Critique de Popeye the Slayer Man
Synopsis
Un groupe d’amis curieux se faufile dans une usine de conserves d’épinards abandonnée pour enquêter sur la légende du « Sailor Man », qui hanterait l’usine et les quais locaux.
Avis de Yanick Ruf
Popeye the Slayer s’inscrit clairement dans la nouvelle vague de détournements horrifiques de grandes icônes animées, mais laisse une impression très contrastée. L’idée est amusante sur le papier, le gore est généreux, mais l’exécution n’est pas toujours à la hauteur, surtout côté son et écriture.
Une relecture horrifique ultra gore
Le film s’inscrit dans la lignée de ces reboots « dark » de l’imaginaire enfantin, après Mickey ou Bambi revus à la sauce horrifique. On est à des années‑lumière du Popeye bon enfant popularisé au cinéma par la version avec Robin Williams, avec ici une surenchère d’hémoglobine, de mutilations et de mises à mort graphiques qui réservent le film à un public très averti.

Image soignée, son raté
Visuellement, l’ensemble est plutôt réussi : composition d’image soignée, éclairages travaillés, quelques idées de mise en scène qui collent bien à l’ambiance gore. En revanche, la partie sonore gâche en partie le spectacle : échos mal gérés, volume exagéré sur certains effets (comme la sonnerie de téléphone) pour forcer les nerfs du spectateur, au point que cela devient vite plus épuisant qu’effrayant.
Maquillages et effets spéciaux
Les maquillages et effets spéciaux pratiques constituent l’un des points forts du film. Les mutilations, prothèses et giclées de sang participent pleinement à l’identité horrifique de l’œuvre, donnant une vraie matérialité aux scènes de carnage qui, sur ce plan, remplissent leur contrat de film d’horreur « gore fest ».

Scénario inégal et scènes risibles
Sur le plan narratif, l’idée de départ est plutôt originale : transformer Popeye en figure slasher et faire basculer son univers dans l’horreur. Mais l’écriture pêche par manque de finesse, avec des scènes qui flirtent avec le ridicule (comme la blonde qui meurt bêtement, tout comme son compagnon mais je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler!) provoquant davantage le fou rire que le malaise, ce qui casse souvent la tension.

Références au dessin animé d’origine
Malgré tout, les clins d’œil à l’oeuvre d’origine sont nombreux et plutôt amusants pour les spectateurs qui connaissent le cartoon. Look du personnage, boîtes d’épinards écrasées pour gagner en force, petits gestes et tics iconiques : ces éléments créent un pont ludique entre l’univers naïf du dessin animé et la brutalité de cette réinterprétation horrifique.
Au final, Popeye the Slayer Man ressemble à un exercice de style gore et cinéphile, avec de vrais efforts visuels et de bons effets spéciaux, mais plombé par un design sonore agressif et un scénario souvent maladroit. On y trouve des idées amusantes et de belles références, mais aussi bien des moments involontairement comiques qui empêchent le film de s’imposer comme une réussite majeure du genre.


