Critique de Torrente 4: Lethal crisis
Avis de Yanick Ruf
Santiago Segura renfile une nouvelle fois le costume de son anti‑héros fétiche, José Luis Torrente, flic véreux à la vulgarité assumée, toujours aussi lourdingue, obsédé sexuel et politiquement plus qu’incorrect. Avec ce quatrième opus, le réalisateur pousse encore plus loin la logique de la saga : humour trash, mauvais goût revendiqué, esprit potache et avalanche de gags eschatologiques s’enchaînent sans temps mort, dans une mise en scène qui lorgne clairement du côté du cinéma d’action hollywoodien.

Le récit suit un Torrente au fond du trou, qui se retrouve en prison après avoir été accusé à tort, avant de préparer une spectaculaire évasion. C’est là que le film s’autorise ses clins d’œil les plus évidents aux classiques américains, et notamment à « À nous la victoire », en orchestrant une fuite pendant un match de football, détournant le côté héroïque du modèle pour en proposer une version grossière, grotesque et parodique.

Comme toujours, la force (et la limite) du film repose sur son personnage principal, caricature ambulante de macho raciste, misogyne, clodo sur les bords et totalement dépourvu de morale, que Segura filme sans jamais chercher à le rendre fréquentable. Torrente 4 capitalise aussi sur un défilé de guests et de célébrités espagnoles, ainsi que sur des moyens techniques plus importants (3D, scènes d’action et d’explosions spectaculaires), au service d’un pur divertissement outrancier qui s’adresse avant tout aux fans déjà conquis par l’univers de la saga.
Bande annonce du film Torrente 4: Lethal crisis


