, on entre dans la phase d’apprentissage du héros Sang-hwan. À la manière de Daniel dans Karaté Kid, il se voit imposer des tâches qui semblent au départ n’avoir rien à voir avec un entraînement martial, mais qui vont affûter son corps et son esprit, jusqu’à le transformer en véritable maître capable d’affronter le mal… qui, bien sûr, vient tout juste d’être libéré, hasard scénaristique savoureusement assumé.

Un film qui vieillit bien
Le mélange de câblages à la Hong Kong et d’effets numériques tient encore très bien la route : les scènes d’action restent lisibles, inventives, et ne sont pas trop datées visuellement. Arahan demeure un action movie humoristique que l’on revoit avec plaisir, d’autant qu’il bénéficie d’un doublage français particulièrement soigné et d’une restauration HD qui met en valeur sa mise en scène nerveuse et son sens du spectacle.


