A la fin des années 80, Randy Robinson, dit The Ram ("Le Bélier"), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier... Brouillé avec sa fille, il est incapable d'entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l'adoration de ses fans.
Mais lorsqu'il est foudroyé par une crise cardiaque au beau milieu d'un match, son médecin lui ordonne d'abandonner le catch : un autre combat pourrait lui être fatal. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et, dans le même temps, entame une liaison avec une strip-teaseuse vieillissante. Pourtant, son goût du spectacle et sa passion pour le catch risquent bien de reprendre le dessus et de le propulser de nouveau sur le ring...
Le DVD Zone 1 et le Blu-ray Zone A sont disponibles chez notre partenaire Cinebox.
Spécification du DVD :
| Format: | LTBX 16/9 2.35 |
| Langues: | ENG 5.1/FRA 5.1 |
| Sous-titres: | ENG/FRA |
Blu-ray :
| Format: | LTBX 16/9 1080p |
| Zone: | A |
| Langues: | FRA 5.1/ENG 5.1 DTS HD Master Audio |
| Sous-titres: | ENG |
Avis de Rachel sur le DVD :
The Wrestler marque le grand retour de Mickey Rourke sur grand écran. Le bad boy que nous connaissions dans 9 semaines et demie a bien changé. Après plusieurs années de galère et trop d’abus de toute sorte, Rourke obtient sa chance de faire un come-back grandiose grâce à Darren Aronofsky. La chirurgie esthétique et les séances de musculation ont rendu Mickey méconnaissable. Pour être crédible dans le rôle d’un catcheur, Rourke a subi un entrainement intensif qui lui a fait prendre 20 kilos de muscles.

Si le catch est peu connu en France, il rassemble des millions de fans aux Etats-Unis. Et donc pourquoi ne pas faire un film sur ce monde ? Certains films on été faits sur la boxe mais pas sur le catch. Or, les boxeurs et les catcheurs sont sans cesse en opposition.
Rourke qui a un passé de boxeur parait très à l’aise sur un ring.
Même si le catch est un spectacle où le vainqueur et les principales prises sont négociés entre les deux parties, il est néanmoins très violent. Les catcheurs sont en réalité des athlètes qui savent prendre et donner des coups. Bien que la plupart du temps les coups soient retenus, on assiste dans le film à de véritables scènes de torture qui font certes le spectacle mais qui n’ont rien à voir avec le sport. En effet, par exemple lors d’un combat on voit The Ram se faire agrafer le torse, utiliser du barbelé ou encore un autre catcheur s’enfoncer un billet dans une coupure sur le front. Le sang fait ainsi partie du spectacle et les catcheurs sont des comédiens souvent qui s’entendent à l’avance sur le show à donner et l’issue finale (à savoir le vainqueur du combat).

Souvent musclés grâce à des stéroïdes ou des hormones illicites, les catcheurs sont très soucieux de leurs corps car c’est grâce à lui que leurs personnages prennent vie. Randy (Rourke) se fait appeler The Ram. On le reconnait facilement avec son bronzage issu des cabines à UV et sa longue chevelure, entretenue par des mèches blondes posées par des chinoises.
Souvent les has-been qui ont été stars ou reconnus à moment donné de leur carrière aiment revivre leurs moments de gloire. C’est ce qui incite The Ram à rester sur les rings et faire des combats. Il est là pour la reconnaissance du public, pour se sentir être quelqu’un et pour se sentir vivre tout simplement car le catch est toute sa vie. Il a tout sacrifié pour son sport et pour l’amour du public.

Le réalisateur Darren Aronofsky, pour le thème du film, a privilégié un style sobre, épuré, quasi-documentaire. Il a même fait participer sa famille dans la scène du supermarché par exemple.
On pourrait d’ailleurs comparer le personnage de The Ram à celui de Rocky Balboa. Les deux hommes sont d’anciennes stars de leur art. Ils vivent tous deux avec les souvenirs de leurs exploits passés. Ils sont tout deux des has-been un peu paumés à qui on demande de revenir sur le devant de la scène.
Les catcheurs présents dans le film sont de véritables professionnels et Aronofsky s’attache à beaucoup de réalisme en utilisant des décors naturels.
Dans le rôle de la fille de The Ram on trouve la jeune Evan Rachel Wood, connue pour être la fiancée du rockeur sataniste Marilyn Manson et dans celui de la stripteaseuse quadragénaire amie de The Ram on trouve Marisa Tomei.

