Critique de Predator : Badlands
Synopsis
Jugé trop faible et indigne par son père, chef de la tribu des Yautja, Dek est sur le point de se faire exécuter par son frère Kwei. Mais au dernier moment, celui-ci préfère se sacrifier pour favoriser sa fuite. Décidé à prouver son courage, le jeune paria se rend sur la planète Genna pour y capturer le Kalisk, un monstre réputé invincible. Confronté à une nature hostile et imprévisible, le guerrier inexpérimenté doit sa survie à Thia, une androïde privée de la partie inférieure de son corps depuis son affrontement avec le Kalisk. Avec l’aide de celle-ci, Dek amorce sa traque de la terrible créature, convoitée par des scientifiques pour ses formidables dons de régénération.
Avis de Yanick Ruf
Predator: Badlands — le souffle nouveau d’une créature mythique
Près de quarante ans après avoir terrorisé la jungle face à Schwarzenegger, le mythique chasseur extraterrestre revient dans Predator: Badlands, un film qui surprend autant qu’il fascine. Loin du survival musclé des années 80 ou du retour aux sources de Prey, cette nouvelle entrée de la saga s’aventure sur un terrain inédit : celui de l’introspection et du renouveau culturel du peuple Yautja.

Une redéfinition du mythe
Le film prend à contre-pied tout ce que l’on pensait savoir sur les Predators. Fini la simple figure de la bête traqueuse : Badlands nous plonge au cœur de leur civilisation, de leurs rites et de leurs conflits internes. Sous la caméra inspirée du réalisateur, on découvre un peuple barbare en apparence, mais profondément codifié, régi par un code d’honneur et une hiérarchie complexe.
Là où les précédents films opposaient humains et prédateurs, celui-ci brouille les frontières : le Yautja nommé Dek, chasseur solitaire et stratège, se voit contraint de s’allier à d’autres espèces pour mener à bien sa mission. Ce renversement de perspective humanise la créature, dévoilant des failles, des choix moraux, et une forme d’identification inédite.

Un univers entre fureur et spiritualité
Visuellement, Predator: Badlands est une vraie claque esthétique. Les paysages évoquent la luxuriance et la verticalité d’un Avatar, mais teintés d’une noirceur plus brute, presque tribale. Les Yautja ne sont plus des silhouettes camouflées dans la jungle, mais des guerriers à visage découvert, parés d’armures ornementées rappelant les gladiateurs antiques.
Cette mise en scène grandiose donne naissance à une fresque quasi mythologique. Chaque combat, chaque rituel, chaque interaction entre clans traduit une quête identitaire mêlant violence et spiritualité , une approche rare dans la franchise.

La renaissance d’une saga
Depuis Prey, la saga Predator semble amorcer un tournant plus audacieux. Badlands confirme cette évolution, en assumant un angle narratif plus épique et introspectif. Là où jadis régnait la peur et la traque, s’impose maintenant une réflexion sur la culture, la transmission et la notion même de “proie”.
La création du clan de Dek marque le début d’une nouvelle ère pour l’univers des Yautja : celle d’une société qui doute, qui évolue, et qui trouve dans la coopération un sens inattendu.

Un film à la fois spectaculaire et émouvant
Tout concourt à faire de Predator: Badlands un film aussi spectaculaire que sensible : une photographie somptueuse, des effets visuels maîtrisés, un rythme équilibré entre action et contemplation. L’alchimie entre les personnages et la richesse culturelle dépeinte donnent à ce nouvel opus une profondeur inédite.
On en ressort avec le sentiment d’avoir redécouvert le mythe : l’alien chasseur n’est plus seulement une force de destruction, mais le reflet de nos propres contradictions humaines.
En s’aventurant dans les terres arides de Badlands, la franchise Predator prouve qu’elle n’est pas condamnée à répéter ses formules. Ce film transcende l’action pour tendre vers l’épopée, et ouvre la voie à de nouvelles explorations cinématographiques.
Un chef-d’œuvre visuel et narratif, qui redonne vie à l’une des créatures les plus fascinantes du cinéma de science-fiction. Vivement la suite.

