Critique de Soldat bleu

Critique de Soldat bleu

07/01/2026 Par Yanick Ruf

Fiche technique

Titre original : Soldier Blue

Réalisateur : Ralph Nelson

Acteurs : Candice Bergen, Peter Strauss, Donald Pleasence, John Anderson, Jorge Rivero, Dana Elcar, Bob Carraway, Martin West, James Hampton, Mort Mills

Date de sortie : 12 août 1970

Durée : 1h54

Genre : Western, Drame

Pays : États-Unis

Synopsis

Le 29 Novembre 1864, une unitĂ© de volontaires de la Cavalerie du Colorado, comprenant 900 hommes, attaque un paisible village Cheyenne Ă  Sand Creek. Les indiens levĂšrent un drapeau blanc et un drapeau amĂ©ricain. La cavalerie attaqua nĂ©anmoins, massacrant sept cents indiens – dont plus de 350 femmes et enfants. Plus de cent scalps indiens furent pris, des corps furent dĂ©membrĂ©s et il y eu de nombreux viols


Avis de Yanick RUF

RĂ©alisĂ© par Ralph Nelson en 1970, Soldat bleu revient aujourd’hui dans une restauration 4K supervisĂ©e par Studiocanal, qui redonne toute sa force Ă  ce western rĂ©visionniste longtemps jugĂ© trop dĂ©rangeant pour le grand public. InspirĂ© du massacre de Sand Creek en 1864, le film s’appuie sur une histoire vraie pour dĂ©noncer frontalement les exactions de l’armĂ©e amĂ©ricaine contre les populations cheyennes.​

Critique de Soldat bleu

Le rĂ©cit adopte le point de vue d’une jeune AmĂ©ricaine, Cresta (Candice Bergen), enlevĂ©e puis mariĂ©e de force Ă  un chef cheyenne, qui sert de tĂ©moin aux horreurs de la guerre et au racisme d’État. Face Ă  elle, le soldat Honus, incarnĂ© par Peter Strauss, paraĂźt presque naĂŻf, voire simplet, Ă  cĂŽtĂ© de cette hĂ©roĂŻne sĂ»re d’elle, dĂ©brouillarde et bien plus lucide sur la violence de son propre camp. Les dialogues, crus et percutants, participent Ă  faire de Soldat bleu un western atypique, plus proche du pamphlet politique que du divertissement classique.​

Critique de Soldat bleu

Le film interroge frontalement la lĂ©gitimitĂ© de la prĂ©sence amĂ©ricaine sur ces terres, rappelant que les États-Unis se sont bĂątis sur des territoires appartenant aux peuples autochtones, l’homme blanc Ă©tant prĂ©sentĂ© comme l’envahisseur. Les massacres gratuits de villages entiers, les femmes et les enfants abattus parce qu’ils n’ont « pas la bonne couleur », les viols systĂ©matiques, tout cela est montrĂ© sans fard, jusqu’à une derniĂšre sĂ©quence d’une violence inouĂŻe, oĂč les corps sont mutilĂ©s, dĂ©membrĂ©s, rĂ©duits Ă  l’innommable.​

Critique de Soldat bleu

Cette conclusion, inspirĂ©e du vĂ©ritable massacre de Sand Creek , oĂč des centaines de Cheyennes et d’Arapahos, dont une large majoritĂ© de femmes et d’enfants, furent tuĂ©s malgrĂ© l’arboration du drapeau amĂ©ricain et d’un drapeau blanc, pose une question brutale : qui sont rĂ©ellement les « sauvages » ? En renversant les codes du western et en montrant la cavalerie amĂ©ricaine comme une horde de bourreaux, Soldat bleu demeure l’un des films les plus radicaux et les plus dĂ©rangeants de l’histoire du cinĂ©ma amĂ©ricain.​

Bande annonce du film Soldat bleu

Critique de Soldat bleu
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8.5