Critique de L’Astronaute
Synopsis
L’astronaute Sam Walker est retrouvé miraculeusement vivante dans une capsule perforée flottant au large des côtes de l’océan Atlantique. Le général William Harris prend des dispositions pour qu’elle soit placée sous la surveillance intensive de la NASA. Lorsque des événements étranges commencent à se produire autour de la propriété, Walker craint que quelque chose d’extraterrestre ne l’ait suivie sur Terre.
Avis de Yanick RUF
Avec The Astronaut, le spectateur plonge d’emblée dans une atmosphère oppressante et énigmatique, dès la scène d’ouverture, d’une intensité remarquable. Une astronaute revenue sur Terre, seule rescapée d’une mission spatiale, atterrit dans une capsule endommagée et très vite, le doute s’installe : a-t-elle rapporté quelque chose avec elle ? Une forme de vie inconnue ? Ou n’est-elle tout simplement plus la même ?

Le récit alterne entre présent pesant et flashbacks récurrents, retraçant les fragments d’une mission dont les contours se brouillent à mesure que la mémoire de l’héroïne vacille. Ces retours en arrière nourrissent le mystère et la tension : s’agit-il de souvenirs authentiques, d’hallucinations, ou d’un esprit défaillant face à un traumatisme impossible à surmonter ? La frontière entre réalité et fantasme se fait de plus en plus floue, plongeant le spectateur dans une expérience mentale aussi déroutante que fascinante.

Au cœur du film s’entrelacent des questions existentielles : jusqu’où peut-on aller pour accomplir son devoir scientifique ? Que reste-t-il de l’individu quand la mission et la pression l’isolent de tout lien humain ? L’astronaute, confinée dans sa maison comme dans une nouvelle capsule terrestre, s’enfonce dans une solitude angoissante, tandis que son entourage médical et familial semble étrangement passif. Ce choix narratif, un peu frustrant parfois, souligne néanmoins la thématique de l’isolement intérieur et de la perte de confiance dans les autres, voire dans la réalité elle-même.

Le film joue avec les codes du thriller psychologique et du fantastique, maintenant le public dans le doute jusqu’au bout : contamination extraterrestre ou dégradation mentale ? La mise en scène, sobre et tendue, entretient cette ambiguïté avec une efficacité redoutable. Et si certains détails logiques, comme l’indifférence des médecins face à l’évolution physique de l’héroïne, interrogent, et participent aussi à la dimension paranoïaque du récit, comme si tout faisait partie d’une manipulation militaire plus vaste.
La conclusion apporte enfin une révélation spectaculaire, appuyée par des effets numériques convaincants qui renouent avec le pur registre de la science-fiction, révélant la dimension cosmique de ce qui semblait n’être qu’un drame intime.

En définitive, The Astronaut s’impose comme un huis clos de science-fiction troublant, où la tension psychologique et le mystère se mêlent à une réflexion sur la responsabilité, la solitude et la perception de la réalité. Un film imparfait mais dense, qui laisse le spectateur hanté par la question : que ramène-t-on vraiment de l’espace, sinon une part de nous-mêmes que l’on ne reconnaît plus ?

