Critique de Alien Trespass
Synopsis
En 1957, un OVNI s’Ă©crase dans le dĂ©sert de Californie, apportant une menace de destruction sur la Terre. Un dangereux alien s’Ă©chappe du vaisseau, son objectif est de dĂ©truire toute forme de vie sur la planĂšte. Mais Urp, un deuxiĂšme alien sort du vaisseau et se glisse dans le corps de Ted Lewis, un astronaute. AidĂ© de Tammy, une serveuse, Ted va tenter de sauver l’humanitĂ©.
Avis d’Orlok
Alien Trespass â un hommage dĂ©licieusement rĂ©tro Ă la science-fiction des fifties
Avec Alien Trespass, le spectateur embarque pour un voyage temporel aussi drĂŽle que savoureux, direction les Ătats-Unis des annĂ©es 50. Ă mi-chemin entre la parodie assumĂ©e et lâhommage amoureux, ce film de science-fiction revisite les classiques dâun Ăąge dâor cinĂ©matographique plein de charme, de naĂŻvetĂ© et de folie visuelle.

Un kitsch revendiqué et jubilatoire
DĂšs les premiĂšres images, Alien Trespass affiche la couleurâŻ: le kitsch est roi. Les effets spĂ©ciaux datĂ©s, les dĂ©cors en carton-pĂąte qui frĂ©missent au moindre passage dâacteur et les costumes criards sont autant de clins dâĆil volontaires aux productions de sĂ©rie B des annĂ©es 50. Sous ses airs de film dĂ©suet, lâĆuvre cache en rĂ©alitĂ© un sens aigu du pastiche : elle reproduit avec une prĂ©cision ironique les tics de mise en scĂšne, les cadrages figĂ©s et les dialogues trop bien jouĂ©s de lâĂ©poque. On pense parfois Ă Â Mars Ă table (Top of the food chain) pour le ton dĂ©calĂ© et la nostalgie gĂ©nĂ©reuse qui traverse chaque scĂšne.
Une galerie de personnages savoureusement caricaturaux
Lâaction se dĂ©roule dans une petite bourgade typique des fifties, livrĂ©e Ă la panique aprĂšs lâatterrissage dâun vaisseau extraterrestre. On y retrouve toute la panoplie de personnages stĂ©rĂ©otypĂ©s que lâon attend de ce genre de rĂ©citâŻ: le scientifique visionnaire, la femme au foyer trop parfaite, le shĂ©rif courageux mais dĂ©passĂ©, et les adolescents intrĂ©pides. Le charme du film tient justement dans cette mise en scĂšne des clichĂ©s, entre affection et ironie. Les acteurs jouent avec une exagĂ©ration maĂźtrisĂ©e, donnant Ă chaque rĂ©plique le ton surjouĂ© nĂ©cessaire au second degrĂ© qui fait mouche.

LâĂ©quilibre entre hommage et moquerie
Loin de se contenter dâune simple moquerie, Alien Trespass rĂ©ussit Ă Â Ă©quilibrer respect et dĂ©rision. DerriĂšre le burlesque, le film porte un vrai regard de cinĂ©phile sur cette Ă©poque oĂč la science-fiction servait Ă parler de la peur de lâinconnu, de la guerre froide ou de lâinvasion idĂ©ologique. En cela, le film fonctionne comme une lettre dâamour au cinĂ©ma rĂ©tro, tout en sâamusant de ses limites. Il montre combien le charme de ces productions repose moins sur la crĂ©dibilitĂ© que sur la sincĂ©ritĂ©.

Une parodie réjouissante
Au final, Alien Trespass rĂ©ussit un tour de force rareâŻ: ĂȘtre drĂŽle sans ĂȘtre moqueur, et nostalgique sans ĂȘtre poussiĂ©reux. Câest une comĂ©die de science-fiction pleine de tendresse, dâĂ©nergie et dâesprit, oĂč chaque faux dĂ©cor devient un gag et chaque clin dâĆil un hommage. Un film qui fera sourire tout amateur de sĂ©rie B, de soucoupes volantes en fil de fer et de dialogues criĂ©s Ă la cantonade. En un motâŻ: du bon cinĂ©ma rĂ©tro, comme on lâaime.

