1943, pendant la seconde guerre mondiale, Hitler fait envoyer un « train-bordel » sur les lignes du front, afin de remonter le moral de ses officiers supérieurs.
Elsa Ackermann est la commandante du convoi, truffé de micros. Elle n’hésite pas à éliminer tout soldat qui s’écarterait du régime.
La résistance veut à tout prix détruire ce train qui est sur le point d’arriver en France, lorsque Elsa revoit un de ses anciens amants, Franz, choisi comme interprète en français. Enchantée de renouer une relation avec lui, elle découvre vite que celui-ci n’a plus du tout l’ « étoffe » d’un nazi. D’origine alsacienne, Franz a vécu toutes les horreurs du front russe.
Il tombe alors amoureux de Liselotte, une des « hôtesses » du train, qui en réalité appartient à un groupe clandestin travaillant avec la Résistance…
L’avis d’Alex :
« Elsa Fraulein SS » est un des premiers titres de « nazisploitation » produits par la mythique firme française Eurociné, spécialiste des films dits « bis »…
"Et j'entends siffler le... train"
Doté comme d’habitude d’un budget modeste (même s’il semble être un des mieux « lotis » de la collection d’Artus Films au vu des bandes-annonces), le métrage de Patrice Rhomm bénéficie néanmoins, outre les nombreux véhicules et uniformes militaires, d’un authentique train à vapeur qui est une sacrée belle pièce de collection ! (Hormis l’énorme croix gammée dont il est flanqué évidemment…)
Et puis, il y a aussi les « fameux » stock-shots de guerre, utilisés afin de « dynamiser » le récit...
"Elle a les yeux revolver..."
Le film suit donc les exactions d’Elsa (incarnée par l’italienne Malisa Longo) qui, serrée dans son uniforme nazi ou cravache à la main, rappelle indubitablement l’icône du genre qu’est « Ilsa » (jusqu’au prénom, quasiment identique !)
Cependant, comme le souligne très justement Christophe Bier (journaliste et rédacteur en chef du tout nouveau mag’ « Cinérotica ») dans les bonus, les productions Eurociné exploitent certes le potentiel érotique et fétichiste de certaines situations, mais sans jamais « dépasser les bornes » des aspects les plus « déviants »…
"Les z'olies colonies de vacances..."
En clair, « Elsa Fraulein SS » ne se focalise pas uniquement sur son personnage-titre de tortionnaire, mais illustre comme dans « Nathalie dans l’enfer nazi » une histoire d’amour entre un officier allemand et une espionne oeuvrant pour le compte des Alliés (interprétée d’ailleurs par la même Patrizia Gori…)
Cette fois-ci, le Nazi prenant conscience des abominations commises par le IIIème Reich est particulièrement présent et développé en la personne d’Olivier Mathot, célèbre figure du bis français et fidèle d’Eurociné. Cela donne lieu à un passage plutôt émouvant où Franz assiste hébété à une scène où une « hôtesse » se fait gifler pour avoir donné de l’eau à des déportés entassés dans un wagon…
Il est cependant certain que les amateurs de l’imagerie « dominatrix » trouveront le personnage d’Elsa paradoxalement trop peu « exploité »…
"Je ne suis pas un hérooooos !!!!!"
Les bissophiles de tout poil se rattraperont néanmoins avec l’humour –involontaire- de certaines situations « too much » (ex : des officiers qui « égarent » malencontreusement leurs pistolets à deux reprises !) et des répliques impayables dont le célébrissime « nous avons les moyens de vous faire parler » et un hilarant « le Seigneur a dit : tu ne tueras point… et moi, je ne fais pas la guerre aux femmes » déclamé par un curé résistant !!!
Malgré un final assez expéditif, avouez que ça donne quand même envie…
"Déshabillez-moi..."
Le DVD :
Comme pour les autres titres de la collection, nous avons droit à une brève présentation du film par Daniel Lesoeur.
Mais le morceau de choix des compléments est assurément l’entretien avec l’érudit Christophe Bier qui s’avère vraiment très instructif : pendant 45 minutes, il revient sur les romans « Gretchen » apparus juste après-guerre (dont un titré « Fraulein Elsa » !) qui mêlaient déjà sexe et violence sur fond de nazisme, nous parle également de la « touche » Eurociné » sur le genre (plus « mélo »), et dresse un portrait quasi complet du réalisateur Patrice Rhomm…
Au cours de l’interview, il nous glisse quelques anecdotes sur les « méthodes » Eurociné, comme le tournage en simultané de « Elsa Fraulein SS » et de « Train spécial pour Hitler » d’Alain Payet, afin d’économiser sur la location du train à vapeur et d’interchanger figurants et (même) acteurs !
"Tout nu et tout bronzé !"
Caractéristiques techniques :
Film :
- Langue : français
- Format image : 1.66 format original respecté (16/9 compatible 4/3)
Bonus :
- Présentation de Daniel Lesoeur (5 min)
- Entretien avec Christophe Bier (45 min)
- Bandes-annonces de la collection « nazisploitation »
- Galerie de photos
- Filmographies : Patrice Rhomm, Malisa Longo, Patrizia Gori, Pamela Stanford, Olivier Mathot
- Fiche technique
Editeur DVD Zone 2 : Artus Films (www.artusfilms.com)