Le film a reçu des récompenses : le lion d’or à la Mostra de Venise, un golden globe du meilleur acteur pour Rourke. Pressenti pour gagner un Oscar, Rourke a vu néanmoins la statuette dorée lui filer entre les doigts au profit de Sean Penn.
Pourtant ce rôle est pour Rourke le rôle de sa vie.
Pour le générique de fin du film, c’est le king Bruce Springsteen qui s’y colle. Un petit plaisir qu’il offre à son ami Mickey.
Ce film est à découvrir et à apprécier comme il se doit mais on regrettera juste la fin. Rourke excelle dans son rôle.
Du grand cinéma !
L'avis de Fabien
Après l’indigeste The Fountain noyé sous un mysticisme new-âge et des effets spéciaux ringards, Darren Aronofosky revient avec The Wrestler à une forme de cinéma classique qui s’attache à mettre en valeur la performance incroyable d’un acteur oublié Mickey Rourke.
Lion d’Or au dernier festival de Venise, Golden Globe du meilleur acteur pour Rourke, The Wrestler cumule les prix comme Randy Robinson les mauvais coups du sort.
Ce qui frappe d’emblée en terme de mise en scène c’est l’influence, au sein d’une histoire typiquement américaine proche d’un Rocky, d’un cinéma européen en particulier le mode cinéma-vérité développé récemment avec brio par les frères Dardenne auquel Aronofosky emprunte une caméra à l’épaule et une énergie dans la captation des déplacements de son personnage principal. Ainsi après un entraînement intensif qui lui a fait prendre 20kg Rourke a évolué auprès de vrais catcheurs, une implication totale qui s’est étendu à la réécriture de la plupart de ses dialogues.
Sur un mode quasi documentaire qui privilégie les décors naturels et laisse une bonne part à l’improvisation (les échanges amicaux dans les vestiaires, le travail au supermarché), Aronofosky enregistre la misère et la solitude de Randy en quête de dignité et d’honneur : logement miteux, amours contrariées, conventions pathétiques, prise de drogue pour se maintenir au niveau...
The Wrestler est la chronique grisâtre d’un homme dévasté qui ne parvient pas à être aimé en dehors du ring, cette arêne où il est The Ram, combattant adulé par des inconnus et sportif admiré par ses pairs.
Les scènes de catch sont assez hallucinantes notamment ce combat qui a tout d’une Passion (le personnage de stripteaseuse de Marisa Tomei n’évoque-t-elle pas d’ailleurs son émotion devant l'éprouvant film de Mel Gibson et cette réplique« Sa blessure sera notre guérison ») d’où Randy ressort avec de nombreux stigmates d’un affrontement à base de fil barbelé, clous et à l’issue duquel il va faire un arrêt cardiaque. Aronofosky dévoile également avec précision et tendresse les coulisses de ce sport où sont réglés avec courtoisie les grands moments d’un spectacle chorégraphié en grande partie mais qui laisse bien sûr place à l’inattendu et où les coups sont véridiques et font très mal.
Après ce pic dramatique le récit somme tout classique navigue entre histoire amoureuse et retrouvailles familiales difficiles, volonté de revanche sur un adversaire-star, tentative de réinsertion dans la vie active.
Histoire de rédemption, de revanche sur la vie sublimée par la performance incroyable d’un Mickey Rourke qui s’est abandonné aux exigences de son réalisateur et laissé son ego de côté : affublé d’un sonotone, de lunettes de grand-mère hors de scène, coiffé d’une crinière jaunâtre, l’acteur est paradoxalement d’une grande sobriété et nous offre de beaux moments d’émotion dans les scènes pourtant attendues avec sa fille jouée par la douée Evan Rachel Wood comme dans ses échanges amoureux avec Marisa Tomei.
Le parcours chaotique de Randy pour changer de vie et réparer ses erreurs est touchant grâce à la composition de Rourke, à son meilleur (Rumble Fish, Year of the dragon) après des décennies de disgrâce dans le milieu du cinéma à cause d’un tempérament borderline assez sadomachiste.
Visage meurtri, sensibilité accrue après des années de déchéance, Rourke renaît, devant la caméra d’Aronofosky aussi à l’aise pour capter l’énergie du combat sur le ring comme le désespoir dans la vie réelle bien terne et froide de Randy en comparaison à l’accueil chaleureux fait à The Rank dans son habit de lumière, sur l’air d’une balade sublime et déchirante de Bruce Springsteen.
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Bonus :