Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh

Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh

17/02/2026 Par Yanick Ruf

Fiche technique

Titre original : 力王

Réalisateur : 藍乃才

Acteurs : 樊少皇, 樊梅生, 何家駒, 葉蘊儀, Yukari Ôshima, 陳治良, Kôichi Sugisaki, Wong Kwai-Hung, Tetsurō Tanba, 曾近榮

Date de sortie : 5 octobre 1991

Durée : 1h32

Genre : Action, Crime, Comédie, Thriller

Pays : Hong Kong

Synopsis

Il s’agit d’une adaptation «live» d’un manga culte en douze volumes, édité entre 1988 et 1990… Cette œuvre papier, dont le scénario est signé Takajo Masahiko et les dessins Tetsuya Saruwatari, nous conte les aventures ou plutôt mésaventures d’un certain Riki-Oh Saiga. Le jeune homme reçut dès son enfance un enseignement rigoureux lui permettant bien vite de devenir un véritable Maître dans l’art du Qigong. Chose plutôt bienvenue puisqu’une fois adulte, un gang de Yakuza tue sa petite amie. Riki-Oh se venge donc sans mal mais part aussi sec finir ses jours dans une prison de haute sécurité peuplée d’individus fort peu recommandables… source: devildead.com

Avis de Yanick Ruf

« Story of Ricky » est un monument du cinéma d’exploitation, une adaptation live du manga « Riki-Oh » qui pousse à l’extrême le mélange arts martiaux, film de prison et gore cartoonesque. Tourné au début des années 90 à Hong Kong, le film compense son budget limité par une inventivité débridée et un sens du grand‑guignol qui en ont fait un véritable objet culte.

L’action se déroule dans une prison privatisée d’un futur proche, contrôlée par un directeur corrompu et des gardiens sadiques. On sent vite les contraintes de production : décors peu nombreux, peu de figurants, coursives presque vides… ce qui donne parfois l’impression d’un établissement étonnamment peu peuplé pour un lieu censé être surpeuplé. Cette pauvreté visuelle participe pourtant au charme bis du film, renforçant son aspect « théâtre de poche » où l’essentiel se joue dans les combats et les visions gore.

Le film accumule des images improbables qui contribuent à son aura nanardeuse : pendaisons en pleine nuit hors des cellules, bureaux de direction décorés d’étagères remplies de cassettes pornos, et même une plantation de pavot au cœur de la prison. Tout cela compose un univers où la corruption et l’absurde cohabitent, comme si la logique interne du récit importait moins que le plaisir de pousser chaque situation un cran plus loin.

Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh

Ricky est présenté comme un jeune homme au passé mystérieux et à la force surhumaine, capable de pulvériser murs et corps humains à mains nues. Un flash‑back vient éclairer son entraînement quasi mystique et les raisons de ses capacités hors normes, ainsi que les circonstances qui l’ont conduit derrière les barreaux, le corps criblé de balles. Ce retour en arrière, même s’il reste succinct, suffit à lui donner un minimum d’épaisseur tragique : Ricky apparaît comme un justicier martyrisé, prêt à endure toutes les tortures pour défendre les plus faibles.

Cette dimension héroïque, héritée directement du manga, explique la tonalité quasi irréaliste des affrontements. Ricky encaisse coups, couteaux, pièges et humiliations avant de se relever systématiquement, dans une logique de surenchère typique du « shōnen » musclé transposé en prise de vues réelles.

Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh

L’un des principaux attraits du film réside dans ses effets spéciaux entièrement pratiques : pas de numérique ici, tout est maquillage, prothèses et bricolages sanguinolents. Bras arrachés, têtes écrasées, ventres ouverts dont on extrait des viscères, strangulation avec des intestins… chaque combat devient une démonstration de body‑horror outrancière. Le gore est tellement exagéré qu’il en devient presque comique, franchissant la frontière entre horreur et burlesque.

La transformation finale du directeur en créature monstrueuse constitue le point d’orgue de ce délire visuel, donnant lieu à un affrontement climatiquement aussi chaotique que réjouissant. C’est typiquement le genre de scène qui, à elle seule, justifie la réputation du film auprès des amateurs de curiosités extrêmes.

Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh

Les ressorties en haute définition permettent aujourd’hui d’apprécier pleinement le travail des maquilleurs et des techniciens, malgré l’aspect parfois cheap de certains décors. La HD révèle les coutures, les faux membres et les litres de faux sang, mais c’est précisément ce qui fait le charme de « Story of Ricky » : on voit l’artisanat à l’œuvre, le plaisir de tout faire « en dur », sans filtres numériques pour lisser les imperfections.

En définitive, « Story of Ricky » n’est ni un grand film de prison ni un drame réaliste ; c’est un bijou d’exploitation, radical, outrancier et totalement décomplexé, qui assume son statut de défouloir gore jusqu’à la dernière minute. Pour qui aime les arts martiaux ultra violents, le gore old school et les adaptations de manga qui n’ont peur de rien, c’est une expérience incontournable.

Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh

Bande annonce du film Story of Ricky – les aventures de Riki-Oh

Critique de Story of Ricky – Les aventures de Riki-Oh
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