Dans un état fasciste, Stilberg est un immense château perdu au milieu de la forêt.
Avec l’arrivée du général Steiner au pouvoir, il a été reconverti en camp de détention pour opposants au régime, sous le commandement d’Helga, jeune femme sadique qui y fait régner une discipline de fer.
C’est dans ce climat de terreur qu’arrive à la forteresse Lisbeth, fille du leader des résistants au régime.
Contrainte de se plier aux moindres désirs d’Helga, celle-ci songe à un plan d’évasion en compagnie de Jenny, une autre prisonnière…
L’avis d’Alex :
A l’épineuse question « peut-on passer un Noël digne de ce nom sans Eurociné ? » (prochain sujet de philo du bac), j’ai ardemment planché (thèse, antithèse, fou-thèse) pour aboutir à cette réponse : absolument pas !!!
Car comme les mouillettes de sardines dans le vin chaud, quand on y a goûté, on ne peut résolument plus s’en passer !
Replongeons donc avec délice dans l’univers gentiment décalé d’Eurociné...
Film mis en chantier après les succès de « Elsa Fraulein SS » et « Train spécial pour Hitler », « Helga, la louve de Stilberg », s’il suit toujours les codes de la « nazisploitation » (univers fasciste, sexe, tortures…) se situe cette fois non pas durant la seconde guerre mondiale, mais dans une dictature fictive d’Amérique latine (dixit Daniel Lesoeur, fils du créateur d’Eurociné)…
La « touche » d’exotisme se traduit donc par l’emploi d’une musique d’ambiance plus « légère », mais surtout par un humour (évidemment) bien involontaire…
Le film a été tourné à 60 km de Paris et l’essentiel de l’action se déroule dans le même château que « Nathalie dans l’enfer nazi » : il faut dire que « Helga » a été réalisé en simultané avec « Nathalie » par le regretté Alain Payet (illustre metteur en scène de X français) !!!
Ceci ajouté aux extérieurs boisés situés dans une forêt bien française, on peine vraiment à imaginer être au cœur du continent sud-américain...
Mais ne boudons pas notre plaisir, puisque celui-ci réside justement dans cette « naïveté » ô combien touchante, et parfois littéralement surréaliste… comme les noms des protagonistes par exemple, mélange improbable de patronymes hispaniques et germaniques !
Ainsi, l’officier « Gomez » (joué par le « blanchôt » Olivier Mathot) côtoie le chef des rebelles « Vogel » et obéit au général « Steiner »…
Sous forme de clin d’œil, une discussion entre deux résistants nous apprend qu’un certain « Payet » ( !), serait l’architecte ayant édifié le fameux château de Stilberg (lieu-dit à consonance typiquement « latine », vous en conviendrez comme moi…)
A ce sujet, le générique anglicisé du film transforme de façon étrange « Stilberg » en… « Spilberg » (sic !)
Imaginez un peu le papa d’ « E.T. » engagé sur un tel projet…
Quoi qu’il en soit, la bobine de Payet commence très fort avec la réunion de l’état-major de Steiner, séquence initiale qui nous permet « d’apprécier » les voix françaises des personnages : l’accent espagnol est ici tellement appuyé qu’il en devient presque incompréhensible, et donc hi-la-rant (surtout que le doubleur semble s’exprimer avec une pince à linge coincée sur le nez…)
Néanmoins, plus sérieusement, le choix d’une dictature fantôme pour le scénario donne au film un côté universel (et « intemporel » comme le souligne Christophe Bier dans les suppléments) qui pourrait illustrer que les rouages du fascisme demeurent éternellement les mêmes, quels que soient le lieu ou l’époque…
Je dis « pourrait » car nous ne sommes évidemment pas ici en présence d’une œuvre à caractère politique, mais bien face à une pure bande d’exploitation visant avant tout à nous offrir un spectacle rempli de sexe, de femmes nues et d’humiliations diverses et variées…
L’érotisme est donc forcément omniprésent au cours de (très) nombreuses séquences « déshabillées », et côté actrices, on a la joie de retrouver les « spécialistes » italiennes Malisa Longo et Patrizia Gori, auparavant réunies dans « Elsa Fraulein SS ».
Se partageant invariablement les rôles (dans un style tout à fait « SM »), la blonde Malisa est bien sûr la dominatrice Helga, tandis que la rousse Patrizia incarne la soumise Lisbeth…
Cependant, cette fois-ci, la « maîtresse » se montre davantage homosexuelle qu’hétéro (elle affirme ainsi « haïr les hommes »… ce qui ne l’empêche pas de coucher avec un militaire moustachu pour le moins viril !)
Tout en se rapprochant de la figure « cliché » des WIP (à savoir la gardienne lesbienne sadique), le personnage d’Helga dévoile également une faille émotionnelle : désespérément seule et malheureuse, elle use de ses fonctions afin de satisfaire ses besoins amoureux… et gare à celles qui la repoussent !
Lisbeth, pour sa part, va prendre conscience de son pouvoir de séduction et s’en servir afin de s’échapper...
Une petite interrogation (purement technique) demeure : l’ « héroïne » se fait distinctement appeler « Elsa » (et non « Helga » !) tout au long de l’histoire…
Etait-ce une volonté de surfer sur le succès de « Elsa Fraulein SS », une erreur de doublage en français, ou bien un retitrage sur le tard ???
Parce que moi, j’ai inséré le bon disque dans mon lecteur…
Offrant lors de son dénouement de spectaculaires explosions en tous genres (…issues de stock-shots of course !), « Helga, la louve de Stilberg » est au final un film d’exploitation suffisamment distrayant pour qu’on en garde un bon souvenir !
Alors, finies les soirées édulcorées de l’Ambassadeur, dites-vous maintenant : « Jamais un Noël sans… Eurociné ! »
LE DVD :
Film :
- Langue : français
- Format image : 1.66 format original respecté (16/9 compatible 4/3)
Bonus :
- Présentation de Daniel Lesoeur (3 min)
- Entretien avec Christophe Bier (27 min super instructives !)
- Bandes-annonces de la collection « nazisploitation »
- Galerie de photos
- Filmographies : Alain Payet, Malisa Longo, Patrizia Gori
- Fiche technique
Film interdit aux moins de 16 ans
EDITEUR DVD ZONE 2 : Artus Films (www.artusfilms.com)