Critique de La Mascotte
Synopsis
La jeune Emily dĂ©couvre un paresseux cachĂ© dans son universitĂ©. PrĂȘte Ă tout pour ĂȘtre Ă©lue prĂ©sidente de sa promotion, elle en fait sa mascotte pour gagner en popularitĂ©. Mauvaise idĂ©e : cette adorable crĂ©ature nommĂ©e « Alpha » se rĂ©vĂšle ĂȘtre un prĂ©dateur sanguinaire bien dĂ©cidĂ© Ă massacrer – lentement – les Ă©tudiantes…
Avis de Yanick Ruf
Rares sont les films qui osent aller aussi loin dans le dĂ©lire assumĂ©. La Mascotte en fait partie, et il le revendique fiĂšrement : ici, le tueur nâest autre quâun paresseux animatronique sanguinaire, fusion improbable entre mascotte de campus et monstre de foire. LâidĂ©e est tellement absurde quâelle en devient irrĂ©sistible. Oui, le film est idiot, volontairement excessif, et justement, câest ce qui fait tout son sel.

Sous ses airs de comĂ©die dâhorreur dĂ©complexĂ©e, le film sâamuse Ă Ă©gratigner lâunivers des influenceuses, des concours de popularitĂ© et des rĂ©seaux sociaux. Les candidates Ă la prĂ©sidence de leur sororitĂ© rivalisent de superficialitĂ© et dâarrogance, obsĂ©dĂ©es par leur image, leur taux dâengagement et leurs followers. Pendant ce temps, leur adorable mascotte (Alpha, un paresseux Ă lâair inoffensif) rĂ©vĂšle une intelligence surprenante, capable de manipuler ordinateurs, photos, boissons et mĂȘme capsules de biĂšre… avant de passer Ă lâacte avec une efficacitĂ© meurtriĂšre redoutable.

Les morts sâenchaĂźnent, souvent grotesques, parfois inventives, toujours absurdes. La lenteur lĂ©gendaire du paresseux contraste dĂ©licieusement avec la frĂ©nĂ©sie hystĂ©rique de ses victimes, donnant lieu Ă des scĂšnes dâun comique macabre jouissif. On rit, on sursaute, on secoue la tĂȘte dâincrĂ©dulitĂ©. La Mascotte appartient Ă cette lignĂ©e de films dâhorreur volontairement dĂ©biles, mais tellement conscients de leur propre absurditĂ© quâils en deviennent attachants.

CĂŽtĂ© rĂ©alisation, le choix d’une marionnette est une vraie bonne surprise. Le monstre a une prĂ©sence physique qui manque souvent aux crĂ©atures en CGI : il bouge maladroitement, mais chaque clignement dâĆil renforce le malaise. Techniquement, câest plutĂŽt rĂ©ussi, et lâhumour second degrĂ© du film assume Ă fond cette artificialitĂ©.
On notera Ă©galement une distribution presque entiĂšrement fĂ©minine, volontiers caricaturale, mais Ă©nergique et complice du dĂ©lire ambiant. Le tout compose un festival dâexcĂšs et de non-sens, Ă mi-chemin entre film d’horreur et une parodie des slashers 90âs. Bien sĂ»r, il ne faut surtout pas chercher la vraisemblance (la narration part dans tous les sens, lâhumour frĂŽle parfois le ridicule) mais le rĂ©sultat reste diablement divertissant.

En somme, La Mascotte est un carnage volontairement idiot mais pleinement assumĂ©, un film qui cĂ©lĂšbre la bĂȘtise avec un aplomb rĂ©jouissant. Du gore, des rires, et un paresseux tueur plus malin que ses victimes : câest nâimporte quoi, mais câest exactement le genre de nâimporte quoi quâon aime regarder entre amis.
