Critique de Les Clowns tueurs venus d’ailleurs
Synopsis
Une météorite portant en elle des clowns assoiffés de sang tombe sur la Terre. La bande de clowns commence alors à tuer tous les habitants d’une petite ville à coups de gags mortels…
Avis de Yanick Ruf
« Killer Klowns from Outer Space » est un nanar culte qui doit beaucoup à son concept complètement barré et à une direction artistique étonnamment ambitieuse pour son époque. La restauration HD met en valeur le travail visuel, sans massacrer les trucages comme c’est trop souvent le cas pour ce type de production.
Univers visuel et direction artistique
Le vaisseau spatial en forme de chapiteau de cirque et les extraterrestres-clowns donnent immédiatement le ton : on est dans un cauchemar de fête foraine, à mi-chemin entre cartoon et film d’horreur. L’intérieur du vaisseau décline tous les codes du monde des clowns : couleurs criardes, structures géométriques absurdes, motifs rappelant les manèges et les attractions de parc forain.
Les décors sont réellement impressionnants pour un film de cette catégorie : couloirs psychédéliques, salles aux proportions improbables, éléments de cirque détournés en architecture spatiale. Le filon est exploité à fond : chaque pièce du vaisseau trouve une façon nouvelle de tordre l’imaginaire clownesque.

Gags visuels et trouvailles de mise en scène
Le film se distingue par une succession de trouvailles visuelles : cocons en barbe à papa, chien en ballon gonflable utilisé comme pisteur, fusils qui tirent du popcorn, ballons, gags de cirque transformés en armes mortelles. Ces idées, qui pourraient n’être que des gimmicks, sont intégrées à la dramaturgie et rythment le récit.
On a presque l’impression de voir une variation de « Predator » transposée dans un univers de cirque : des chasseurs extraterrestres traquent leurs proies humaines, mais avec des outils et un imaginaire de clown, ce qui donne à la fois du comique absurde et un malaise étrange.

Personnages et codes du nanar
Le film joue pleinement avec les stéréotypes des séries B :
- le “bon flic” qui tente réellement de comprendre ce qui se passe et d’aider les jeunes ;
- le vieux grincheux qui déteste les adolescents et incarne le conservatisme obtus ;
- les ados eux-mêmes, figures classiques de la petite ville américaine confrontée à un danger improbable.
Ces archétypes sont assumés, presque caricaturaux, ce qui renforce le plaisir nanar : le spectateur sait exactement où il met les pieds, mais s’amuse de la surenchère.

Maquillages et effets spéciaux
Les maquillages des clowns extraterrestres sont l’un des grands atouts du film : visages grotesques, textures travaillées, expressions exagérées qui oscillent entre comique et inquiétant. Les effets spéciaux, majoritairement pratiques, supportent très bien le passage à la HD : loin de révéler la “triche”, la haute définition met en avant la qualité du travail artisanal.
Là où beaucoup de films de genre perdent en crédibilité une fois restaurés, « Killer Klowns from Outer Space » gagne en charme, car tout repose sur du concret : costumes, prothèses, décors physiques, accessoires.

Ton, musique et statut culte
La musique entraînante renforce le ton décalé : on n’est jamais totalement dans la peur, mais plutôt dans une forme de fête macabre, un carnaval de l’absurde. Le mélange d’horreur, de comédie et de kitsch fonctionne précisément parce que le film prend au sérieux son propre délire visuel.
L’originalité de l’idée, des aliens clowns dans un vaisseau-chapiteau qui transforment les humains en barbe à papa, combinée à une réalisation inventive, a propulsé le film au sommet des nanars cultes. C’est typiquement le genre d’œuvre à (re)découvrir : suffisamment sérieuse pour tenir debout, suffisamment folle pour rester inoubliable.
En résumé, si l’on accepte le concept et le budget, « Killer Klowns from Outer Space » est un véritable petit bijou de série B, à voir autant pour son esthétique unique que pour son humour tordu.

