Critique de Condorman
Synopsis
Un auteur de bandes dessinées devient le super-héros qu’il a créé et se trouve mêlé à une affaire d’espionnage dans un pays de l’Est.
Avis de Yanick RUF
Sorti en 1981 et récemment restauré, Condorman retrouve aujourd’hui une nouvelle jeunesse. Cette production Disney un peu oubliée mêle espionnage et comédie dans un cocktail plein de charme, porté par un ton léger, une bonne dose de gadgets délirants et un goût certain pour la parodie du cinéma d’action de l’époque. Et, surprise, le film n’a pas si mal vieilli : son humour bon enfant et ses effets pratiques possèdent un charme que les blockbusters numériques actuels ont souvent perdu.

Le héros, Woody Wilkins, dessinateur de comics rêveur devenu agent secret malgré lui, incarne à merveille l’esprit naïf et inventif du cinéma d’aventure des années 80. Entre poursuites rocambolesques, déguisements improbables et exploits invraisemblables, on retrouve l’essence même du divertissement familial : un mélange d’action, de fantaisie et de dérision.

Les gadgets sont évidemment au cœur du plaisir : une voiture multifonctionnelle rivalisant sans complexe avec l’Aston Martin de James Bond, une voiture de course russe capable de tout terrain, ou encore les ailes caractéristiques du « Condorman » qui permettent à notre héros de voler littéralement au secours de la demoiselle en détresse. Ce goût du bricolage high-tech confère au film un charme pulp irrésistible.
Côté casting, le mélange des nationalités ajoute une petite touche de décalage savoureuse. On y retrouve Jean-Pierre Kalfon, étonnant en agent russe, aux côtés d’un Oliver Reed impérial, charismatique et ironique comme toujours. Ensemble, ils donnent à cette aventure une dimension presque théâtrale, ancrée dans un univers d’espions plus fantaisiste que réaliste, mais toujours divertissant.

En définitive, Condorman demeure une curiosité attachante : un film d’espionnage à la fois parodique et sincère, entre James Bond et bande dessinée, qui trouve encore aujourd’hui son public chez les nostalgiques de cinéma d’aventure old school. Sa restauration met en valeur une mise en scène colorée et énergique, et prouve que, derrière ses gadgets absurdes, se cache un vrai plaisir de cinéma familial.

