Clash : le test blu-ray

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Durée
98 min
Date de sortie
08/02/1984 (salle) - 15/08/2021 (blu-ray)
Notre score
6

Au début des années 1980, dans une usine de mannequins désaffectée, une jeune femme, Martine, attend la venue de son ami Bé Schmuller, qui lui a confié le butin d’un hold-up perpétré par ses hommes de main. Tandis qu’elle patiente avant l’arrivée des gangsters, Martine, en proie à des hallucinations, réalise qu’elle n’est pas seule dans ce lieu désolé. Un mystérieux inconnu, surgi de nulle part, vient à sa rencontre. La présence du jeune homme silencieux finit par la réconforter. Mais cet individu étrange existe-t-il vraiment, ou n’est-il que le fruit des fantasmes de Martine ?

Clash commence comme un polar : Martine accepte de faire passer de l’argent sale de l’autre côté de la frontière. Arrivée au point de rendez-vous dans une usine désaffectée en ex-Yougoslavie, la jeune femme va se retrouver enfermée dans ce lieu seule face à ses démons. Le film va tout à coup basculer dans une dimension fantastique onirique quasi hallucinatoire.

Le film de Raphaël Delpard repose sur deux éléments : un personnage et un lieu. Martine, incarnée par l’actrice Catherine Alric, va peu à peu perdre pied dans cet espace inquiétant. Laissée sans nouvelle de la part de son ami, elle va plonger dans un délire cauchemardesque. Le film va prendre ainsi la tournure d’un voyage au cœur de sa psyché, un voyage peuplé de fantômes du passé. Le personnage joué par Pierre Clémenti va justement incarner tous ces fantômes en une même entité. Face à lui, la jeune femme va devoir se battre pour s’en sortir, parfois physiquement mais aussi mentalement. Est retracé un combat intérieur, une quête psychologique pour comprendre et enfin trouver la paix. Martine va d’ailleurs être aidée de son double enfant pour briser ce cauchemar dont elle est prisonnière. Le lieu est central dans le film. L’usine abandonnée et sordide n’est autre que le reflet de sa conscience : torturée, sinueuse, dangereuse et même hantée. L’espace est tantôt insolite, tantôt menaçant. Cela donne lieu à des images saisissantes, comme ce plan assez fou sur une pièce remplies de têtes de mannequins virevoltantes dans courant d’air. L’espace va même se refermer sur elle, les portes vont matériellement se fermer jusqu’à ce que Martine trouve la clé de l’énigme mentale.

Nous l’avons donc compris, Clash est un film foisonnant sur le fond, mais aussi sur la forme. Forcément, l’onirisme de l’intrigue donne lieu à une frénésie visuelle. Le chef opérateur Sacha Vierny joue ainsi sur les lumières et les couleurs parfois outrancières, Mario Bava n’est pas très loin et les nombreux mannequins en plastique présents dans l’usine en témoignent bien. Les effets spéciaux sont très bien réalisés et les séquences gores du film n’ont rien perdu de leur impact. L’espace et le temps y sont complètement bouleversés, les allées et venues dans le passé de la jeune femme donnent également lieu à de belles séquences de rêves.

Clash est certes un objet filmique assez étrange et parfois inégal (quelques petites longueurs se font sentir parfois), mais il a cependant le mérite d’être une vraie proposition de cinéma de genre à cette époque en France. Raphaël Delpard réalise un film qui se réfléchit et qui offre de nombreux niveaux de lectures. Le Chat qui fume donne ici, une belle opportunité de découvrir un film d’ambiance pas tout à fait comme les autres.

Technique (test blu-ray 1080p)

Le Chat qui fume propose, pour ce film, une édition combo Blu-ray + Blu-ray 4K Ultra HD restaurée à partir des négatifs originaux. L’image est resplendissante, les couleurs éclatantes, les détails affinés, les contrastes soignés, bref tout est à redécouvrir. Côté son, la présente édition est en version originale française DTS-HD Master Audio 2.0 mono avec la possibilité de sous-titres anglais. Le mixage est très correct, les dialogues sont très clairs et la musique est d’autant plus mise en valeur et appuie l’aspect étrange voire inquiétante du film. Comme à son habitude, l’éditeur propose un bel objet, le design du digipack est très réussit et appel à la curiosité.

Bonus

Pour les suppléments, deux bonus sont disponibles : un entretien avec Raphaël Delpard (26′) qui nous raconte la genèse du film, les conditions de tournage, la production ainsi que le choix des acteurs et revient sur sa rencontre avec Catherine Alric et les déboires de l’acteur Pierre Clémenti (une folie pas seulement fictive visiblement…). Le réalisateur revient ensuite dans un entretien (30′) en compagnie, cette fois, de Frédéric Albert Lévy, critique du magazine Starfix. Tous deux reviennent sur le film et notamment la réception critique de l’époque.

Clash : le test blu-ray
6